Présent parmi les membres du jury du 79e Festival de Cannes, Isaach de Bankolé, acteur ivoirien a livré une prise de parole forte et symbolique ce 21 mai 2026 sur son rapport à l’Afrique, son parcours international et surtout son désir de contribuer activement au développement du cinéma africain. Entre confidences personnelles, projets artistiques et réflexion sur l’avenir de l’industrie culturelle africaine, l’acteur franco-ivoirien a affirmé vouloir consacrer une nouvelle étape de sa vie à son continent d’origine.

« Ma quatrième vie, c’est retourner en Afrique »
Avec émotion, Isaach de Bankolé a évoqué ce qu’il considère désormais comme une priorité personnelle et artistique : revenir s’installer en Afrique après plusieurs décennies passées entre Paris et les États-Unis. « S’il y a une quatrième vie, un quatrième continent où je dois me rendre, c’est retourner en Afrique… retourner à Abidjan. »

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Une déclaration pour l’acteur, né en Côte d’Ivoire, parti très jeune du pays avant de construire une carrière internationale marquée par des collaborations avec de grands noms du cinéma mondial. Revenir à Abidjan, explique-t-il, ne relève pas simplement de la nostalgie, mais d’une volonté concrète d’agir pour son pays et pour l’industrie cinématographique africaine.
Cannes comme reconnaissance d’un parcours
Quarante ans après ses débuts, Isaach de Bankolé savoure également sa présence au sein du jury du Festival de Cannes. « Revenir presque 40 ans après en étant membre du jury… ce n’est pas une consécration, mais une belle reconnaissance. » L’acteur souligne le chemin parcouru depuis ses années entre Abidjan et Paris, avant son installation aux États-Unis, où il a passé la majeure partie de sa vie. Cette reconnaissance internationale renforce aujourd’hui sa volonté de transmettre son expérience aux nouvelles générations africaines.
« Le cinéma n’est plus la seconde roue du carrosse »
Dans son intervention, Isaach de Bankolé a aussi salué l’évolution progressive des mentalités autour du cinéma en Afrique.
Selon lui, les autorités commencent enfin à comprendre que la culture et le cinéma méritent autant d’attention et d’investissement que d’autres secteurs majeurs. « Les autorités ont compris que le cinéma n’était pas la seconde roue du carrosse. » Pour l’acteur, le développement du cinéma africain passe nécessairement par des investissements durables dans la création, la formation et les infrastructures culturelles.

Écoles, théâtres, production : une vision globale pour l’Afrique
Au-delà de ses propres films, Isaach de Bankolé nourrit plusieurs projets structurants en Côte d’Ivoire. Il révèle avoir déjà écrit deux scénarios qu’il espère porter à l’écran prochainement. Mais sa vision dépasse largement la réalisation personnelle. « J’essaie d’ajouter ma pierre à l’édifice. »
L’acteur évoque également la création de théâtres, d’écoles de cinéma et surtout le besoin urgent de développer davantage de producteurs africains capables d’accompagner les talents locaux. « C’est important d’avoir des producteurs de différentes zones, surtout en Afrique où il n’y en a pas beaucoup. » Pour lui, produire signifie aussi défendre des regards, accompagner des créateurs et permettre aux histoires africaines de trouver leur place sur les écrans du monde.

Faire émerger les voix africaines
À travers cette sortie remarquée à Cannes, Isaach de Bankolé réaffirme une conviction profonde : l’Afrique possède des histoires puissantes, mais a encore besoin de structures solides pour permettre à ses talents d’émerger pleinement. « Défendre des individus qui ont des histoires à raconter et les aider à matérialiser leurs idées… c’est quelque chose qui m’intéresse. » Une vision engagée et ambitieuse qui place désormais l’acteur dans un rôle de passeur, déterminé à participer à la construction du futur du cinéma africain.
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Diane Laure MISSEKOU




