Longtemps identifiée comme une figure du rap féminin ivoirien, DRE-A affirme aujourd’hui une nouvelle orientation artistique. Invitée sur le plateau d’un média de son pays le 1ᵉʳ juillet 2026, la rappeuse est revenue sur les choix qui façonnent désormais sa carrière, entre diversification musicale, préparation de son prochain album et volonté de toucher un public toujours plus large.
« Aujourd’hui, je ne chante plus seulement pour moi »
DRE-A explique que sa musique est désormais pensée en fonction de ceux qui la suivent. Si le rap reste son ADN, elle affirme vouloir répondre aux attentes d’un public de plus en plus diversifié. « Aujourd’hui quand je chante, je ne chante plus seulement pour moi mais je chante par rapport au public qui me suit », confie-t-elle. C’est dans cette logique qu’est né « L’argent de mon gars », un morceau construit autour d’un thème qu’elle estime proche du quotidien de nombreuses femmes.

𝗧𝗲́𝗹𝗲́𝗰𝗵𝗮𝗿𝗴𝗲𝘇 𝗹’𝗮𝗽𝗽𝗹𝗶𝗰𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗟𝗮𝘂𝗿𝗮 𝗗𝗮𝘃𝗲 𝗠𝗲𝗱𝗶𝗮 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗻𝗲 𝗿𝗶𝗲𝗻 𝗺𝗮𝗻𝗾𝘂𝗲𝗿 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗶𝘃𝗲𝗿𝘀.
« Quand l’homme donne, ça fait toujours un truc »
Interrogée sur le message véhiculé par cette chanson, DRE-A rejette les critiques selon lesquelles elle encouragerait une dépendance financière des femmes. Pour elle, le morceau célèbre avant tout le geste et l’attention dans une relation amoureuse. « On a beau avoir ce qu’on a, mais le fait d’être avec quelqu’un qui se dit : « J’ai ma chérie »… quand ton homme te donne, ça fait un truc », explique-t-elle, précisant qu’il ne s’agit ni d’une obligation ni d’un appel à vivre aux dépens des hommes.
Une stratégie musicale guidée par son public
L’artiste assume pleinement le changement de registre observé sur ses derniers titres. « C’est un message qu’on a voulu passer de façon très claire… c’est quelque chose qu’on voulait que tout le monde chante », affirme-t-elle. Pour elle, rendre une chanson plus accessible ne signifie pas abandonner le rap, mais adapter sa création aux attentes d’un public plus large.
« Je ne vais pas seulement me renfermer dans du rap »
Alors qu’elle prépare son album, la rappeuse annonce une nouvelle orientation artistique. « Je suis en train de travailler sur mon album, mon public est large, donc je vais pas seulement me renfermer dans du rap, mais je vais vraiment m’ouvrir », déclare-t-elle. Les études réalisées sur les performances de ses morceaux lui ont permis d’identifier des auditeurs aux profils variés. Elle entend ainsi explorer davantage le chant, l’amapiano ou encore le bouyon, sans tourner le dos au rap qui l’a révélée.

Une collaboration assumée avec Maa Bio
DRE-A est également revenue sur la participation de Maa Bio au titre Papa Honoré. Elle explique avoir elle-même sollicité l’influenceuse ivoirienne, estimant que son célèbre slogan donnait tout son sens au morceau. « Papa Honoré, c’est vraiment son concept à elle », affirme-t-elle, convaincue que cette collaboration apportait une touche d’authenticité à la chanson.
« Nous les filles, on n’est pas nombreuses »
Au-delà de sa carrière personnelle, DRE-A souhaite voir davantage de solidarité entre les femmes du Rap Ivoire. Elle révèle conseiller volontiers de jeunes artistes comme Kehou Mousso et regrette les rivalités qui divisent parfois le milieu. « Nous les filles, on n’est pas nombreuses. Si tu as quelque chose, tu me demandes. Moi, je ne suis pas fermée ». La rappeuse estime également que les querelles entre artistes nuisent au rayonnement de la musique ivoirienne.
École, musique et discipline : son autre combat
Parallèlement à sa carrière, DRE-A poursuit ses études et refuse d’opposer réussite artistique et parcours académique : « L’école et la musique, c’est comme la théorie et la pratique.» Elle encourage les jeunes artistes à continuer à se former tant que leur notoriété leur permet encore de concilier les deux univers.
DRE-A assume désormais une ambition claire : parler à un public plus large sans renier ses racines rap. Un pari artistique qui pourrait marquer un tournant important dans sa carrière à l’approche de la sortie de son prochain album.
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Benjamin NOAH










