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Wogabba Bachirou décroche l’argent aux FINAJU 2026 après un exploit à 97 kilos

Et si la danse et l’haltérophilie étaient deux expressions d’une même force ? Danseur professionnel en fauteuil roulant et athlète paralympique, Wogabba Bachirou vient de démontrer une nouvelle fois que les limites sont parfois davantage celles que l’on s’impose que celles que l’on porte. Engagé en haltérophilie poids léger aux Finales Nationales des Jeux Universitaires (FINAJU) Ebolowa 2026, disputées du 5 au 9 août, le sportif a décroché une médaille d’argent, au terme d’une prestation particulièrement remarquée.

Contacté ce 12 août par la rédaction de Laura Dave Média, le médaillé revient sur cette performance avec une conviction intacte : celle d’un résultat construit à force de travail et de détermination. « Cette médaille représente le travail que je fais jour et nuit. La détermination, la volonté et le travail. C’est le résultat du travail que je fais », confie-t-il.

Une remontée spectaculaire au deuxième passage

La compétition d’Ebolowa a été riche en émotions pour Wogabba Bachirou. Après avoir échoué lors de son premier passage, l’athlète a réussi à relever la tête et à franchir avec succès la charge lors de sa deuxième tentative. Une remontée qui, selon lui, a surpris aussi bien le public que ses adversaires et les membres du jury. « Le moment qui m’a vraiment marqué, c’est que j’ai pu remonter le niveau au deuxième passage auquel j’ai échoué au premier passage. Le public, les adversaires et même les membres du jury ne s’y attendaient pas », raconte-t-il.

Wogabba Bachirou décroche l’argent aux FINAJU 2026 après un exploit à 97 kilos

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫

La performance prend une dimension encore plus impressionnante lorsqu’il précise son rapport entre poids corporel et charge soulevée : « Je pèse 45 kilos et j’ai soulevé 97 kilos, qui est deux fois et demie le poids que je pèse. » Un exploit qui traduit le fruit d’un travail régulier et d’une préparation exigeante.

Quand la danse nourrit la performance sportive

Chez Wogabba Bachirou, la danse et l’haltérophilie ne sont pas deux disciplines concurrentes. Elles se complètent. La force développée grâce au sport lui sert notamment dans ses performances artistiques. « Pour moi, la danse n’exclut pas l’haltérophilie, la danse fait partie du sport que je fais. Je puise ma force dans le sport pour faire la danse », explique-t-il.

La danse contemporaine lui permet également de travailler des qualités physiques essentielles à son activité sportive. « La danse m’aide à équilibrer la force et la souplesse, l’endurance et la flexibilité. Aujourd’hui, je fais les deux parce que ça fait partie de mes pratiques », poursuit-il.

Cette expérience de la scène lui aurait aussi permis de mieux gérer la pression de la compétition. Face au public, l’athlète ne s’est pas laissé déstabiliser. « Quand je soulevais la charge, c’est comme si j’étais en spectacle de danse devant le monde », souligne-t-il.

Wogabba Bachirou vient de démontrer une nouvelle fois que les limites sont parfois davantage celles

« L’handicap n’est pas une limite »

Son parcours est aussi celui d’un homme qui a dû faire face au doute des autres. Wogabba Bachirou reconnaît que tout le monde ne croyait pas en ses capacités, mais cette défiance a nourri sa détermination. « La difficulté que j’ai surmontée est que personne ne croyait en ma capacité. La détermination que j’ai et la confiance en soi », affirme-t-il.

Aujourd’hui, il veut porter un autre regard sur le handicap et sur les capacités des personnes qui le vivent au quotidien. « Pour moi, l’handicap n’est pas une limite, mais plutôt une voie par laquelle on peut vraiment s’exprimer », défend-il.

Une philosophie qui se traduit dans les faits par des performances aussi bien sur scène que dans les salles de compétition.

Le para-sport camerounais encore en quête de visibilité

Au-delà de sa médaille personnelle, Wogabba Bachirou veut profiter de cette performance pour attirer davantage de lumière sur le para-sport camerounais. Pour lui, le pays possède de nombreux talents, mais ceux-ci restent encore insuffisamment connus du grand public. « Le Cameroun regorge de plein de potentialités, de grands sportifs, mais le para-sport est encore peu connu. Aujourd’hui, petit à petit, l’on s’intéresse au sport paralympique », observe-t-il.

Les Jeux universitaires constituent, à ses yeux, une vitrine importante pour ces athlètes. « Vous constatez que partout dans les Jeux universitaires, ce sont les para qui apportent plus de médailles dans les établissements », relève-t-il.

De la danse au sport, un nouveau regard à conquérir

Si son nom est davantage associé à la danse qu’à l’haltérophilie, Wogabba Bachirou entend désormais utiliser cette visibilité pour mieux faire connaître son parcours sportif. « Dans le sport, je ne suis pas trop connu comme dans la danse. Pour moi, j’amènerai les regards que j’ai dans la danse autour du sport », affirme-t-il.

Avec cette médaille d’argent aux FINAJU Ebolowa 2026, Wogabba Bachirou ne se contente donc pas d’enrichir son palmarès. Il entend aussi contribuer, à son échelle, à donner une nouvelle visibilité au para-sport camerounais. Entre les mouvements de la danse et la puissance de l’haltérophilie, le sportif poursuit un même combat : transformer chaque défi en nouvelle démonstration de force.

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Benjamin NOAH

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