Entrepreneure ivoirienne et coach en transformation de mindset, Jeanne Sissoko-Zézé s’est ouverte le 10 août 2026 sur les différentes étapes qui ont façonné son parcours. Loin de se limiter à ses réussites professionnelles, elle revient sur une enfance marquée par la modestie, l’absence d’affection paternelle, les difficultés financières et une vision longtemps pessimiste de son avenir. Une période qui, selon elle, aurait pourtant constitué le point de départ d’une profonde transformation personnelle.
« Je ne mérite pas d’être aimée »
Jeanne Sissoko-Zézé confie avoir grandi dans un environnement familial qui a profondément influencé l’image qu’elle avait d’elle-même. « J’étais dans une famille assez modeste, un écosystème familial un peu atypique et j’ai grandi sans affection paternelle, donc forcément avec le sentiment que je ne mérite pas d’être aimée et que finalement je n’arriverai pas à grand-chose dans la vie. » Son enfance est également marquée par les difficultés financières. Elle raconte avoir grandi dans une famille où les moyens étaient limités, avec une mère qui n’avait jamais travaillé et dépendait entièrement de son époux. « On se contentait de ce qu’on pouvait avoir. Il n’y avait pas d’anniversaire, il n’y avait pas de fête de Noël. Les vêtements, quand on en a de nouveau, c’est tant mieux. C’était absolument pas l’opulence. »
À 18 ans, alors qu’elle venait d’obtenir son baccalauréat, la disparition de son père accentue encore les incertitudes concernant son avenir. « J’ai perdu mon père à quelques semaines du résultat du bac avec zéro franc qui était mis de côté pour assurer mes études supérieures. » Pourtant, au milieu de ces contraintes, une passion va progressivement lui ouvrir une autre perspective.

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« Mon salut s’est trouvé dans la lecture »
Grande lectrice depuis son enfance, Jeanne Sissoko-Zézé raconte avoir découvert presque par hasard deux ouvrages qui allaient bouleverser sa manière de penser : L’Alchimiste de Paulo Coelho et Le Millionnaire de Mark Fisher. « Ces deux bouquins ont complètement transformé ma manière de me voir et surtout ma manière de voir ma vie. »
À travers ces lectures, elle découvre notamment les notions de pensée positive et de visualisation. Elle commence alors à imaginer une existence très différente de celle que son environnement semblait lui promettre. « Je me projetais 20, 30 ans plus tard. La maison où je voulais habiter, je parcourais toute la maison, je voyais ce qui se passait, je sentais, j’entendais. Je me voyais dans ma voiture, je me voyais dans mon bureau, je me voyais telle que personne autour de moi ne pensait que j’étais capable de devenir. »
Pour elle, visualiser ne consiste pas simplement à rêver, mais à se représenter concrètement la vie que l’on souhaite construire.

« Je suis devenue la reine de la visualisation »
Cette pratique prend une place importante dans son quotidien. Jeanne Sissoko-Zézé raconte notamment comment elle s’est un jour visualisée au volant d’une Porsche, jusqu’à en faire l’image de fond de son ordinateur. « Je bossais à la Standard et je rêvais d’avoir une Porsche. Je vais sur le net et je vois la Porsche de mes rêves, la Porsche bleue, intérieur rouge. Je mets la photo de la Porsche en fond d’écran de mon ordinateur. »
Elle explique avoir régulièrement imaginé cette scène avec précision. « Je me suis visualisée dans la Porsche, les vitres baissées, avec le vent qui tape mes cheveux, la musique à fond. Ma visualisation avait été parfaite. »
Quelques années plus tard, elle affirme avoir reçu précisément le modèle qu’elle avait imaginé. « Le cadeau qu’on m’offre, c’est ma Porsche, intérieur rouge. »
Au-delà de cette anecdote, l’entrepreneure estime que les pensées peuvent profondément influencer la manière dont chacun envisage son avenir.
« Regarde l’état de tes pensées »
Pour Jeanne Sissoko-Zézé, les circonstances présentes ne devraient pas devenir une condamnation pour l’avenir.
« Quand tu regardes ta vie, si tu veux comprendre l’état de ta vie, regarde l’état de tes pensées. Regarde les images que tu projettes tous les jours te concernant, ce que tu es persuadé que tu es capable ou non d’accomplir, ce que tu es persuadé que tu mérites ou non d’obtenir de la vie. »
Une philosophie qui l’a progressivement conduite à redéfinir son rapport à elle-même, à ses ambitions et à l’argent.
« L’argent est devenu le Saint Graal »
Interrogée sur son rapport à l’argent, l’entrepreneure refuse d’en faire une finalité absolue. « L’argent, je l’ai toujours considéré comme étant un moyen et pas une finalité. Aujourd’hui, l’argent est devenu le Saint Graal, alors que le Graal devrait être : quelle est ma raison d’exister ? Qu’est-ce que je dois apporter ? Quand je vais disparaître, qu’est-ce qu’on aura retenu de mon passage sur Terre ? »
Derrière son discours sur la réussite, Jeanne Sissoko-Zézé défend ainsi une conception du développement personnel fondée sur la connaissance de soi et la capacité à dépasser les limites que l’on finit parfois par intérioriser. Son parcours rappelle ainsi qu’une enfance difficile ne constitue pas nécessairement une condamnation à reproduire les mêmes circonstances.
Entre blessures personnelles, découvertes littéraires et travail sur son mindset, l’entrepreneure ivoirienne affirme avoir progressivement construit une nouvelle représentation de son avenir.
Jeanne Sissoko-Zézé s’est confiée le 10 août 2026 dans le cadre d’un entretien.

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Muriel Yanga










