De ses premiers pas artistiques en colonie de vacances à son immersion dans l’univers du cinéma, l’acteur ivoirien Axel Trésor Gballou s’est construit progressivement une carrière de comédien. Révélé dans le rôle de « Charles Ornel », il revient sur sa formation, les exigences de ce personnage, les coulisses parfois éprouvantes des tournages et sa vision d’un secteur qu’il estime capable de créer davantage d’emplois en Afrique.
Des colonies de vacances à l’actorat
Axel Trésor Gballou n’a pas découvert la scène sur un plateau de cinéma. Sa première révélation artistique remonte à son enfance, lorsqu’il participait à des colonies de vacances. « C’est déjà en colonie de vacances que mes moniteurs ont décelé ce talent-là en moi », explique-t-il.
Cette première reconnaissance va progressivement l’encourager à prendre sa passion au sérieux. Il se forme ensuite au théâtre et à l’actorat auprès de Zadito Jonas et Alain Gikou, qu’il présente comme ses formateurs. Pourtant, le comédien a d’abord voulu aller au bout de son parcours académique.

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
« Charles Ornel » : le rôle qui l’a poussé dans ses retranchements
Parmi les personnages qu’il a eu à interpréter, « Charles Ornel » occupe une place particulière. Axel Trésor décrit cette expérience comme la plus exigeante de son parcours, aussi bien sur le plan physique que psychologique et émotionnel. « J’ai ressenti cette fatigue-là, émotionnelle, psychologique et physique », confie-t-il, avant d’évoquer les sacrifices nécessaires pour parvenir au résultat attendu. Les journées de tournage pouvaient notamment s’étendre sur de très longues heures. « Il arrivait parfois qu’on tourne le lundi à 8 heures et qu’on termine le lendemain à 10 heures », raconte-t-il.
Malgré cette fatigue, l’acteur garde une profonde reconnaissance envers l’équipe du projet. Il souligne l’investissement des techniciens, des acteurs et de la réalisatrice, dont le soutien aurait permis au groupe de tenir jusqu’au bout. Pour l’acteur, l’accueil réservé au projet par le public est aussi lié à cette énergie collective : « On a mis tout notre amour dans ce projet. »
Un personnage qui a laissé des traces
L’incarnation de « Charles Ornel » ne s’est pas arrêtée lorsque les caméras ont cessé de tourner. Axel Trésor explique avoir eu des difficultés à se détacher du personnage après le tournage. « Après Charles Ornel, j’ai eu pas mal de projets que j’ai dû refuser parce que j’étais encore dans mon personnage de Charles Ornel », révèle-t-il. Une situation qui illustre, selon lui, la nécessité pour un acteur d’apprendre à se défaire progressivement des personnages qu’il incarne.
Sa méthode repose d’abord sur une lecture répétée du scénario. L’objectif est de comprendre la psychologie du personnage, ses motivations et son univers avant de l’incarner pleinement. « Il faut laisser un peu Axel Trésor de côté et être vraiment le personnage », explique-t-il.

Entre fatigue et moments de rire sur les plateaux
Derrière les scènes visibles à l’écran se cachent également des anecdotes plus légères. Le comédien se souvient notamment d’un moment où, épuisé par les longues journées de tournage, il s’est endormi alors qu’il pensait être simplement en train de répéter son texte. « J’étais tellement fatigué que je me suis endormi et je parlais, je racontais n’importe quoi », raconte-t-il avec amusement. Une séquence qui témoigne des conditions parfois éprouvantes dans lesquelles les équipes doivent travailler.
Le comédien évoque également les difficultés liées aux décors. Certaines scènes nécessitaient de trouver rapidement un autre lieu lorsque celui initialement prévu n’était plus disponible. « On a au moins 10 séquences à faire entrer en boîte et là, le temps est en train de s’assombrir. C’est une course contre la montre », explique-t-il.
« Je ne méprise pas les femmes comme Charles Ornel »
L’un des points sur lesquels Axel Trésor tient à marquer une nette différence avec son personnage concerne son rapport aux femmes. Alors que « Charles Ornel » possède certains comportements qui lui sont propres, l’acteur refuse d’être assimilé à celui qu’il interprète « Je ne ressemble pas à Charles Ornel sur tous les points. Je ne méprise pas les femmes comme lui », affirme-t-il. Axel Trésor se présente plutôt comme « un homme de principes », tout en reconnaissant que le personnage possède également ses propres principes de vie.
Cette distinction souligne l’un des défis du métier d’acteur : parvenir à donner de la crédibilité à un personnage sans nécessairement partager sa personnalité ou ses comportements.
L’humilité au cœur du métier d’acteur
Pour Axel Trésor, l’une des premières qualités nécessaires pour évoluer dans le cinéma reste l’humilité. L’acteur estime qu’il ne faut jamais considérer son apprentissage comme terminé.
« Il ne faudrait pas se dire qu’on est déjà bon acteur. Non, il faut toujours continuer à apprendre », soutient-il. Il dit également accorder de l’importance aux conseils de ses devanciers, estimant que l’expérience peut se trouver chez des professionnels plus jeunes comme chez des acteurs plus âgés.
Son conseil aux jeunes qui souhaitent se lancer dans l’actorat est donc simple : considérer le cinéma comme un véritable métier. « On ne vient pas au cinéma pour juste sortir à la télé, les paillettes. Non, c’est un véritable métier », insiste-t-il.

Un secteur qui mérite davantage d’attention
Axel Trésor ne limite pas son analyse à son propre parcours. Le comédien estime que le cinéma constitue aujourd’hui un secteur d’activité capable de générer des emplois et de contribuer au développement économique.
Il invite ainsi les autorités à accorder davantage d’attention à l’industrie cinématographique. « Il faut véritablement se focaliser sur ce secteur d’activité-là et vraiment le développer », plaide-t-il.
Convaincu du potentiel africain, il appelle également les jeunes intéressés par le métier à ne pas abandonner. « On peut en vivre, mais il faut travailler, être toujours bon pour qu’on puisse toujours te solliciter », conseille-t-il.
Axel Trésor Gballou veut désormais poursuivre son chemin sans rester prisonnier d’un seul rôle. L’expérience « Charles Ornel » lui aura permis de mesurer les exigences de l’actorat, mais aussi l’importance de la discipline, de l’humilité et de la capacité à se renouveler. Pour lui, le potentiel existe, reste désormais à donner au cinéma les moyens de le transformer en véritable industrie.

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Benjamin NOAH










