Présenté dans le cadre du programme « Danse en Série » le spectacle Liboï Linkundum, est présenté à l’Institut Français du Cameroun à Douala-Akwa ce mercredi 8 avril à 18h30. La compagnie Empire MOOV propose une véritable plongée dans l’univers des danses patrimoniales camerounaises. À l’affiche, l’événement est accessible à tous, avec une entrée gratuite, confirmant une volonté claire de démocratiser la culture.
Interrogé par la rédaction de Laura Dave Média, Stan Bello, promoteur, fondateur et chorégraphe de la compagnie, explique que « Liboï Linkundum » signifie en langue Bassa la «calebasse sacrée», un objet hautement symbolique dans les traditions : « Elle est utilisée par les initiés pour protéger, bénir ou purifier une personne, un peuple ou une lignée. »
Au cœur de la mise en scène, cette calebasse devient le point de départ d’un récit initiatique, où une jeune fille, après l’avoir touchée, est rattrapée par des forces mystiques et intégrée dans le monde des esprits.

Une diversité culturelle mise en scène
Fidèle à sa vision artistique, Empire MOOV ne se limite pas à une seule aire culturelle. Le spectacle se distingue par une richesse chorégraphique puisée dans plusieurs régions du Cameroun.
Des danses Sawa comme le Hongo, exécuté dans la pièce par des génies, aux expressions des Grassfields avec le Yaaya, le Samalé ou le Medzong, le spectacle explore la sacralité des sociétés traditionnelles.
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Les influences soudano-sahéliennes sont également présentes à travers une adaptation du Goumba, tandis que la culture Fang-Beti est célébrée avec une touche nostalgique inspirée du célèbre titre Maladie difficile à soigner du groupe Zangalewa et d’Annie Anzouer.
Empire MOOV : une ascension construite avec rigueur
Depuis sa création en 2020 et sa structuration en 2021, la compagnie Empire MOOV s’est progressivement imposée sur la scène artistique locale. Son premier spectacle, Balade en terre camerounaise, présenté au Douala Music Art Festival, marque un tournant décisif.
Depuis, les distinctions et participations s’enchaînent : victoires à Douala Fiesta et Mbam’Art, deuxième place au Kalbass d’Afrik, sans oublier des participations répétées à des événements majeurs comme la Nuit du Patrimoine ou encore le DOMAF.
Pour Stan Bello, cette évolution s’inscrit dans une vision claire résumée en une phrase : « allez au bout de nos rêves ». Une ambition qui vise à faire d’Empire MOOV un leader des danses patrimoniales, tout en formant une nouvelle génération d’artistes et en créant des opportunités professionnelles dans le domaine de la danse.

Un spectacle pour sensibiliser et divertir
Au-delà de l’aspect artistique, Liboï Linkundum se positionne comme un outil de sensibilisation. L’objectif est clair : reconnecter la jeunesse à ses racines culturelles tout en proposant un moment de divertissement.
« C’est un appel au retour aux sources », affirme Stan, soulignant que les traditions constituent un socle de valeurs capable d’éclairer les réalités contemporaines.
Entre esthétique soignée, richesse culturelle et narration symbolique, le spectacle promet d’émerveiller le public tout en transmettant un message fort : celui du respect et de la valorisation des cultures camerounaises.
Une invitation à redécouvrir l’héritage camerounais
Avec Liboï Linkundum, Empire MOOV ne se contente pas de présenter un spectacle : la compagnie propose une véritable réflexion sur l’importance de préserver et de transmettre le patrimoine culturel.
En revisitant les traditions à travers la danse, le projet établit un lien entre passé et présent, invitant chacun à redécouvrir ses racines et à en tirer des enseignements pour l’avenir.
Un rendez-vous culturel qui s’annonce aussi captivant qu’instructif, et qui confirme la place grandissante de la danse patrimoniale dans le paysage artistique camerounais.

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Benjamin NOAH








