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Beri Boys Club : le pari d’un collectif devenu l’un des groupes à suivre au Cameroun

Né à Bonabéri, à Douala, le groupe Beri Boys Club s’impose progressivement comme l’une des révélations de la scène musicale camerounaise. Avec une identité locale assumée, une rigueur de travail et une ambition internationale, les artistes construisent un projet collectif qui séduit un public toujours plus large. Dans un échange accordé ce 8 juin 2026, ils reviennent sur leur parcours et leurs aspirations.

D’un collectif à un groupe en pleine ascension

L’histoire des Beri Boys Club est celle d’une aventure qui n’était pas destinée à durer. À l’origine, les artistes se retrouvent autour d’un projet commun impulsé par leur producteur et beatmaker, avec l’idée de réaliser une première œuvre avant de poursuivre chacun son chemin. « De base, on n’était pas un groupe, on était un collectif. Le but, c’était faire le premier projet en 2024 et se séparer », racontent-ils. Mais le succès rencontré va rapidement rebattre les cartes. « Comme le projet a tellement marché, on a dit : « Bon, on fait encore un deuxième ». Maintenant, les gens nous appellent groupe, on a dit : « Allez, groupe aussi ». » Le nom du groupe, lui, puise directement ses racines dans leur environnement. « Beri Boys parce que Bonabéri, c’est tout simplement ça », résument-ils avec fierté.

Beri Boys Club : le pari d’un collectif devenu l’un des groupes à suivre au Cameroun

📺𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫

Bonabéri comme identité artistique

Chez les Beri Boys Club, l’ancrage local n’est pas un simple argument marketing. Il constitue l’essence même du projet. « Bonabéri a une grande place dans notre identité. C’est le fond même de ce qu’on fait ». Cette proximité avec leur quartier se reflète dans leur manière d’écrire et de composer. « Dans les paroles, on essaie de chanter comme au quartier, comme la tata du quartier qui va écouter. » Le groupe revendique également son propre univers musical, le « Bom Trap », un style fondé sur les mélanges et les influences multiples. « C’est les fusions. Quand tu écoutes, tu te dis que c’est une grande chose. Un monsieur qui boit du cognac et mange du caviar peut mettre du Bom Trap », lancent-ils avec humour.

Une réussite construite dans la durée

Si les Beri Boys Club connaissent aujourd’hui une visibilité grandissante, leurs membres tiennent à rappeler que cette progression est le fruit de plusieurs années de travail. « Il y a une rigueur à mettre dans le travail que beaucoup ne voient pas. On a commencé en 2018, ce n’est pas en 2025 qu’on a éclaté par hasard. » Derrière le succès actuel se cachent des années d’apprentissage, de répétitions et de sacrifices. Leur fonctionnement repose également sur une organisation précise où chaque membre assume des responsabilités définies. Une méthode qui contribue à renforcer la cohésion du groupe. Sur le plan créatif, une règle s’impose à tous : « Notre règle est que tout le monde chante dans toutes les chansons. »

Des artistes diplômés qui cassent les clichés

Les Beri Boys Club revendiquent aussi un parcours académique solide. Plusieurs membres disposent de diplômes universitaires dans des domaines variés, allant des ressources humaines aux technologies de l’information. « On a tous un niveau scolaire assez intéressant », soulignent-ils. Pour eux, la musique et les études ne s’opposent pas. Au contraire, cette diversité de profils nourrit leur vision du métier et leur permet d’aborder leur carrière avec davantage de professionnalisme.

« To the World », une ambition sans frontières

Malgré leur popularité croissante, les artistes gardent les pieds sur terre. « Le succès a changé le regard des gens, mais ne croyez pas qu’on a déjà l’argent. L’argent pour manger arrive d’abord », confient-ils avec franchise. Le groupe reconnaît également avoir du mal à mesurer pleinement l’ampleur de ce qui lui arrive. « On ne réalise pas encore vraiment tout ce qui nous arrive. On n’a pas le recul. » Mais une chose demeure claire : leur ambition dépasse largement leur propre réussite. « Notre objectif est d’exporter la musique camerounaise. To the World, c’est la volonté de faire pousser la chose plus loin ». Les Beri Boys souhaitent ainsi promouvoir la culture camerounaise sous toutes ses formes, à travers la musique, mais aussi la mode, les accessoires et d’autres expressions créatives. « On veut toucher la mode, la musique, les bijoux… mettre en avant des facettes de nos personnalités que les gens ignorent. »

Un message de discipline et d’espoir

Au-delà de leur carrière, les membres du groupe souhaitent transmettre un message positif à la jeunesse. « Stop aux violences de toute forme. Faire du mal à la jeunesse, c’est faire du mal au pays. » Ils appellent les jeunes à faire preuve de persévérance et d’ambition. « Il faut être discipliné, concentré et surtout rêver grand », insistent-ils. Une philosophie qui s’appuie également sur leur foi, qu’ils considèrent comme un élément central de leur parcours : « Dieu, c’est notre gars sûr. C’est le top niveau. »

Portés par la force du collectif, un profond attachement à Bonabéri et une ambition assumée d’exporter la culture camerounaise, les Beri Boys Club poursuivent leur ascension. Une trajectoire qui pourrait bien faire d’eux l’un des groupes majeurs de la nouvelle génération musicale camerounaise.

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Benjamin NOAH

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