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Musique en Afrique : Ekie Bozeur défend un modèle hybride entre digital et physique

Dans un contexte dominé par le numérique, la sortie d’Ekie Bozeur, publiée le 2 avril 2026 sur Facebook, vient remettre en question les modèles dominants. L’entrepreneur culturel affirme sans détour : « Au Cameroun et en Afrique Centrale, la vente physique demeure aujourd’hui le levier le plus sûr pour rentabiliser sa musique ». Une déclaration qui interpelle dans un écosystème où le streaming est souvent perçu comme incontournable.

Le streaming : une vitrine mondiale aux revenus limités

S’il reconnaît les avantages du streaming en matière de visibilité, Ekie Bozeur en souligne les failles : « Le stream c’est bien […] mais combien vous gagnez ? ». Derrière cette interrogation, se cache une réalité : la majorité des artistes africains ne tirent que très peu de revenus de leurs écoutes en ligne.

Entre problèmes de connexion, complexité des paiements et faibles rémunérations, le streaming reste peu adapté à une grande partie du public local.

Musique en Afrique : Ekie Bozeur défend un modèle hybride entre digital et physique

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Le retour stratégique à la vente physique

Face à ces limites, l’entrepreneur prône un retour aux fondamentaux : « On doit retourner à la vente physique. La demande est plus élevée […] qu’en terme de stream ». Il met en avant des habitudes bien ancrées, notamment l’usage massif des clés USB : « Sur 100 véhicules, 80 en utilisent ». Un indicateur fort des pratiques de consommation musicale en Afrique centrale, où l’accès au numérique reste inégal.

EBEStream : une innovation ancrée dans les réalités locales

Pour répondre à ces défis, Ekie Bozeur développe EBEStream, une plateforme hybride combinant digital et physique. L’une des solutions phares repose sur la vente directe via WhatsApp : « Nous avons trouvé la solution de vendre sur WhatsApp direct ».

Testée depuis le 28 mars 2026, cette approche a déjà permis de réaliser « environ 15 ventes directes » sans aucune promotion, preuve de l’intérêt du public pour des solutions simples et accessibles.

Une vision ambitieuse pour structurer le marché musical

Au-delà de l’expérimentation, Ekie Bozeur affiche des ambitions claires : « Mon objectif est d’atteindre 3000 à 4000 chansons d’ici 5 ans » et « 1000 ventes d’un titre par mois ». Il souhaite également développer un système de distribution physique basé sur le « porte-à-porte et le bouche-à-oreille », afin de mieux connecter les artistes à leur public.

À travers cette approche, il propose de repenser l’économie musicale africaine à partir de ses réalités, en conciliant innovation et pratiques locales pour construire un modèle durable.

Ekie Bozeur montre qu’un modèle hybride, alliant streaming et vente physique, peut réconcilier innovation et pratiques locales, offrant ainsi une voie durable pour la musique africaine.

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Benjamin NOAH

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