Âgé de 35 ans, Kassim, plus connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de « Conseiller Toxique », accepte de lever le voile sur une partie intime de son histoire. Né au Cameroun avant de rejoindre la France à l’âge de 9 ans, le créateur de contenu revient sur une enfance particulière, marquée par une séparation précoce avec sa mère biologique, son adaptation à un nouvel environnement et une personnalité construite autour de l’indépendance. Dans un entretien diffusé le 11 août 2026, il raconte notamment comment cette histoire familiale a influencé sa manière d’aimer, de s’attacher et de gérer ses blessures.
« Ma mère biologique m’a mis dans un panier »
C’est une confidence qu’il affirme n’avoir encore jamais racontée publiquement. Kassim explique avoir été confié à sa tante alors qu’il était encore très jeune. « Quand je suis né, de ce qu’on m’a raconté, à l’âge de 1 an, ma mère biologique m’a mis dans un panier, m’a déposé chez ma tante. » Sa tante, sœur de son père, devient alors la figure maternelle avec laquelle il grandit. Une situation dont il dit avoir rapidement compris la particularité, sans pour autant ressentir immédiatement un sentiment d’abandon. « Je grandis avec ma tante, qui devient automatiquement ma mère. »
Pour ce dernier, l’absence de sa mère biologique n’a donc pas été vécue comme une rupture brutale, puisqu’il n’avait pas connu cette relation auparavant. Mais en grandissant, la différence avec les autres enfants devient plus difficile à ignorer.

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« Toute ma vie, j’ai fait semblant »
À l’école, Kassim observe les relations que ses camarades entretiennent avec leurs parents. Il comprend alors qu’une partie de son histoire est différente. « Quand tu vois par exemple à l’école, tout le monde est avec sa mère, tout le monde a une relation avec ses parents… toute ma vie, j’ai fait semblant de ce truc. » Il explique avoir longtemps présenté sa tante comme sa mère afin d’éviter les questions et surtout de ne pas être considéré comme « différent ». « Je préférais qu’ils se disent : “Bah, j’ai la même vie que vous”, parce que si tu leur disais : “J’ai pas de maman”, il y avait des questions : pourquoi ? Elle est où ta maman ? » Derrière cette apparente adaptation se cachait donc une volonté de préserver son intimité et d’éviter de devoir expliquer une histoire familiale qu’il ne souhaitait pas exposer.
« Ma tante, en vrai de vrai, elle a bien fait le travail »
Malgré cette absence, le créateur de contenu refuse de présenter son enfance uniquement sous l’angle du manque. Il tient à reconnaître le rôle joué par celle qui l’a élevé. « Ma tante, en vrai de vrai, qu’on veuille ou non, elle a bien fait le travail. » Il affirme ainsi ne pas avoir grandi avec le sentiment d’avoir été privé d’amour. Selon lui, sa tante a rempli son rôle auprès de lui, tandis qu’elle lui expliquait que sa mère biologique n’avait pas nécessairement choisi de l’abandonner par manque d’affection. « Elle t’a pas abandonné parce qu’elle t’aime pas. C’est financier, elle pouvait pas s’occuper de toi, elle pouvait pas t’assumer. » Une lecture qui lui aurait permis de ne pas transformer son histoire en ressentiment.
« Il fallait être dur direct »
À 9 ans, Kassim quitte le Cameroun pour la France. Il doit alors apprendre à évoluer dans un environnement totalement différent. Cette adaptation, il la décrit comme presque instinctive. « Moi j’arrive, fallait être dur direct. Fallait s’imposer. » À l’école, son accent et ses habitudes deviennent notamment des éléments auxquels il doit s’adapter. Il raconte même une anecdote révélatrice de cette période. « Moi je venais du bled, ça veut dire que moi je comprenais pas pourquoi… les gens ils disaient “tu te ranges”. Et moi je disais aux gens : “Tu tranches, tu tranches.” »
Une maladresse linguistique qui faisait rire ses camarades, mais qui illustre surtout ses efforts pour trouver sa place dans son nouvel environnement.

« Moi, je m’adapte aux gens »
Cette capacité d’adaptation semble ensuite devenir l’un des traits caractéristiques de sa personnalité. Kassim se décrit comme quelqu’un capable d’évoluer avec des profils très différents sans pour autant avoir le sentiment de jouer un rôle. « Moi j’arrive vraiment à m’adapter à tout. »
Il assume même cette image de « caméléon », estimant que son adaptation ne signifie pas qu’il renonce à être lui-même. « Quand je m’adapte aux gens, je fais pas semblant. Je suis vraiment moi. »
Une manière de fonctionner qui lui permet, selon lui, de comprendre rapidement les personnes auxquelles il est confronté et d’ajuster naturellement son comportement. « Il y a pas une personne sur terre que je déteste » Autre révélation : Kassim affirme ne nourrir aucune haine durable envers les personnes qui lui ont fait du mal.
« Il y a pas une personne sur terre que je déteste. »
Même lorsqu’une personne le trahit, il préfère couper le lien plutôt que de conserver une rancœur permanente. « C’est soit je t’aime bien, soit je te calcule pas. »
Une philosophie qui repose notamment sur une conviction : les chemins peuvent se recroiser, même après plusieurs années. « Tu peux t’embrouiller avec une personne, tu peux ne pas lui parler dix ans et, au bout de dix ans, cette personne croise ton chemin et c’est elle qui t’ouvre une porte. »
Mais derrière cette apparente capacité à tourner la page se cache également un homme qui reconnaît avoir beaucoup d’ego et qui peut longuement ruminer lorsqu’il est profondément blessé. « Je suis resté enfermé chez moi deux semaines. » Il révèle notamment avoir récemment traversé une période durant laquelle une trahison l’a profondément atteint. Plutôt que d’agir immédiatement, il s’est isolé.
« Je suis resté enfermé chez moi deux semaines. »
Pendant cette période, il dit avoir coupé avec son entourage afin de réfléchir seul à la manière dont il allait gérer la situation. « Tout le monde m’appelle, je réponds pas. Je suis chez moi. » Une réaction qui contraste avec celle qu’il aurait pu avoir quelques années auparavant. Avec le temps, il affirme avoir appris à prendre du recul avant d’agir. « Avant, c’était tout de suite tu agis. » Aujourd’hui, il dit préférer laisser retomber la colère et chercher une manière « plus intelligente » de régler les conflits.
De l’enfant confié à sa tante au créateur de contenu devenu Conseiller Toxique, Kassim dévoile ainsi un parcours où adaptation, indépendance et maîtrise de soi semblent s’être construites au fil des épreuves. Une histoire intime qu’il choisit désormais de raconter, donnant un autre éclairage à la personnalité très affirmée qu’il expose sur les réseaux sociaux.

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Muriel Yanga








