Le train de l’année scolaire 2026-2027 a quitté la gare au Cameroun le 07 septembre 2026. Mais entre bonnes notes, grands diplômes et insertion professionnelle, ces acquis suffisent-ils réellement à garantir la réussite dans la vie ? Reçus le 12 septembre 2026 sur le plateau de Laura Dave Média Tv, Mme Pagbe, professeure de français , et Claude Onomo, parent d’élève, ont livré leur regard sur les différentes facettes de la réussite.
» l’école ne peut pas tout faire »
Pour Mme Pagbe, l’instruction demeure une base importante dans le parcours d’un jeune. Toutefois, la réussite scolaire ne saurait constituer à elle seule une garantie d’épanouissement ou de réussite professionnelle.
« L’école reste un socle. Elle permet à l’enfant d’acquérir des connaissances, de développer certaines capacités et de comprendre son environnement. Mais lorsqu’on parle de réussite, il faut aller au-delà des notes et du diplôme. Un enfant peut avoir de très bonnes notes, obtenir un grand diplôme et pourtant avoir des difficultés à s’intégrer dans la vie professionnelle ou sociale. C’est pour cela qu’il faut également penser à ce qu’il sait faire, à ses qualités humaines, à sa capacité à communiquer, à travailler avec les autres et surtout à s’adapter. »
La question des compétences personnelles s’impose ainsi udans la réflexion sur l’éducation.
Au-delà du parcours académique, la question des compétences personnelles s’impose donc dans la réflexion sur l’éducation.

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Claude Onomo: « Le diplôme ne suffit pas »
Pour Claude Onomo, le diplôme ne doit pas être considéré comme l’aboutissement définitif du parcours d’un jeune.
« Aujourd’hui, il faut comprendre qu’avoir un diplôme ne veut pas automatiquement dire qu’on a réussi sa vie. Le diplôme peut ouvrir une porte, mais derrière cette porte, il faut encore être capable de faire quelque chose. Il faut avoir des compétences, il faut savoir communiquer, il faut savoir travailler avec les autres, il faut pouvoir s’adapter. Et surtout, il faut savoir ce qu’on veut réellement faire de sa vie. »
Il insiste également sur le décalage qui peut exister entre les connaissances acquises à l’école et les exigences du monde professionnel.
« Nous avons parfois des jeunes qui sortent de l’école avec des diplômes, mais lorsqu’ils arrivent dans le monde professionnel, ils découvrent qu’on leur demande autre chose. On leur demande de résoudre des problèmes, de prendre des initiatives, de travailler en équipe, de s’adapter à des situations qu’ils n’ont jamais rencontrées. Donc il faut commencer à comprendre que la réussite ne se limite pas au papier que vous avez entre les mains. »
Si le diplôme ne suffit pas, quelles sont alors les autres compétences à développer pour réussir ?

Mme Pagbe, les « soft skills » comptent aussi
Au-delà des connaissances académiques, les compétences humaines occupent également une place importante dans la construction d’un individu.
« Il y a ce qu’on apprend à l’école et puis il y a ce qu’on développe en tant que personne. Savoir parler, savoir écouter, savoir gérer ses émotions, savoir travailler avec quelqu’un qui ne pense pas comme vous, savoir s’adapter à une nouvelle situation, ce sont aussi des compétences. Et ces compétences peuvent faire toute la différence lorsqu’on arrive dans la vie professionnelle. »
La réussite ne se construit donc pas uniquement dans les salles de classe. Elle se joue aussi dans la capacité du jeune à mieux se connaître et à identifier ce qui lui correspond.
Claude Onomo, : trouver sa passion
Pour le parent d’élève, la question de la passion doit également être prise en compte. La réussite ne devrait pas uniquement être définie par les métiers ou les parcours considérés comme prestigieux.
« Il faut aussi permettre à l’enfant de découvrir ce qu’il aime et ce dans quoi il est bon. Parce que nous avons tendance à vouloir imposer certaines voies à nos enfants. On veut que l’enfant soit médecin, avocat, ingénieur parce que ce sont des métiers qui donnent une certaine image de la réussite. Mais est-ce que cet enfant est réellement heureux ? Est-ce qu’il est passionné par ce qu’il fait ? Est-ce qu’il donne le meilleur de lui-même ? »
Derrière cette question de la passion se pose également celle de l’excellence. Car réussir ne signifie pas nécessairement exceller dans le même domaine que les autres.
Claude Onomo, : apprendre à s’adapter
Dans ce contexte, l’adaptabilité apparaît également comme une compétence essentielle.
« Le monde change très vite. Ce que vous avez appris hier peut ne plus être suffisant demain. Donc il faut apprendre à apprendre. Il faut être capable de se remettre en question, de chercher de nouvelles connaissances, de développer de nouvelles compétences. Pour moi, quelqu’un qui réussit, ce n’est pas seulement quelqu’un qui a obtenu un diplôme. C’est quelqu’un qui continue à évoluer. »
Mme Pagbe, l’excellence ne porte pas toujours le même nom
La réussite peut ainsi prendre différentes formes selon les aptitudes et les aspirations de chaque individu. Pour Mme Pagbe, il est donc important de ne pas réduire la valeur d’un enfant à ses résultats scolaires ou à sa capacité à suivre un parcours académique classique.
« Il ne faut pas comparer les enfants uniquement à travers leurs notes. Chacun a ses capacités, chacun a son rythme et chacun peut exceller dans un domaine différent. Il y a des enfants qui vont être très performants dans les matières scolaires, d’autres qui vont avoir des aptitudes particulières dans le domaine artistique, dans le sport, dans la technologie, dans les métiers manuels ou encore dans les relations humaines. Cela ne veut pas dire que les uns sont meilleurs que les autres. Cela signifie simplement que nous n’avons pas tous les mêmes talents ni les mêmes potentialités.
Le rôle de l’éducation, c’est justement de permettre à chaque enfant de découvrir ce qu’il porte en lui, de développer ses capacités et de trouver le domaine dans lequel il pourra véritablement s’épanouir. Parce que si nous cherchons uniquement à faire entrer tous les enfants dans le même modèle de réussite, nous risquons de passer à côté de beaucoup de talents. L’essentiel est donc de permettre à chacun de développer son potentiel et de devenir excellent dans ce qu’il fait. Parce que l’excellence ne porte pas toujours le même nom. »
Mais une fois les études terminées, une autre réalité attend les jeunes : celle d’un monde professionnel en constante évolution.
Entre diplômes, compétences, passion et épanouissement personnel, le débat sur la véritable définition de la réussite reste donc ouvert. À l’heure où une nouvelle année scolaire commence, une question demeure : prépare-t-on suffisamment nos enfants à réussir leurs études, ou leur apprend-on aussi à réussir leur vie ?
Derrière cette question de la passion se pose également celle de l’excellence. Car réussir ne signifie pas nécessairement exceller dans le même domaine que les autres.

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Muriel Yanga








