En pleine séance d’enregistrement à Paris, la légende de la musique camerounaise Ben Decca s’est livrée ce 20 mai sur l’évolution de la musique camerounaise, son héritage et la transmission aux nouvelles générations. Entre réflexion artistique et confidences personnelles, l’artiste a rappelé la place centrale du « makossa » dans l’identité musicale du pays.
“La musique camerounaise se porte comme les Camerounais”
Interrogé sur l’état actuel de la musique de son pays, Ben Decca adopte une vision nuancée : « Je pense que la musique camerounaise se porte comme les Camerounais. » Pour lui, il ne s’agit pas de parler de recul ou de progression linéaire, mais d’un mouvement naturel : « La musique, c’est comme le temps, elle n’est pas statique. Elle est évolutive. »

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“Le makossa reste le socle de la musique camerounaise”
Au cœur de son analyse, l’artiste insiste sur la place fondatrice du « makossa » : « Le makossa reste le socle de la musique camerounaise qu’on le veuille ou non. »
Il va plus loin en affirmant son caractère universel au Cameroun : « Le makossa est l’unique socle de la musique camerounaise. Avant, il y a eu le makossa et après, il y aura toujours le makossa. »
Et selon lui, ce genre dépasse les clivages régionaux : « Le makossa a réussi quelque chose : il n’appartient plus aux côtiers. Il appartient à tous les Camerounais. »
Coupé-décalé, zouk : des héritages africains liés au makossa ?
Dans une analyse qui ne manque pas de faire réagir, Ben Decca établit des passerelles entre plusieurs rythmes africains : « Quand tu écoutes le coupé-décalé, c’est le makossa. Le beat du coupé-décalé, c’est le makossa. » Une affirmation forte qui relance le débat sur les influences croisées entre les musiques africaines et leur évolution sur le continent et dans la diaspora.

Transmission et gratitude : “Ce que tu fais pour les autres reste”
Au-delà de la théorie musicale, l’artiste insiste sur la transmission et l’héritage humain. Il évoque son travail avec les jeunes générations, notamment des artistes comme Daphné et Sandrine Nnanga, Seppo, Locko : « Ce que tu fais pour toi disparaît avec toi, mais ce que tu fais pour les autres ne disparaîtra jamais. »
Très ému, il exprime sa fierté face à la reconnaissance des jeunes artistes : « Quand Daphné m’appelle “Daddy”, je suis un homme heureux. Quand Sandrine Nnanga me dit “Papa, tu es où ?”, ça me fait plaisir. »



“Je suis inspiré par le Tout-Puissant”
Enfin, Ben Decca replace sa carrière dans une dimension spirituelle et personnelle :
« Je ne suis que l’émanation de ce que le Tout-Puissant a voulu que je sois. » Pour lui, continuer à créer est une mission autant qu’un plaisir : « Quand j’entends de bonnes notes, ça sort naturellement. » Une parole forte qui réaffirme une chose : le « makossa » n’est pas seulement un style musical, mais une mémoire vivante, transmise et partagée.

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Diane Laure MISSEKOU








