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« Mboko Lagriffe explore l’identité africaine à travers « L’Éternité en suspens »

La galerie Annie Kadji Art Gallery à Bonapriso a accueilli le vendredi 04 septembre 2026 le vernissage de « L’Éternité en suspens », une exposition de l’artiste camerounais Mboko Lagriffe. Présentée jusqu’au 12 septembre 2026, cette collection composée de 30 tableaux propose une réflexion autour de la mémoire, de l’identité culturelle et du retour aux sources. Plusieurs invités du monde artistique et culturel ont pris part à cette rencontre, parmi lesquelsAlain Ngann.

Absent lors du vernissage, l’artiste laisse néanmoins son empreinte à travers une série d’œuvres qui interrogent le rapport de l’homme à son histoire et à son héritage. À travers cette exposition, Mboko Lagriffe explore les liens entre traditions africaines, spiritualité et transformation intérieure.

Pour Charles Doumbè, commissaire de l’exposition, le titre « L’Éternité en suspens » renvoie à un processus qui dépasse l’existence humaine.
« L’Eternité en Suspens, c’est simplement que nous sommes dans un processus qui a commencé avant nous, qui veut seulement se révéler à nous et qui sera toujours là jusqu’à la fin », explique-t-il.

« Mboko Lagriffe explore l’identité africaine à travers « L’Éternité en suspens »

Une série de 30 œuvres autour du retour aux sources

Les trente tableaux présentés constituent un parcours initiatique. Ils retracent, selon le commissaire, différentes étapes d’une quête de connaissance de soi et de reconnexion avec les origines.
« C’est un processus initiatique, un rappel à la nature, un rappel à ce que nous sommes, un rappel à découvrir nos sources et une invitation à découvrir les étapes qu’on devait traverser pour y arriver », indique Charles Doumbè.

Par cette série, l’artiste souhaite encourager une réflexion sur l’identité africaine et la nécessité de renouer avec les éléments culturels qui fondent les sociétés.
« Nous sommes dans un champ où nous avons besoin de savoir ce que nous sommes, là d’où nous venons. Notre identité vient du retour aux sources, mais ce retour ne peut pas se faire si les gens ne sont pas orientés », poursuit-il.

Sept mois d’immersion à Babone

La réalisation de cette collection est le résultat d’un long travail d’immersion. Mboko Lagriffe a passé sept mois à Babone, un village bamiléké du Haut-Nkam, près de Bafang, afin de s’imprégner de cet environnement culturel.

Selon Charles Doumbè, cette expérience explique la dimension particulière des œuvres exposées.
« Ces œuvres ne sont pas simplement artistiques mais culturelles. Cette réponse est une validation de la réalité là où il était. C’est pour cela que lorsqu’on découvre ces tableaux, on se rend compte qu’au-delà de l’esthétique, il y a quelque chose de profond », affirme-t-il.

Certaines œuvres auraient été réalisées dans des conditions particulières. Le commissaire évoque notamment une série de douze tableaux créés en quelques minutes dans un état de transe artistique.
« Ces douze tableaux ont été faits en 15 minutes avec les doigts. Il était en transe. Ces tableaux sont riches, très riches », témoigne-t-il.

Une exposition qui mêle art contemporain et mémoire culturelle

Avec « L’Éternité en suspens », Mboko Lagriffe propose une rencontre entre création contemporaine et héritage culturel. Les œuvres exposées mettent en avant des figures et des récits liés à Babone, présenté comme un espace de transmission et de mémoire.
La démarche artistique repose sur une volonté de faire dialoguer le passé et le présent, en invitant le public à questionner son rapport à la culture et à ses origines.

Pour Charles Doumbè, cette exposition est également un appel adressé aux Africains et aux Camerounais à mieux connaître leur patrimoine.
« C’est un parcours initiatique et un encouragement à rentrer vers nos sources. Parce que pour savoir vraiment ce que nous sommes, il faut rentrer en nous », conclut-il.

L’exposition reste ouverte à la galerie Annie Kadji Art Gallery à Bonapriso jusqu’au 12 septembre, pour permettre aux visiteurs de découvrir cet univers artistique.

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Eve-Pérec N.BEHALAL

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