Le créateur de contenu et rappeur camerounais Lecram Wandji était l’invité d’une émission diffusée le 4 juillet 2026. Fidèle à son franc-parler, l’auteur des célèbres vidéos « Top 5 » s’est livré sur son parcours, ses inspirations, les réalités de la création de contenu au Cameroun, ses revenus, ses ambitions musicales, mais aussi sur les dérives du buzz et l’avenir du showbiz national. À travers cet entretien, l’influenceur a surtout défendu une philosophie : rester authentique et travailler avec passion.
« Il n’y a aucune différence entre Lecram et Marcel »
Dès les premières minutes de l’entretien, Lecram revient sur l’origine de son nom d’artiste. « Beaucoup ne savent pas que Lecram vient de mon prénom Marcel. J’ai simplement inversé les lettres. » Pour lui, son personnage public n’est pas un rôle.
« Il n’y a pas de différence entre Lecram des réseaux et Marcel dans la vraie vie. Quand tu me rencontres au quartier, c’est exactement la même personne. » Cette authenticité, explique-t-il, constitue la base de son succès.

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Le secret des « Top 5 » : faire rire… mais aussi éveiller les consciences
Très apprécié pour ses vidéos nostalgiques, Lecram affirme que son objectif ne se limite pas au divertissement. « La création de contenu doit éveiller. On ne doit pas regarder ton contenu et devenir seulement plus bête. Il faut retenir quelque chose. »
Selon lui, son concept est né de son goût pour l’observation. « Quand je vis le présent, je le compare toujours au passé. C’est comme ça que je trouve mes idées. J’observe énormément. » Il insiste également sur l’importance de proposer des contenus originaux plutôt que de copier les autres créateurs.
« J’ai gagné deux millions de francs CFA en une seule journée »
Interrogé sur la rentabilité de la création de contenu, Lecram confirme qu’il est possible d’en vivre. Sans révéler tous les détails de ses revenus, il confie : « Ma plus grosse somme touchée, c’était deux millions de francs CFA en un jour. » Mais il refuse que l’argent soit la première motivation. « Travaille bien, tu verras les résultats. Ce n’est pas l’argent qui doit te faire commencer. »

Un regard critique sur le showbiz camerounais
Questionné sur l’état actuel du showbiz national, Lecram ne mâche pas ses mots.
« Si je dois donner une note sur 10 au showbiz camerounais… je donne 0,75. »
Même s’il nuance ensuite son propos, il estime que le secteur souffre encore de nombreuses faiblesses. « Il faut reconnaître quand quelque chose ne va pas. Dire qu’on est nul, ce n’est pas mauvais. C’est déjà un pas vers l’amélioration. » Il reconnaît toutefois les efforts de plusieurs artistes. « Chacun pousse à son niveau. Tout ce qu’on fait aujourd’hui contribuera à faire grandir le showbiz demain. »
Entre rap et création de contenu : une passion avant tout
S’il multiplie désormais les sorties musicales, Lecram assure qu’il ne court pas après le succès. « Je ne fais pas la musique pour percer. Je fais ça parce que j’aime le rap. Si ça marche, tant mieux. »
Parmi ses inspirations, il cite La Fouine, Booba, Kiff No Beat, mais aussi plusieurs rappeurs camerounais comme Jovi, Stanley Enow, Franco ou encore LMB. À ses yeux, un artiste doit raconter sa propre histoire.
« Un artiste ne doit pas être fake. Il doit rapper son vécu. »
Stanley Enow, Bovan, LMB… ses avis sans détour
Durant l’émission, Lecram s’est également exprimé sur plusieurs personnalités du paysage culturel camerounais. À propos de Stanley Enow, il déclare : « Malgré tout ce qu’on lui jette dessus, sa façon de gérer les critiques montre que c’est un artiste. Si les gens ne dansent pas, lui-même danse ses chansons. » Concernant Bovann : « C’est un wise man. Il est concentré, dynamique et intelligent. » Invité à choisir entre Ténor et LMB, il répond sans hésiter : « LMB, frère. J’aime sa direction artistique, son authenticité et sa créativité. »
Refuser le buzz facile
Le créateur révèle avoir déjà refusé une proposition commerciale qu’il jugeait contraire à ses valeurs. « La seule proposition indécente qu’on m’a faite, c’était de faire la promotion du « poto ». Même si on me paie beaucoup, je ne fais pas la publicité d’un produit qui peut détruire les gens. » Il condamne également les scandales sexuels utilisés pour gagner en visibilité sur les réseaux sociaux. « Ce sont des réussites de deux jours. Les réseaux sociaux te rappelleront toujours ce que tu as fait. »
« Arrêtez de croire qu’on perce en vendant sa dignité »
Lecram adresse un message aux jeunes qui rêvent de réussir sur Internet. « Laissez les histoires de « grand frère veut vendre ma main » ou « je vais percer ». Concentrez-vous sur le travail. » Pour lui, la passion doit toujours primer sur l’appât du gain. « Si tu n’es pas passionné, quitte maintenant. Supprime même tes pages. On ne fait pas ce métier parce que quelqu’un d’autre le fait. » Il conclut avec une philosophie qui résume parfaitement sa vision. « Il n’y a rien à prouver aux gens. Fais ton chemin, avance à ton rythme et reste toujours dans l’observation. »
Une collaboration musicale déjà annoncée
Avant de quitter le plateau, Lecram a annoncé préparer un nouveau morceau, intitulé « Rassure-toi », tout en promettant de nouveaux épisodes de ses célèbres Top 5. Une manière de confirmer qu’entre humour, musique et réflexion, il entend poursuivre sa route sans renier ce qui a fait son identité : l’authenticité.

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Diane Laure MISSEKOU








