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Réseaux sociaux au Cameroun : entre poison numérique et arme pour l’unité nationale

À quelques heures de la fête nationale du 20 mai, la question agite les débats sur la toile : les réseaux sociaux rapprochent-ils les Camerounais ou détruisent-ils progressivement le vivre-ensemble ? TikTok, Facebook, Snapchat ou encore X sont devenus des espaces où se croisent divertissement, influence, mobilisation citoyenne… mais aussi clashs, insultes tribalistes et discours haineux. Face à cette réalité, artistes, acteur, danseur, ont accepté de donner leur lecture de la situation. Entre inquiétude, appel à la responsabilité et espoir d’un numérique plus constructif, chacun livre une vision forte et sans détour.

Ulrich Brown Bobo : « Les réseaux sociaux donnent plus de lumière aux clans ethniques »

Pour Ulrich Brown Bobo, les réseaux sociaux accentuent les divisions et le tribalisme au Cameroun. « Les réseaux sociaux donnent plus de lumière aux clans ethniques fondés sur les futilités et intrigues, ce qui accentue les problèmes de tribalisme dans le réel ». Selon lui, plusieurs personnes n’assument plus réellement leur identité sur les réseaux sociaux.« On a de plus en plus une population qui s’assume moins et qui a peur de présenter ce qu’elle est réellement sur les réseaux ». Sur les clashs et discours haineux, il estime que certains influenceurs et créateurs de contenu ont une responsabilité importante. « Les influenceurs, artistes et créateurs sont les premiers responsables. Ils sont les moteurs d’animation des algorithmes ».

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Pour lui, certains contenus aggravent les tensions en ligne. « Cette liberté à faire n’importe quel contenu entraîne automatiquement la croissance des clashs et des discours haineux ». Il appelle à des contenus plus éducatifs et constructifs.
« Il faut créer des contenus autour du vivre-ensemble et des problèmes qui minent notre société afin de proposer collectivement des solutions », conclut-il.

Yung Time : « Les jeunes veulent défendre leur tribune à tout prix »

Pour Yung Time, les réseaux sociaux deviennent dangereux pour la jeunesse.
« Tous les jeunes cherchent aujourd’hui à défendre leur tribune quel qu’en soit le sujet ». Selon lui, beaucoup publient sans réfléchir aux conséquences. « Il y a souvent des posts qu’ils devraient choisir de ne pas faire, mais ils le font quand même ». Il estime aussi que les influenceurs et créateurs ont une responsabilité dans ce climat. « Les influenceurs, artistes et créateurs de contenu doivent mener les jeunes dans des directions positives ».
Mais certains aggravent davantage les dérives. « Au contraire, ils les entraînent encore plus dans les dérives. Il appelle au rapprochement entre artistes anglophones et francophones. « Il faut promouvoir des concerts entre anglophones et francophones ».

Sandra Nelly Kom : « On peut divertir sans détruire »

Pour Sandra Nelly Kom, les réseaux sociaux ont un immense pouvoir, capable aussi bien de rapprocher que de diviser.
« Ils peuvent rapprocher les Camerounais quand on les utilise pour partager nos cultures, nos réussites et nos réalités » Mais elle regrette que certaines personnes utilisent ces plateformes pour répandre la haine et le tribalisme.« Tout dépend de ce qu’on décide de semer derrière nos écrans ».

L’actrice et productrice insiste particulièrement sur l’influence des personnalités publiques auprès de la jeunesse. « Beaucoup de jeunes nous regardent et s’inspirent de nous. On peut divertir sans détruire. On peut donner son opinion sans manquer de respect». Elle appelle notamment à sensibiliser autour des féminicides, viols, kidnappings et autres fléaux sociaux. « Les réseaux sociaux devraient être un espace pour célébrer, sensibiliser et éduquer, pas pour nous opposer », conclut-elle.

David K : « Les réseaux sociaux ne sont que des outils »

Avec David K, les réseaux sociaux ne sont ni totalement mauvais ni totalement bénéfiques. « Les réseaux sociaux rapprochent les Camerounais et les divisent à la fois ». Tout dépend de l’usage que les internautes en font. « Ils peuvent être très utiles ou très nocifs selon l’usage qui en est fait ». Il souligne également la rapidité avec laquelle les fausses informations circulent sur internet. « Ces plateformes sont parfois exploitées pour exciter, inciter et pousser à la division et au tribalisme ».

Contrairement à d’autres intervenants, David K estime que la responsabilité ne repose pas uniquement sur les influenceurs. « Les autorités, les influenceurs et même les internautes ont tous une responsabilité ». Il rappelle notamment que les likes, partages et commentaires contribuent aussi à amplifier les contenus toxiques. « Nous devons célébrer nos forces dans nos diversités culturelles », insiste-t-il.

Doyenne Queen Eteme : « Les faux profils déversent leurs frustrations »

Pour Doyenne Queen Eteme, les réseaux sociaux aggravent clairement les tensions entre Camerounais.« Ils favorisent la prolifération d’insultes de certains groupes ethniques contre d’autres ». Les faux profils jouent un rôle important dans cette montée des discours haineux.« Des faux profils déversent leurs frustrations sur leurs frères et sœurs à longueur de journée ». Pour elle, les influenceurs et artistes doivent absolument mesurer l’impact de leurs publications. « Ce sont des leaders d’opinion suivis par les masses ».

Elle appelle à des contenus plus responsables et bienveillants. « Leurs publications doivent être responsables, modérées et bienveillantes. Valoriser les richesses des différentes régions » Enfin, Doyenne Queen Eteme souhaite voir émerger des contenus patriotiques. « Il faut promouvoir les atouts et les richesses des différentes régions du Cameroun », conclut-elle.

Réseaux sociaux : détruire ou rassembler, le choix appartient aux utilisateurs

À travers leurs différentes prises de parole, ces artistes, acteurs, danseurs et autres dressent un constat clair : les réseaux sociaux peuvent autant fragiliser l’unité nationale que devenir un puissant outil de rassemblement. Entre clashs, tribalisme et haine en ligne, beaucoup appellent désormais à une prise de conscience collective. Car derrière chaque publication, chaque partage ou chaque commentaire, se joue aussi l’image du vivre-ensemble camerounais.

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Diane Laure MISSEKOU

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