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Asipaveun Godwin Salomon, de la physique à la photographie, le déclic inattendu qui a changé son parcours

Étudiant en physique avant de découvrir la photographie, le Camerounais Asipaveun Godwin Salomon n’avait pas imaginé que quelques appareils photo déposés dans une paroisse allaient changer son parcours. En août 2019, alors qu’il participe à la préparation d’un programme religieux, il décide de s’essayer à la photographie. Quelques années plus tard, cette expérience ponctuelle est devenue une véritable activité professionnelle. Contacté par la rédaction de Laura Dave Media, le photographe revient sur son déclic, les réalités de son métier et le regard qu’il porte désormais sur la photographie.

« Le Saint-Esprit est notre enseignant »

En 2019, Asipaveun Godwin Salomon est encore étudiant en physique, niveau 2. Lors d’un programme organisé dans sa paroisse, un aîné arrive avec des appareils photo. Personne ne sachant réellement les manipuler, il décide de tenter sa chance.
« J’ai dit : Saint-Esprit, en aussi vrai que tu es l’enseignant par excellence, s’il te plaît, enseigne-moi ces choses. Au bout de quelques minutes, j’ai commencé à entendre une voix me parler en me donnant les choses à faire. »
Il se lance alors dans la pratique et photographie l’ensemble du programme, qui s’étend sur trois jours. Une première expérience qui va rapidement ouvrir la porte à d’autres sollicitations.
« Après quelque temps, il y a eu des frères qui soutenaient leur master, leurs licences professionnelles et certains m’ont appelé. J’ai commencé à aller faire des photos, les gens appréciaient, on a commencé à me donner un peu d’argent. Je me suis dit : waouh, pourquoi ne pas faire dans ça ? »
Le jeune homme décide alors de prendre cette nouvelle activité au sérieux et de se rapprocher de photographes plus expérimentés.

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la passion est née

Asipaveun commence à observer le travail de plusieurs photographes et n’hésite pas à leur proposer ses services, même pour les tâches les plus simples.
« Je leur disais : mes grands frères, si vous avez des événements, appelez-moi. Même s’il faut que je tienne le trépied ou n’importe quoi, tu me dis seulement quoi faire. »
Une démarche qui lui permet de rencontrer un photographe qui accepte de lui transmettre les premières bases du métier.
« Il a commencé à m’apprendre des bases et il me donnait des exercices, de faire des recherches chaque fois qu’on se voit. C’est comme ça que la passion est née. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, cette passion ne s’est jamais éteinte. »
D’une découverte presque improvisée, la photographie devient donc progressivement une vocation qu’il choisit de développer.

« La photographie m’a permis de voir les autres comme des personnes précieuses »

Avant de devenir photographe, Asipaveun se décrit comme une personne travailleuse, ambitieuse, loyale et honnête. Mais l’appareil photo va modifier sa perception des personnes qui l’entourent.
« La photographie m’a permis de voir les autres comme des personnes précieuses et valeureuses. »
Il découvre également la dimension économique de cette activité, notamment la possibilité de transformer les rencontres en opportunités professionnelles.
« La photographie m’a donné de voir les gens autour de moi comme des potentiels clients, des personnes qui peuvent me donner de l’argent, m’apporter une ressource qui peut me donner un matériel qui peut m’aider à croître, non seulement mes revenus, mais à grandir financièrement. »
Pour lui, photographier ne consiste donc plus simplement à produire une belle image, mais aussi à conserver la mémoire d’un moment.

« Une photo, une histoire »

Lorsqu’il photographie une personne, Asipaveun cherche d’abord à restituer son apparence. Mais selon les circonstances, il veut également faire ressortir son émotion et son histoire.
« Lorsque je prends une personne en photo, tout d’abord, c’est pour faire sortir l’apparence de la personne et très souvent, lorsqu’il s’agit des événements heureux ou malheureux, pourquoi ne pas faire sortir son histoire et ses émotions ? »
Une vision qui s’appuie sur une formule bien connue dans le milieu :
« Une photo, une histoire. La photo, c’est 1 000 mots. »
Derrière chaque cliché se trouve ainsi, selon lui, un moment à préserver et une émotion à transmettre.
« Les gens ne croient pas en toi »
Derrière les images soigneusement travaillées et publiées sur les réseaux sociaux, le métier comporte également son lot de difficultés. Parmi elles, Asipaveun évoque notamment la fatigue, les problèmes techniques et le manque de reconnaissance.
« Tu finis de filmer une image, tu fais le traitement, après la machine s’éteint, après coupure d’électricité, après il y a une paresse qui te prend, après il y a une fatigue, un sommeil. »
Mais au-delà des contraintes matérielles, le manque de confiance de l’entourage peut également constituer un obstacle.
« L’autre difficulté, c’est que les gens ne croient pas en toi, surtout ceux de ton entourage. »
Une réalité qui n’empêche pourtant pas le photographe de considérer son activité comme une véritable source de revenus.

« La photographie paie énormément »

Pour Asipaveun Godwin Salomon, vivre de la photographie au Cameroun est possible, à condition de savoir valoriser son travail et de rencontrer des clients qui en comprennent la valeur.
« Je dirais qu’au Cameroun, on peut bien vivre de la photographie parce que, pour être honnête, la photographie paie énormément. Ça paie beaucoup, surtout quand tu tombes sur de très bons clients et ceux qui ont compris la valeur de la photo. »
Il dénonce cependant plusieurs difficultés auxquelles les professionnels du secteur sont confrontés, notamment le mépris dont certains photographes font l’objet.
« Il y a beaucoup de personnes qui méprisent les photographes, genre comme si c’est un métier de moins que rien, comme si tu as raté ta vie. »
Il pointe également la concurrence de photographes amateurs qui pratiquent des tarifs très bas, ainsi que les difficultés liées au paiement de certaines prestations.
« Il y a beaucoup de photographes amateurs qui ne connaissent pas le métier, qui se lancent et donnent des prix, des budgets. Ils acceptent à moindre coût parce qu’ils veulent juste subvenir à leurs besoins. »

« Travailler avec le cœur et beaucoup d’humilité »

Son expérience au sein du staff des photographes de Mulema Gospel lui a également permis de tirer des enseignements personnels et professionnels.
« Ça m’a donné davantage de travailler avec le cœur et beaucoup d’humilité et de respect vis-à-vis de l’autre. »
Il estime également que cette expérience lui a permis de mesurer davantage l’importance accordée à la photographie dans certains projets.
« Je bénis Dieu parce que cette plateforme reconnaît le rôle de la photographie dans cette société, dans ce qu’ils font. Elle reconnaît que c’est un ministère puissant et très important qui impacte des vies, qui transforme des destinées. »
Aujourd’hui, Asipaveun Godwin Salomon poursuit son chemin derrière l’objectif avec une ambition claire : faire de chaque image une signature reconnaissable et continuer à faire grandir Lights Media, présent sur Facebook sous le nom FB Lights Media, ainsi que sur Instagram et TikTok sous Lights Media.Cm.

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Muriel Yanga

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