Dans un échange riche, intime et sans détour, ce 1ᵉʳ juillet 2026, l’artiste ivoirienne Priss’K (Prisca Victoire), artiste ivoirienne polyvalente et pionnière du rap féminin en Côte d’Ivoire dans les années 90, aujourd’hui figure incontournable de l’humour grâce à ses sketchs mémorables sur la scène du Parlement du rire, s’est livrée sur son parcours hors normes, ses multiples carrières et sa vision de la réussite. Humour, musique, entrepreneuriat et spiritualité, elle a livré un témoignage puissant sur la liberté d’être soi dans un monde qui exige des cases.
“Je suis un profil, pas une étiquette”
Dès le début de l’échange, Priss’K rejette toute tentative de classification simple.
« On n’a pas choisi un métier, on a choisi un profil. » Elle insiste sur sa polyvalence assumée : « Je suis vendeuse, comédienne, animatrice, maîtresse de cérémonie, chanteuse, rappeuse, slameuse… » Et elle assume cette diversité comme une logique naturelle : « Dans le même monde de la communication, je fais beaucoup de choses. »

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“Je ne suis pas dispersée, je suis concentrée”
Face aux questions sur sa multiplicité de casquettes, elle répond avec fermeté : « Je suis quelqu’un d’assez concentré. »
Elle explique une organisation forgée très tôt : « Depuis 10 ans, j’ai appris à séparer les choses : études, musique, projets. »
Et résume sa méthode de vie : « Mon cerveau fonctionne comme ça : quand je veux faire quelque chose, je le fais. Sinon je ne suis pas en paix. »
“La peur de l’échec bloque plus que l’échec lui-même”
Sur la réussite et l’audace, Priss’K adopte un ton direct : « Les gens se cachent derrière le mot perfectionniste. En réalité, ils ont peur d’échouer. » Elle ajoute une conviction forte : « L’échec fait partie du succès. C’est dans l’échec qu’on apprend. »
Et insiste sur la nécessité d’agir : « On ne t’en voudra pas d’avoir échoué. On t’en voudra de ne pas avoir essayé. »
“J’ai appris à prendre ma place”
L’artiste revient aussi sur son rapport à la confiance en soi : « Avant, je pensais que j’étais polie… mais en réalité je me cachais. » Une prise de conscience qui a tout changé : « Je ne me permets plus de m’effacer. Je prends pleinement possession de mon espace. » Et elle assume désormais une posture plus affirmée : « Le sol appartient à mon créateur, moi je marche. »

Humour : un milieu exigeant et sans concession
Très critique sur le monde du spectacle, elle décrit un univers difficile : « Le public de l’humour n’est pas égoïste : si tu es bon, il te le dit. Si tu es mauvais, tu le sauras. »
Elle insiste sur la nécessité d’adaptation :
« Ce qui fait rire X ne fera pas rire Y. »
Et donne une règle essentielle : « Si tes propres blagues ne te font pas rire, elles ne feront rire personne. »
Entrepreneuriat : “j’aime l’argent, mais surtout la liberté”
Sur ses activités commerciales, elle assume une vision très concrète : « J’aime l’argent. » Mais précise immédiatement sa philosophie : « Ce que je cherche, c’est la liberté de vivre comme je veux. » Et sur son projet “Friperie en folie” : « On ne peut pas dépenser tout son argent dans la sape. »
“Je suis venue briser des cycles”
Le témoignage prend une dimension plus intime lorsqu’elle évoque son histoire personnelle : « J’ai perdu ma mère très tôt. » Et transforme cette douleur en moteur : « Je veux briser le cycle. Mes enfants ne vont pas galérer comme moi. »
Foi ET Destin : “Dieu est mon facteur déterminant”
La spiritualité occupe une place centrale dans son discours : « Sans Dieu, je ne serais pas là aujourd’hui. » Et elle affirme une vision claire de sa trajectoire : « Quand une pensée vient, je crois que Dieu a planté cette graine. »
Une vie multiple, une logique unique
Priss’K ne cherche pas à convaincre, mais à affirmer une vision du monde : celle d’une femme qui refuse les limites imposées. « Il y a des gens capables de vivre plusieurs vies dans une seule vie… et j’en fais partie. » Un message fort, qui résonne comme un manifeste pour une génération en quête de sens, de liberté et d’audace.

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Diane Laure MISSEKOU








