Derrière les salaires mirobolants et les voitures de luxe, la réalité financière des footballeurs professionnels est souvent bien plus complexe qu’elle n’y paraît. Sébastien Bassong s’est livré sur son rapport à l’argent, ce 16 juillet 2026. L’ex-défenseur de Newcastle United et de Tottenham Hotspur reconnaît avoir commis de nombreuses erreurs financières durant sa carrière. Placements hasardeux, achats impulsifs et confiance mal placée ont jalonné son parcours. Aujourd’hui, il partage les leçons tirées de ses échecs afin d’aider la nouvelle génération à éviter les mêmes.
« J’ai perdu 100 000 euros parce que je voulais aller trop vite »
Sans chercher à embellir son parcours, Sébastien Bassong admet avoir été victime de décisions prises dans la précipitation. « J’ai perdu 100 000 euros d’un coup parce qu’on m’a dit que c’était un bon placement. Je ne m’étais pas renseigné. J’ai été feignant. » Pour lui, la première erreur des jeunes sportifs est de vouloir gagner rapidement sans prendre le temps de comprendre où va leur argent. « Tu lis en diagonale, tu signes, puis après tu te plains. Ce sont des erreurs évitables, mais parfois il faut les vivre pour apprendre. »

Pour ne rien rater sur l’actualité people, abonnez-vous à notre chaîne WhatsApp.
Les voitures de luxe, « une très grosse erreur »
L’ancien défenseur ne cache pas non plus ses dépenses impulsives. Parmi ses plus grands regrets figure l’achat de voitures payées comptant. « Acheter des voitures cash, c’est une erreur. On n’achète pas les choses cash. » Avec le recul, il explique qu’un véhicule est un actif qui perd immédiatement de sa valeur. « Dès qu’une voiture sort du garage, elle décote. Tu perds de l’argent juste pour montrer quelque chose. » Aujourd’hui, il privilégie une vision patrimoniale de l’investissement.
« Le football ne nous apprend pas à gérer l’argent »
Bassong estime que le véritable problème commence bien avant les premiers gros salaires. Selon lui, la plupart des jeunes joueurs issus de milieux modestes ne reçoivent aucune éducation financière. « On ne sait pas ce que représente l’argent. On ne nous apprend pas à l’utiliser comme un outil. On devient plus esclave de l’argent qu’on ne le maîtrise. » Il se souvient encore du choc ressenti lors de la réception de son premier salaire important. « La première fois que j’ai vu un gros salaire, mon cœur battait. Tu fais déjà des plans dans ta tête avant même que l’argent arrive. »
« Concentre-toi sur le football, nous gérons le reste » : le plus grand piège
L’ancien Lion Indomptable dénonce également un discours très répandu dans le milieu professionnel. D’après lui, beaucoup de joueurs délèguent entièrement la gestion de leurs finances sans réellement comprendre ce qui est fait avec leur argent. « On te dit : »Concentre-toi sur le football, nous gérons le reste. » Pour moi, c’est le plus grand red flag. » S’il reconnaît qu’un joueur ne peut pas devenir expert en finance, il estime indispensable de garder un droit de regard. « Ce n’est pas parce que tu confies ton argent à des spécialistes que tu dois arrêter de t’y intéresser. C’est ta vie. »
500 000 euros oubliés… jusqu’à la qualification en Ligue des champions
Au cours de l’entretien, Sébastien Bassong revient également sur l’un des plus gros bonus de sa carrière. Lors de son passage à Tottenham Hotspur, une clause prévoyait une importante prime en cas de qualification pour la Ligue des champions. « On avait négocié une prime de 500 000 euros si le club se qualifiait. Les Spurs n’avaient jamais joué cette compétition. J’avais complètement oublié cette clause. »
Lorsque Tottenham décroche finalement son billet pour la prestigieuse compétition européenne, le Camerounais touche ce bonus exceptionnel.

« Il faut échouer… mais échouer vite »
L’ancien défenseur refuse pourtant de culpabiliser les jeunes joueurs qui commettent des erreurs. Pour lui, elles sont même indispensables à l’apprentissage.« Je suis pour l’erreur. Il faut échouer, mais il faut échouer vite. Il faut que ça pique vraiment. C’est comme ça qu’on apprend. »
Selon Bassong, vouloir empêcher un jeune de faire la moindre erreur est une illusion.
« Si tu lui interdis tout, il fera deux fois pire plus tard. »
Le football ne dure pas éternellement
Bassong rappelle également que la carrière d’un footballeur est extrêmement courte.
Il raconte avoir dû mettre un terme à la sienne à cause de graves problèmes de hanche. Aujourd’hui porteur d’une prothèse, il mesure l’importance d’avoir anticipé l’après-carrière. « Le football dure quinze ou seize ans au mieux. Après, il faut vivre autrement. » Il regrette toutefois que l’on demande parfois à des joueurs de 18 ou 20 ans de penser déjà à leur retraite. « On demande à un jeune de penser à la fin d’une carrière qui n’a même pas encore commencé. Psychologiquement, ce n’est pas possible. »

Une mise en garde à la nouvelle génération
À travers ce témoignage sans langue de bois, Sébastien Bassong souhaite avant tout sensibiliser les jeunes footballeurs africains. Son principal conseil tient en quelques mots : s’informer, poser des questions, comprendre ses investissements et ne jamais laisser d’autres décider entièrement de son avenir financier. « Entourez-vous de personnes compétentes, mais gardez toujours un œil sur votre argent. Personne ne défendra mieux vos intérêts que vous-même. »
En racontant ses erreurs, ses pertes et les enseignements qu’il en a tirés, l’ancien Lion Indomptable offre une leçon de réalisme à une génération souvent fascinée par les paillettes du football professionnel, rappelant qu’une carrière réussie ne se mesure pas seulement aux trophées remportés, mais aussi à la manière dont on prépare l’avenir lorsque les projecteurs s’éteignent.
Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire celui-ci.
Lire aussi cet article : Francis Bebey : 25 ans après sa disparition, cinq albums pour redécouvrir le génie sans frontières de la musique camerounaise
Diane Laure MISSEKOU










