Le réalisateur-producteur Dominique Minyono verra son film “Je veux Boza” projeté le 21 mai 2026 à la 79e édition du Festival de Cannes, organisée du 12 au 23 mai 2026 à Cannes. Contacté par la rédaction de Laura Dave Média, le cinéaste camerounais est revenu sur les origines de ce projet engagé, la portée symbolique du “Boza” et l’importance d’aborder les réalités migratoires à travers le cinéma.

Un film né d’un besoin de sensibilisation
À travers “Je veux Boza”, Dominique Minyono explique avoir voulu ouvrir un débat autour de l’immigration irrégulière qui touche de nombreux jeunes africains.
Le réalisateur affirme s’être senti interpellé par le découragement grandissant d’une partie de la jeunesse camerounaise. « Quand j’ai vu que beaucoup sont découragés par le pays et veulent partir à tout prix, j’ai décidé de faire le film “Je Veux BOZA” pour les sensibiliser », explique Dominique Minyono.

📺𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Un film inspiré des réalités vécues par les “bozayeurs”
Pour construire le scénario, Dominique Minyono révèle avoir échangé avec plusieurs anciens candidats à l’exil afin de mieux comprendre leurs parcours et leurs traumatismes. Le cinéaste souligne également le travail réalisé avec l’Organisation internationale pour les migrations, qui a accompagné l’équipe du film dans la compréhension des enjeux migratoires.
Selon lui, cette immersion a permis de retranscrire avec authenticité les réalités humaines liées au phénomène du “Boza”.

Une œuvre qui questionne sans condamner
Pour le réalisateur, le terme “Boza” ne possède pas une seule signification. Il représente à la fois le rêve, l’espoir, la fuite, mais aussi les dangers liés à l’immigration clandestine. « Le film est fait pour ouvrir le débat. Il ne condamne pas, il questionne », affirme Dominique Minyono.
Le cinéaste insiste sur la nécessité d’aborder publiquement cette problématique qui touche des milliers de jeunes chaque année.
Une sélection au Festival de Cannes vécue comme une consécration
La projection de “Je veux Boza” au Festival de Cannes représente une étape majeure dans la carrière de Dominique Minyono.
Le film sera présenté au Pavillon Afronova, un espace du festival consacré au cinéma africain et à sa diaspora. « Cela a été plus qu’une consécration pour moi », confie Dominique Minyono, rappelant que très peu de films camerounais ont eu l’opportunité d’être projetés à Cannes.
Le réalisateur voit dans cette sélection une reconnaissance du travail accompli par toute l’équipe du film.
Une scène particulièrement bouleversante pendant le tournage
Parmi les moments les plus marquants du tournage, Dominique Minyono évoque une scène impliquant le personnage principal du film, interprété par l’actrice Alexandra Matip. Selon lui, l’intensité émotionnelle de cette séquence a dépassé le simple cadre de la fiction.
Le réalisateur explique que l’actrice a puisé dans des souvenirs personnels douloureux pour donner vie à son personnage, au point de frôler un véritable état de choc.

Sensibiliser la jeunesse à travers le cinéma
À travers “Je veux Boza”, Dominique Minyono souhaite avant tout provoquer une prise de conscience collective sur les conséquences dramatiques de certaines migrations clandestines. « Le “BOZA” n’est pas juste une décision courageuse, mais la route vers la mort », déclare le réalisateur, qui appelle les jeunes à réfléchir aux risques liés à ces voyages.
Pour lui, le cinéma africain doit davantage s’emparer de ces sujets sociaux majeurs afin de contribuer au débat public.
Avec “Je veux Boza”, Dominique Minyono signe une œuvre engagée qui place les réalités de l’immigration irrégulière au cœur du débat social. Entre sensibilisation, émotion et reconnaissance internationale, le réalisateur camerounais confirme la capacité du cinéma africain à porter des récits puissants et profondément ancrés dans les réalités contemporaines de la jeunesse.

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Benjamin NOAH








