Entre ses premiers succès à l’adolescence et l’artiste qu’il est devenu aujourd’hui, Tenor dit avoir beaucoup changé. À 28 ans, le chanteur camerounais pose un regard différent sur sa carrière, son rapport avec le public, les réseaux sociaux, les collaborations et les réalités de l’industrie musicale. Dans un live diffusé sur sa page Facebook le 13 septembre 2026, l’artiste a laissé apparaître une réflexion plus personnelle sur le temps, les expériences professionnelles et les enseignements de la célébrité.
De l’adolescent à l’artiste de 28 ans
Tenor n’a pas toujours été celui que le public connaît aujourd’hui. Il rappelle que ses premiers succès à l’échelle nationale sont arrivés alors qu’il avait à peine 16 ans. Un parcours commencé très tôt, qui l’a forcément éloigné de celui qu’il était à ses débuts.
« Quand j’ai eu mon premier succès, on va dire national, j’avais 16 ans. Quand ça a commencé à aller un peu plus, j’avais 17 ans. Aujourd’hui j’ai 28 ans. C’est normal que beaucoup de choses se soient passées, que j’ai changé. »
Pour l’artiste, cette évolution n’a rien d’anormal. Elle relève même d’un processus humain.
« Si je serais resté le même, je crois que je n’aurais pas été très intelligent. Pas plus intelligent que ça, c’est normal de changer, c’est humain. »
Derrière cette déclaration se dessine un artiste qui semble accepter que le temps transforme aussi bien l’homme que sa manière de travailler et de regarder son parcours.

Pour ne rien rater sur l’actualité people abonnez-vous à notre chaîne whatsapp
La célébrité n’a pas seulement changé son image
Avec les années, la notoriété a également modifié son rapport avec l’espace public. Tenor explique que le regard des autres l’oblige à être plus attentif sur ses comportements.
Cette transformation ne se traduit toutefois pas par une volonté d’être constamment visible. Bien au contraire, l’artiste affirme être de moins en moins intéressé par une présence permanente sur les réseaux sociaux.
« En ce qui concerne le fait d’être énormément présent sur les réseaux, pour le moment non. Peut-être je vais changer, peut-être je vais prendre ça différemment, mais pour le moment ce n’est pas comme ça que je vois ça. »
Une position qui tranche avec l’idée selon laquelle la carrière d’un artiste dépend nécessairement d’une exposition permanente sur les plateformes numériques.
Pour Tenor, les désaccords font aussi partie du métier
Le parcours professionnel n’a pas été sans difficultés. L’artiste revient notamment sur une tournée qui n’a finalement pas pu avoir lieu en raison de désaccords entre son équipe et celle du promoteur.
Plutôt que de prolonger publiquement la polémique, Tenor choisit de considérer cet épisode comme une expérience professionnelle.
« On avait eu certains engagements qui malheureusement n’ont pas pu être en accord entre mes équipes et l’équipe du promoteur et donc on a dû arrêter la tournée. »
L’artiste reconnaît la déception, estimant que cette tournée aurait pu être une belle expérience. Mais il refuse d’en faire un procès public.
« Pour moi, ça reste des expériences professionnelles. Je n’aimerais pas en faire tout un plat ou mettre des gens face à un tribunal populaire. »
Sa conclusion est simple : les difficultés existent, mais elles ne doivent pas empêcher de continuer à travailler.
« Il y a eu certains problèmes qu’on a rencontrés et voilà, on essaye de passer à autre chose, on essaye de faire mieux, on essaye de construire un peu plus. »
Des collaborations doivent rester naturelles
Sur la question des collaborations, Tenor défend également une certaine liberté artistique. Pour lui, partager un morceau avec un autre artiste ne devrait pas être une obligation dictée par les circonstances ou la recherche de visibilité.
« Les collaborations ne doivent pas se faire juste parce qu’on se retrouve. Il doit y avoir beaucoup plus d’envie, non seulement personnelle, mais aussi artistique. »
Il estime ainsi que l’alchimie entre deux artistes doit précéder la collaboration.
« Une fois que ça passe, les collaborations, on a beaucoup plus de fluidité à les partager. Pour moi, ça doit être le plus naturel possible. »
Une conception qui rejoint sa vision plus large de la musique camerounaise.
Selon lui, les artistes doivent également participer à la construction de leur propre environnement professionnel.
« Il y a une construction qu’on doit faire de notre environnement musical qui est notre responsabilité à tous. »
Pour Tenor, cette construction ne devrait pas uniquement reposer sur une logique d’assistance, mais sur la capacité des acteurs du secteur à créer eux-mêmes un cadre capable de les rendre compétitifs.

Edéa, une ville qu’il n’oublie pas
Malgré les années et la notoriété, certaines attaches restent intactes. Lorsqu’il évoque Edéa, Tenor parle d’un lien particulier avec cette ville qui a marqué son parcours.
« Je ne peux jamais oublier la ville qui m’a fabriqué. Moi je suis un gars d’Edéa. »
« Le Poids de l’âme », un projet nourri par les expériences
Son évolution se retrouve également dans « Le Poids de l’âme« , projet dont il explique qu’il a été construit autour de plusieurs réalités vécues au fil de sa carrière.
Tenor évoque notamment la célébrité, la pression, la famille, mais aussi les erreurs et les leçons qu’il dit avoir tirées de son parcours.
« C’est un projet que j’ai fait avec énormément de responsabilité, d’épreuves, de choix entre tout ce qui concerne la célébrité et tout ce que ça engage, la pression, la famille. »
Le projet apparaît ainsi moins comme une simple étape discographique que comme le reflet d’une période de réflexion sur ce que représente la vie d’un artiste exposé au public.
Continuer à avancer malgré les changements
À travers ses différentes interventions, Tenor laisse surtout apparaître une volonté de ne pas rester figé dans l’image de ses débuts. Le musicien revendique son évolution, assume certaines expériences difficiles et affirme vouloir continuer à construire, sans nécessairement chercher à être partout ni à tout expliquer au public.
Après une décennie passée sous les projecteurs, l’artiste semble regarder davantage le chemin parcouru que l’image qu’il doit préserver.
Et si changer était finalement l’une des conditions pour continuer à grandir ?

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire celui-ci
Muriel Yanga








