Au Nigeria, une simple veste portée sur scène a suffi à déclencher une tempête médiatique et politique. La superstar de l’afrobeats Davido se retrouve depuis plusieurs jours au centre d’une controverse après avoir dénoncé publiquement les enlèvements d’écoliers dans son pays lors d’un concert organisé aux États-Unis dans le cadre des festivités de lancement de la Coupe du monde 2026. Entre engagement citoyen, liberté d’expression et récupération politique, l’affaire fait grand bruit dans le monde du divertissement nigérian.

Une veste, un message et des noms qui interpellent
Le 10 juin dernier à Los Angeles, Davido participait au concert mondial organisé par la FIFA pour marquer le coup d’envoi des célébrations du Mondial 2026. Sur scène, l’artiste est apparu vêtu d’une veste en cuir noir portant une quarantaine de badges verts. Chacun d’eux affichait le nom d’un élève ou d’un enseignant enlevé lors d’une attaque contre trois établissements scolaires dans l’État d’Oyo au mois de mai.
Au dos de la veste figurait un message simple mais puissant : « Bring Them Home » (« Ramenez-les à la maison »). Un slogan que le chanteur a également repris au micro, attirant l’attention du public international sur le sort des victimes.

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Quand l’engagement artistique devient sujet de controverse
Si de nombreux internautes ont salué ce geste de solidarité, la démarche n’a pas été du goût de tout le monde. Le chanteur Dauda Rarara, connu pour son soutien affiché au parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), a vivement critiqué Davido dans une vidéo publiée ce mercredi 17 juin en langue haoussa. L’artiste pro-gouvernemental est allé jusqu’à qualifier son confrère de : « Barbare »
et même de : « Promoteur du terrorisme ».
Selon lui, la vedette de l’afrobeats aurait cherché à « politiser » son apparition sur la scène internationale et à donner une image négative du Nigeria.

L’ombre de la politique derrière la polémique
Pour les détracteurs de Davido, cette prise de parole ne serait pas totalement désintéressée. Ils soulignent notamment que son oncle, Ademola Adeleke, est une figure importante de l’opposition nigériane. Dans ce contexte politique déjà tendu à quelques mois des élections générales, certains soutiens du pouvoir considèrent que l’artiste aurait utilisé sa notoriété mondiale pour critiquer indirectement les autorités. Une accusation que les admirateurs de Davido jugent infondée, estimant que l’artiste a simplement voulu attirer l’attention sur une crise sécuritaire qui touche des milliers de familles.
Davido refuse de se taire
Face aux critiques, la star n’a pas tardé à répondre. Sur le réseau social X, Davido a défendu sa démarche avec fermeté, affirmant qu’il était impossible de rester indifférent face à la montée de l’insécurité.
« Un vrai patriote nigérian (…) ne peut pas rester silencieux face aux problèmes d’insécurité qui ravagent le pays. » Avant d’ajouter qu’aucun citoyen ne devrait empêcher les autres de s’exprimer sur ces questions. Cette réaction a été largement relayée par ses fans, qui saluent un artiste utilisant sa célébrité pour porter la voix des victimes.

Une star entre musique et responsabilité sociale
Au-delà de la polémique, cette affaire illustre une fois de plus le rôle grandissant des célébrités africaines dans les débats de société. Avec son message « Bring Them Home », Davido a rappelé que la musique peut aussi devenir un puissant vecteur de sensibilisation. Mais dans un contexte politique sensible, chaque prise de position publique est susceptible de provoquer des réactions passionnées.
Une chose est sûre : en quelques mots inscrits sur une veste, la superstar nigériane a réussi à remettre sous les projecteurs un drame humain qui continue de bouleverser le pays.

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Diane Laure MISSEKOU










