Le grand vainqueur de la saison 2 du concours « Dans le Van », Elombo Sosso Samuel Gérard, plus connu sous le nom de scène Samy Only, ne manque pas d’ambition. Dans une interview accordée ce 9 juin 2026, l’artiste est revenu sur son parcours, ses inspirations, sa vision du rap camerounais et les défis de l’industrie musicale. De par sa confiance assumée, son humilité calculée et son regard critique sur le milieu, le rappeur affiche clairement ses ambitions pour la suite de sa carrière.
« La musique m’a choisi »
Révélé au grand public grâce à sa victoire lors de la deuxième saison du concours « Dans le Van« , Samy Only rappelle qu’il n’est pourtant pas un nouveau venu dans le paysage musical camerounais. L’artiste affirme évoluer dans la musique depuis près de cinq ans et refuse d’être uniquement catalogué comme rappeur. « Je n’ai pas choisi le rap, c’est la musique qui m’a choisi. Je me considère avant tout comme un artiste. » Pour lui, la polyvalence est devenue indispensable à l’ère actuelle. « Je veux être cet artiste mainstream qui peut être invité partout. Si demain je fais une chanson d’amour ou un mbolé, il ne faut pas dire que j’ai abandonné le rap. »

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« Je suis le meilleur rappeur de Douala »
S’il affiche une certaine modestie sur plusieurs sujets, Samy Only ne doute pas une seconde de ses capacités lorsqu’il est question de rap. À la question de savoir où il se situe dans le paysage musical camerounais, sa réponse est directe : « Je suis le meilleur à Douala. N’importe quel rappeur à Douala, je l’éteins. » Une déclaration forte qui témoigne de la confiance acquise au fil des années et renforcée par son sacre dans Le Van.
Des influences entre Booba, Kiff No Beat, Jovi et Tenor
Concernant ses références musicales, Samy Only cite plusieurs artistes qui ont marqué son parcours. « J’ai commencé à écrire en écoutant Kiff No Beat. Ils m’ont montré qu’en Afrique on pouvait faire quelque chose de très grand. » Au Cameroun, il reconnaît notamment l’influence de Jovi et de Tenor. « Tenor m’a montré qu’on pouvait vivre du rap et réaliser nos rêves. »

« Dans le Van », un simple tremplin
S’il reconnaît que la compétition lui a offert une visibilité importante, Samy Only refuse de considérer cette victoire comme une finalité. « Le Van n’est qu’un trampoline pour moi. Je suis venu chercher de la visibilité et maintenant je veux atteindre un niveau supérieur. » L’artiste révèle avoir investi l’essentiel de ses deux millions de francs CFA remportés dans l’achat de matériel de studio. « J’ai acheté mon matériel : les baffles, les équipements de studio. J’ai investi dans ma musique. »
« Aujourd’hui, l’image compte autant que le talent »
Au cours de l’entretien, Samy Only insiste longuement sur l’importance de l’image dans la carrière d’un artiste. Selon lui, beaucoup de candidats du Van ont négligé cet aspect essentiel. « Le talent seul ne suffit plus. L’image est trop importante aujourd’hui. » Pour le rappeur, un artiste doit comprendre qu’il est observé bien au-delà des frontières camerounaises. « C’est une émission regardée partout. Un Gabonais ou un Ivoirien peut te voir. Il faut soigner son image. »
« Le meilleur rappeur camerounais reste Tenor »
Alors que les débats sur le rap camerounais sont souvent animés, Samy Only tranche sans hésitation lorsqu’il s’agit de désigner le meilleur rappeur du pays. « Actuellement, le meilleur rappeur camerounais, c’est Tenor. » Mieux encore, il estime que l’auteur de « Do Le Dab » demeure une référence à l’échelle africaine. « Pour moi, Tenor reste le meilleur rappeur d’Afrique francophone. »

Une critique des influenceurs et un appel au patriotisme culturel
L’un des moments les plus marquants de l’interview concerne sa vision du rôle des influenceurs dans la promotion de la musique camerounaise. S’il reconnaît leur importance, il déplore certaines dérives.
« Les influenceurs ont leur place, mais il y a beaucoup de désordre aujourd’hui. » Pour lui, plusieurs créateurs de contenu participent parfois à la dévalorisation des artistes locaux. « On n’est pas assez nationalistes. Quand il s’agit du vert-rouge-jaune, on devrait défendre nos artistes d’abord. »
Une carrière construite sur la patience
Malgré son succès récent, Samy Only reste conscient que le chemin est encore long.
L’artiste estime que le manque de structuration de l’industrie musicale ralentit l’émergence de nombreux talents. « Les choses ne sont pas structurées dans ce pays comme ailleurs. » Pour assurer son avenir, il suit actuellement une formation en ingénierie sonore, convaincu qu’un artiste doit également maîtriser les aspects techniques de son métier. « Je suis en train de faire une formation en ingénierie son. Mon plan B reste dans la musique. »
Un artiste ambitieux qui refuse les raccourcis
Enfin, Samy Only affirme vouloir réussir sans compromis ni polémique artificielle.
À ceux qui lui suggèrent certaines méthodes pour gagner rapidement en visibilité, sa réponse est claire : « Chacun a sa méthode, mais pas moi. » Et si certains doutent encore de son potentiel, l’artiste se montre serein. « Ça vient. Le succès arrive. »
Entre confiance assumée, travail de fond et vision à long terme, Samy Only apparaît aujourd’hui comme l’un des visages les plus prometteurs de la nouvelle scène urbaine camerounaise. Reste désormais à transformer l’essai et à faire de sa victoire au Van le point de départ d’une carrière nationale, voire internationale.

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Diane Laure MISSEKOU








