Avec « La bataille des imaginaires africains », paru en mars 2026, Blick Bassy propose un essai dans lequel il analyse les enjeux de souveraineté culturelle en Afrique, en montrant comment le contrôle du récit, des langues et des financements influence le développement du continent. À travers cet ouvrage, l’artiste questionne les mécanismes de domination culturelle et appelle à une réappropriation des imaginaires africains. Il plaide également pour des politiques culturelles fortes et un financement local afin de garantir une véritable indépendance créative.
Pour lui, musique, écriture ou cinéma ne sont que des canaux d’expression : « ce sont des médiums qui me permettent d’exprimer la dynamique intellectuelle qui m’anime ». Une manière d’assumer pleinement son rôle de penseur engagé.
La culture comme instrument de pouvoir
Au cœur de son analyse, une idée forte : la culture est une question de pouvoir. « C’est le récit qui fait, c’est le récit qui défait », affirme-t-il, soulignant qu’un peuple ne peut se construire sans un narratif solide et inspirant. Pour Blick Bassy, raconter des histoires revient déjà à gouverner, car c’est à travers elles que se façonnent les imaginaires collectifs et les ambitions des générations futures.

Le défi du contrôle du récit africain
Malgré une créativité foisonnante, l’artiste déplore que les structures de financement et de diffusion restent largement extérieures au continent. « C’est celui qui a l’argent qui contrôle le récit », explique-t-il, pointant une dépendance qui influence profondément les contenus produits.
Pour ne rien rater sur l’actualité people abonnez-vous à notre chaîne whatsapp…👇🏿👇🏿
https://whatsapp.com/channel/0029Vax9xnDA89MjE14EYO2Q
Cette situation contribue à entretenir des imaginaires déconnectés des réalités africaines, poussant parfois les jeunes à se percevoir comme démunis malgré leurs ressources.
Langue, identité et enracinement culturel
Pour l’artiste, la reconquête passe d’abord par la langue et les traditions. Il évoque l’importance de la langue bassa, qui a « complètement forgé [son] processus de pensée ». Sur scène, chanter dans cette langue devient une expérience presque spirituelle, un lien direct avec ses racines et ses ancêtres. Une illustration concrète de la puissance des éléments culturels dans la construction de l’identité.
Repenser les politiques culturelles africaines
Blick Bassy appelle également les États africains à faire de la culture une priorité stratégique. Selon lui, les infrastructures actuelles, héritées en grande partie de la colonisation, ne sont pas adaptées aux réalités locales. « On se met à conduire des voitures dont on ne comprend pas le fonctionnement », image-t-il, plaidant pour une refonte des systèmes basée sur les réalités endogènes.

Produire et financer localement pour une vraie souveraineté
La souveraineté culturelle passe, selon lui, par une production locale et un financement autonome. « Celui qui donne l’argent impose ses critères », rappelle-t-il, soulignant que cette dépendance formate la création artistique. Il insiste sur la volonté de bâtir des écosystèmes capables de soutenir les artistes sur le continent, afin qu’ils puissent vivre de leur art sans dépendre de l’extérieur.
Le rôle de l’artiste dans la transformation des imaginaires
Enfin, l’artiste revendique un rôle actif dans cette dynamique. Se définissant comme un « scienceur », Blick Bassy estime que sa position en marge lui permet d’observer et de proposer des alternatives. « Nous ne vivons que pour réellement être libres », affirme-t-il, insistant sur la responsabilité des créateurs à initier des changements concrets.
À travers cet essai, Blick Bassy lance ainsi un appel à repenser en profondeur les modèles de développement africains, en partant de ce qui constitue leur socle le plus solide : la culture.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire celui-ci
Benjamin NOAH




