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Musique au Cameroun : entre amour et désintérêt du public, les artistes témoignent du soutien reçu

À l’approche de la Fête de la Musique célébrée le 21 juin 2026, la rédaction de Laura Dave Media a recueilli les propos de plusieurs artistes camerounais ce 16 juin 2026 autour d’une question qui revient régulièrement dans les débats culturels : la musique camerounaise est-elle réellement soutenue par son propre public ? Glorifyer Beats, Flex B De Croix et Le Roy Tsala ont partagé leurs analyses. Entre critiques, constats et nuances, leurs réponses révèlent les défis auxquels fait face l’industrie musicale camerounaise.

Glorifyer Beats : un public qui écoute sans toujours chercher à découvrir

Pour Glorifyer Beats, artiste de hip-hop, le soutien du public camerounais reste limité. Selon l’artiste, de nombreux auditeurs ne prennent pas suffisamment le temps de découvrir les talents locaux. « Pas vraiment, non. Beaucoup d’auditeurs camerounais ne connaissent pas et ne cherchent pas à connaître les artistes du pays. Et quand bien même, ils comparent beaucoup avec des artistes des autres pays ». Une situation qui, selon plusieurs artistes, complique l’émergence de nouveaux talents sur la scène nationale. Avant même d’avoir été découverts, certains sont déjà confrontés à la concurrence des productions étrangères qui occupent une place importante dans les habitudes d’écoute.

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Flex B De Croix : entre visibilité et rentabilité, le paradoxe du soutien populaire

De son côté, l’artiste mbolé, Flex B De Croix estime que le public camerounais soutient bel et bien sa musique, mais que ce soutien reste souvent limité à la consommation gratuite. Il cite notamment les concerts remplis, les tendances TikTok ou encore les vues générées sur YouTube comme preuves de l’intérêt du public pour les artistes locaux. « Tout le monde est fier quand un artiste du pays perce à l’extérieur ».

Mais derrière cette visibilité se cache une autre réalité : les revenus générés restent faibles. « Beaucoup de gens préfèrent écouter gratuitement sur YouTube ou WhatsApp au lieu de payer sur les plateformes légales. L’artiste a des vues mais gagne très peu », explique-t-il. Pour Flex B De Croix, le véritable défi consiste aujourd’hui à transformer l’engouement populaire en soutien financier durable permettant aux artistes de vivre de leur art.

Le Roy Tsala : le manque de moyens, principal frein au soutien

L’artiste mbolé, Le Roy Tsala partage un avis plus nuancé. Pour lui, le problème n’est pas l’absence de soutien du public mais plutôt le manque de moyens financiers, aussi bien du côté des artistes que des fans. « Moi, je pense que oui. La musique camerounaise est soutenue par son propre public ». Il s’appuie notamment sur le succès des festivals, des spectacles et des événements consacrés au mbolé pour illustrer son propos.

Selon lui, si certains artistes étrangers semblent davantage soutenus, c’est aussi parce qu’ils bénéficient d’un marketing plus puissant. « On achète ce qui est mieux vendu ». Le Roy Tsala évoque également le coût de la connexion internet, les téléchargements illégaux et le manque d’éducation aux plateformes de streaming comme autant d’obstacles qui empêchent une meilleure rentabilisation de la musique camerounaise.

Une question qui reste ouverte

À travers ces trois témoignages, un constat s’impose : le public camerounais aime sa musique, mais les formes de soutien restent encore insuffisantes pour assurer une véritable stabilité économique aux artistes. Entre ceux qui dénoncent un manque de curiosité envers les talents locaux et ceux qui pointent surtout les difficultés économiques du pays, une certitude demeure : la musique camerounaise continue de chercher le modèle qui lui permettra de transformer l’affection du public en un soutien durable.

À quelques jours de la Fête de la Musique, la question reste donc entière : comment faire pour que les artistes camerounais soient non seulement écoutés et applaudis, mais aussi soutenus de manière à vivre pleinement de leur art ?

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Muriel Yanga

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