Dans l’arène des lettres camerounaises, une nouvelle voix s’élève, s’affranchissant des codes de la bienséance pour explorer les tréfonds de l’âme. Louise Blanche NGO MASSO plus connue sous le pseudonyme de Binkù, dévoile sa maison LES EDITIONS BINKU et son premier ouvrage. Baptisé « Le jouet des femmes mariées », ce roman psychologique et spirituel , autoédité, dissèque les mécanismes de l’emprise. Entre les lignes de ce livre, l’auteure ne se contente pas de raconter ; elle dénonce les silences confortables.

Entrepreneure depuis plusieurs années , Binkù est une voix féminine qui se définit comme : « un regard libre, parfois dérangeant, posé sur les rapports humains et les silences sociaux qui refuse de lisser la réalité pour plaire.«
Pour Binku, l’écriture d’un livre répond à une nécessité, loin de la fugacité du numérique :
« Certaines vérités ne passent ni par les posts, ni par les discours rapides. Le livre permet le temps long, l’inconfort, la nuance. J’avais besoin de cet espace pour dire ce que beaucoup vivent, ressentent ou taisent. »
Ce premier jet, elle l’a poli pendant six mois de « phases intenses et de réécritures », veillant jalousement sur le suspense de son intrigue comme on protège un secret de famille trop lourd à porter.
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L’esthétique de la subversion
Le choix du titre « Le Jouet des femmes mariées » n’est pas anodin.
« J’ai choisi ce titre parce qu’il dérange. Et parce qu’il dit beaucoup de choses…Le mot jouet parle de domination, de projection, de manipulation…
Et femmes mariées rappelle que le danger ne vient pas toujours de la marge, mais parfois du cœur même des foyers respectables.«

Cette dualité se reflète dans la chromatique de l’objet-livre
« Le fond sombre évoque le secret, la manipulation et les zones d’ombre psychologiques et spirituelles dans lesquelles évoluent les personnages. Les touches dorées et chaudes
symbolisent le désir, le pouvoir et l’illusion de contrôle. Tandis que la lumière sur le personnage central rappelle que, même enfermés, les personnages cherchent une forme de vérité ou de libération. »
En refusant toute préface, Binku souhaite que son lecteur entre dans l’univers :
« sans filtre, sans autorité qui lui dise quoi penser. »
Un manifeste de liberté
Au-delà de la fiction, ce livre est un acte de souveraineté. En choisissant l’autoédition via sa propre maison, « Les Editions Binkù« , l’auteure revendique une liberté de ton absolue que le circuit classique aurait pu étouffer :
« J’ai choisi l’auto-édition d’abord par liberté. Liberté de ton, de sujet, de rythme et de vérité. C’est un livre fort et dérangeant, et je savais qu’il serait difficilement accepté tel quel dans un circuit classique. Je ne voulais pas l’édulcorer ni le trahir. Ensuite, l’entrepreneuriat. J’ai passé l’essentiel de ma vie active à entreprendre directement après ma formation. Quand on commence jeune, on développe un esprit difficile à contenir. On aime créer, décider, construire à sa manière. Cette logique m’habite dans tout ce que je fais, y compris l’écriture.»
Le roman explore ainsi le sexe comme instrument de pouvoir, la manipulation des aînés sur les plus jeunes et le détournement de la spiritualité. C’est une œuvre où les apparences de la foi et du mariage ne servent plus de remparts, mais de masques à l’inacceptable.

Où se procurer l’ouvrage ?
Disponible au tarif de 15 000 Fcfa, le livre est en vente à Douala avec possibilité de livraison partout au Cameroun et à l’international. Une œuvre à découvrir pour quiconque ose regarder derrière le rideau des apparences.
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Ève-Pérec N.BEHALAL





