Pendant près de deux ans, Dimitri Ndjonyang a laissé croire qu’il s’était installé à Bafoussam pour changer d’air et s’éloigner de Douala. Dans une publication sur sa page Facebook le 7 septembre 2026, le directeur artistique révèle finalement ce qui se cachait derrière ce départ. Après avoir abandonné les études pour travailler, il a décidé de retourner sur les bancs, décrochant un BTS puis une licence avec mention, tout en poursuivant ses activités professionnelles.
Un retour aux études après plusieurs années de carrière
Dimitri Ndjonyang commence son récit par une révélation qui donne le ton :
« Je vous ai menti pendant deux ans.
Oui.
Ça fait pratiquement deux ans que je me suis installé dans la ville de Bafoussam. Et pendant tout ce temps, j’ai inventé tout un scénario pour vous faire croire que j’étais simplement venu ici pour changer d’air, changer de zone, m’éloigner un peu de Douala.
Mais en réalité, comme vous avez certainement déjà pu le remarquer sur les images, je suis revenu à Bafoussam pour retourner à l’école.
Oui, j’ai décidé de retourner sur les bancs. »
Une décision qui, selon lui, pouvait paraître surprenante au regard de son parcours professionnel.
« Et je sais que pour certaines personnes, ça peut paraître bizarre. Certains vont même se demander : pourquoi ?
Pourquoi quelqu’un qui a déjà travaillé comme directeur artistique, qui s’est ensuite lancé à son compte, qui travaille en freelance, qui forme des jeunes, qui crée du contenu… décide un jour de tout ralentir pour redevenir étudiant ?
Honnêtement, moi-même, il a fallu que je me prépare psychologiquement à ça. »

Pour ne rien rater sur l’actualité people abonnez-vous à notre chaîne whatsapp
De l’Université de Douala au monde professionnel
Le parcours de Dimitri Ndjonyang prend une première bifurcation en 2018. Étudiant en informatique fondamentale à l’Université de Douala, il abandonne progressivement les études après avoir obtenu son premier emploi.
« Tout commence réellement en 2018.
À cette époque, je suis étudiant à l’Université de Douala, en informatique fondamentale. Mais très rapidement, je me rends compte que je ne me retrouve pas vraiment dans ce parcours.
J’avais obtenu un bac TI, et naturellement, je m’étais orienté vers l’informatique. Sauf qu’entre ce qu’on imagine d’une filière et ce qu’on découvre une fois à l’université, il y a parfois un monde.
Et surtout, à cette époque, j’étais beaucoup plus préoccupé par une chose : gagner de l’argent.
Donc quand j’obtiens mon premier emploi, pour moi, c’est une opportunité.
Je commence à travailler.
Et progressivement, les études passent au second plan. Jusqu’au moment où j’abandonne complètement les bancs. »
Pendant plusieurs années, son expérience professionnelle devient son principal bagage.
« Sur le moment, ça ne me dérangeait pas vraiment.
Je travaillais, j’apprenais énormément sur le terrain, je progressais, je développais mes compétences.
Je construisais petit à petit ma carrière.
Mais plus les années passaient, plus il y avait quelque chose qui commençait à me travailler.
Dans certaines entreprises où je suis passé, j’avais parfois l’impression d’être celui qui avait le moins de bagage académique.
Et bizarrement, ça ne m’a jamais empêché de travailler.
Parce qu’il faut reconnaître une chose : dans pratiquement tous les entretiens que j’ai passés, personne ne m’a réellement demandé mon niveau d’études.
Les gens regardaient ce que je savais faire.
Mon portfolio, mes compétences et mon expérience.
Les résultats que je pouvais apporter.
Et heureusement pour moi, j’étais compétent. Je savais faire mon travail. C’est ça qui m’a sauvé pendant toutes ces années. »
Quand l’expérience ne suffit plus
Directeur artistique, freelance puis formateur, Dimitri Ndjonyang construit progressivement une carrière sans que son niveau académique ne constitue jusque-là un véritable obstacle. Mais la transmission va changer son regard sur son propre parcours.
« J’ai continué à évoluer jusqu’à devenir directeur artistique. Ensuite, je me suis lancé à mon compte. J’ai travaillé avec différentes entreprises, différents clients, sur différents projets.
Donc, professionnellement, je pouvais très bien continuer comme ça.
Le problème, c’est que ma carrière a commencé à prendre une autre direction.
Je ne faisais plus seulement du design. Je suis devenu formateur, j’ai commencé à transmettre et à accompagner des jeunes.
Aujourd’hui, j’ai formé plus de 1 200 jeunes en Afrique. »
C’est précisément cette nouvelle responsabilité qui l’amène à questionner son propre parcours.
« Et plus je transmettais ce que j’avais appris pendant toutes ces années, plus une question revenait dans ma tête :
Est-ce que je veux vraiment continuer toute ma vie avec uniquement mon bac comme dernier diplôme ?
Pas parce que j’avais besoin d’un diplôme pour prouver que je savais utiliser Photoshop ou Illustrator.
Mon parcours professionnel l’avait déjà prouvé.
Mais parce qu’à ce stade de ma vie, je ne voulais plus seulement être quelqu’un qui sait faire. Je voulais aussi comprendre davantage ce que je fais, structurer ce que j’avais appris sur le terrain, confronter mon expérience à la théorie et surtout avoir un parcours académique cohérent avec la direction que je voulais donner à ma carrière. »

Deux ans à étudier dans la discrétion
La décision est alors prise : retourner à l’école. Bafoussam devient le cadre de cette nouvelle étape, tenue volontairement à l’écart du public.
« Alors j’ai pris une décision : “Retourner à l’école”. Et c’est aussi pour cette raison que je suis revenu à Bafoussam. Pendant presque deux ans, je n’en ai pratiquement pas parlé. J’ai repris les cours. J’ai composé le BTS et je l’ai obtenu avec mention. Ensuite, j’ai continué. Cette année, j’ai obtenu ma licence, également avec mention. »
Dimitri Ndjonyang précise toutefois que cette démarche n’avait pas pour objectif de remplacer l’expérience acquise par les diplômes.
« Et aujourd’hui, si je décide enfin d’en parler, ce n’est pas spécialement pour venir vous montrer un diplôme. Ce diplôme ne va probablement pas me servir demain matin à aller déposer un CV dans une entreprise.
Ce n’était même pas l’objectif. Pour moi, il vient plutôt compléter huit années d’expérience professionnelle.
Il vient mettre un cadre académique sur quelque chose que j’avais construit essentiellement sur le terrain. »
Une décision difficile à concilier avec sa vie professionnelle
Retourner sur les bancs ne signifie pas pour autant mettre sa carrière entre parenthèses. Durant ces deux années, Dimitri Ndjonyang a dû jongler entre les cours, le freelance, la formation et ses autres responsabilités.
« Mais je ne vais pas vous mentir sur une chose. Ces deux années ont été extrêmement difficiles. Parce qu’entre être étudiant, travailler en freelance, honorer mes contrats à distance, créer du contenu, être formateur, accompagner mes apprenants et essayer malgré tout d’avoir une vie personnelle… J’étais constamment dans une course. Un devoir à rendre, un client à livrer, un cours à suivre, une vidéo à préparer, un apprenant à accompagner, un projet à terminer, et on recommence.
Encore et encore. »
Aujourd’hui, cette parenthèse est refermée. Pour lui, elle représente moins un changement de trajectoire qu’une manière de compléter un parcours construit jusque-là essentiellement par la pratique.
« Aujourd’hui, j’ai terminé cette étape et j’en suis soulagé.
Alors oui… Je vous ai menti pendant presque deux ans. Je ne suis pas revenu à Bafoussam uniquement pour changer d’air. Je suis revenu terminer quelque chose que j’avais laissé derrière moi plusieurs années auparavant.
Et aujourd’hui, je peux enfin vous le dire :
je l’ai fait. »

Si cet article vous a interessé n’hesitez Pas a cliquer ici
Muriel Yanga








