AccueilPeopleWilliam Ekongolo, de l’albinisme au journalisme, quand le travail devient une réponse...
CLIQUEZ ICI POUR PROFITER DE L'OFFREspot_img

William Ekongolo, de l’albinisme au journalisme, quand le travail devient une réponse aux préjugés

L’albinisme, les préjugés et les croyances qui l’entourent ont longtemps influencé le regard porté sur William Ekongolo. Pourtant, le journaliste et créateur de contenu camerounais a progressivement choisi de faire de son travail le principal moyen de se définir au-delà de son apparence. Entre expériences personnelles, anecdotes et reconversion vers le journalisme digital, il raconte un parcours marqué par la nécessité de s’imposer par ses compétences plutôt que par sa différence. Le 20 août 2026, lors d’un entretien, William Ekongolo revient ainsi sur les réalités auxquelles il a été confronté et sur la manière dont il a appris à transformer les regards en une force.

« Les albinos sont porteurs de chance »

Certaines croyances liées à l’albinisme peuvent prendre des proportions inquiétantes. William Ekongolo raconte notamment avoir été confronté à des personnes convaincues que ses cheveux pouvaient avoir une valeur particulière.
« Quand c’était plus jeune, il y a une dame qui m’a carrément poursuivi. Elle est quittée de 70 000 à près de 500 000 pour mes cheveux. »
Le journaliste évoque également une expérience particulièrement troublante avec une femme qui aurait tenté de lui couper les cheveux pendant son sommeil.
« Une femme, par exemple, tu dors avec une fille la nuit, elle coupe tes cheveux. »
Selon lui, ces comportements sont liés à des croyances selon lesquelles les personnes albinos seraient porteuses de chance ou leurs cheveux permettraient d’obtenir de l’argent.
« Apparemment, nous les albinos, on porterait chance et nos cheveux donneraient de l’argent. »
Ces expériences ont profondément marqué son rapport à certaines situations, au point de modifier certaines de ses habitudes.

Pour ne rien rater sur l’actualité people abonnez-vous à notre chaîne whatsapp

Pour William Ekongolo, les difficultés liées à l’albinisme dépassent largement les croyances mystiques. Elles concernent également la représentation et la place accordée aux personnes albinos dans la société.
« Est-ce qu’au Cameroun être albino, c’est un handicap ? Oui clairement. »
Il explique pourtant avoir longtemps eu du mal à reconnaître cette réalité. Ayant grandi dans une famille aimante et protectrice, il n’avait pas toujours conscience de l’ampleur des difficultés auxquelles il pouvait être confronté à l’extérieur.
« Pendant longtemps, j’ai nié cette réalité-là parce que j’ai quand même grandi dans une famille assez aimante. »
Avec le temps, son expérience personnelle et professionnelle lui ont toutefois permis de mesurer davantage le poids du regard des autres.
« Il n’y a pas beaucoup d’albinos à la télé. »
Cette faible représentation participe, selon lui, à maintenir certaines personnes dans une forme d’invisibilité.

« Mon travail a su me faire passer au-dessus de mon albinisme »

« Être albinos au Cameroun, c’est clairement un handicap »

William Ekongolo considère aujourd’hui comme une véritable victoire le fait que son public tende à s’intéresser davantage à son travail qu’à son apparence.
« Les gens ne me voient plus comme le blanc ou l’albinos qui fait des vidéos. Ils me voient juste comme la personne qui fait des vidéos. »
Cette évolution est notamment perceptible dans les réactions qu’il reçoit désormais sur les réseaux sociaux. Les commentaires faisant référence à son apparence seraient devenus beaucoup plus rares.
« À mes débuts, déjà, quand on commençait, on disait : “Mais le blanc ci fait quoi là ?” Ce genre de commentaire n’existe plus. »
Mais pour arriver à cette étape, le journaliste affirme avoir également dû travailler sur lui-même. Sa timidité et sa tendance à répondre rapidement aux commentaires négatifs l’ont longtemps confronté à ses propres réactions.
« Dès que je voyais un commentaire qui ne me plaisait pas, j’étais pressé de répondre. »
Des proches lui ont alors conseillé de ne pas donner de crédit aux personnes qui cherchaient volontairement à le provoquer.
« Arrête de répondre parce que tu leur donnes du crédit. »
Une approche qu’il dit avoir progressivement adoptée, préférant désormais laisser son travail construire sa réputation.

« On ne peut clairement pas satisfaire tout le monde »

Son expérience dans le journalisme lui a également appris à composer avec les réactions parfois contradictoires du public. William Ekongolo défend une pratique journalistique basée sur la recherche d’informations et la vérification des sources.
« Mon travail, c’est d’essayer d’expliquer l’actualité de la meilleure façon et d’essayer d’apporter des éclaircis sur des sujets de la façon la plus claire et cohérente possible, en donnant des sources vérifiables. »
Mais même une information documentée peut être contestée lorsqu’elle ne correspond pas aux convictions de certains internautes.
« On ne peut clairement pas satisfaire tout le monde et surtout pas les personnes de mauvaise foi. »
Pour lui, le journaliste doit pouvoir traiter un sujet sans être automatiquement enfermé dans un camp.
« Ils se disent que s’il a fait ce papier, ça veut dire forcément qu’il le déteste. Ce qui n’est même pas le cas. »
Cette expérience l’a donc amené à développer une certaine distance face aux polémiques, tout en maintenant son exigence sur la vérification des informations.

« Je découvre tout un autre monde »

Avant de s’imposer dans le journalisme digital, William Ekongolo a connu un parcours académique qui ne le destinait pas directement à cette voie. Après son baccalauréat, il s’oriente vers la sociologie avant de poursuivre ses études en Inde.
« Après mon bac, je ne savais pas quoi faire. Je suis allé me perdre, j’ai envie de dire ça ainsi, en sociologie. »
C’est notamment son expérience en Inde et la découverte de nouveaux modes de consommation de l’information qui vont renforcer son intérêt pour le digital.
« Je découvre tout un autre monde. »
Il commence alors à consommer davantage de contenus sur YouTube et découvre une nouvelle manière de transmettre l’information, d’éduquer et de raconter des histoires.
« Je me rends compte que je m’éduque même encore plus sur YouTube à travers les contenus de ces différents créateurs. »
De retour au Cameroun, il comprend progressivement le potentiel des plateformes numériques et décide de se lancer avec des moyens très limités.
« J’avais mon téléphone, j’avais même pas de micro à l’époque. J’avais mes écouteurs, j’avais un iPhone. J’utilisais les écouteurs d’iPhone, ils vont me servir de micro. »
Ses premières vidéos sont consacrées à des anecdotes sur l’albinisme. Un choix qui lui permet à la fois de parler de sa propre expérience et de trouver progressivement sa place dans l’univers de la création de contenu.

Si cet article vous a interessé n’hesitez Pas a cliquer ici

Muriel Yanga

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Nous recrutons
Notre Newsletter
CLIQUEZ ICI POUR REGARDERspot_img
Téléchargez Notre Application

Les plus Populaires

Téléchargez Notre Application

Commentaires recents

CLIQUER ICI POUR PROFITER DE L'OFFREspot_img