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Vanister face à lui-même : les vérités d’un artiste qui refuse l’hypocrisie

Le chanteur et auteur-compositeur camerounais Vanister a accordé, le 19 juillet 2026, un entretien où il ose tout dire. Pendant plusieurs heures, l’artiste est revenu, sur les moments les plus marquants de son parcours : la trahison d’un ancien proche, son rapport à la célébrité, sa philosophie du management, sa passion pour la lecture, ses ambitions démesurées, mais aussi ses prises de position sur plusieurs sujets de société. Un échange riche en confidences, qui dévoile une facette plus intime de sa personnalité.

« La célébrité m’a appris que l’humain est mauvais »

Pour Vanister, le succès a un prix : la perte de confiance. L’artiste raconte avoir été trahi par celui qu’il considérait comme son frère. « La célébrité m’a appris que l’humain est mauvais. L’humain est mauvais et égoïste. » Après avoir rappelé son ancien meilleur ami dans son équipe, augmenté son salaire jusqu’à 300 000 FCFA, payé la scolarité de son enfant et multiplié les aides, il dit avoir été victime de chantage et de tentatives de déstabilisation.

 Vanister face à lui-même : les vérités d'un artiste qui refuse l'hypocrisie

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« Je le payais 300 000 francs. Je lui faisais des primes, je payais l’école de son fils. Pour moi, c’était mon frère. » Selon lui, l’ancien collaborateur aurait transmis des informations privées à une ancienne compagne et cherché à ternir son image auprès de plusieurs partenaires. « Il lui a sorti tous mes secrets… Même des choses que moi-même j’avais oubliées. Aujourd’hui, j’ai peur des amitiés. »

Malgré une plainte déposée, Vanister affirme avoir finalement payé lui-même sa caution. « Je ne voulais pas qu’il aille en prison. Je voulais juste qu’il arrête de me menacer et de salir mon nom. » Cette expérience l’a convaincu d’une chose : « C’est même déconseillé de travailler avec ses amis ou ses frères. Le travail a des exigences que l’amitié ne supporte pas toujours. »

« Je donne aujourd’hui ce que je n’ai pas reçu »

L’artiste explique que sa générosité trouve son origine dans son enfance. « Je pense que le manque d’amour que j’ai subi dans mon enfance a créé une magnifique personne en moi. Je donne aujourd’hui ce que je n’ai pas reçu. » Cette philosophie se retrouve dans sa manière de gérer son équipe. « Chez moi, il n’y a pas de « boss ». On m’appelle Grand. Je préfère être un grand frère qu’un patron. » Même après la perte d’une clé de voiture qui lui aurait coûté 350 000 FCFA, il dit avoir refusé de sanctionner son chauffeur. « Je préfère leur apprendre à grandir plutôt que les sanctionner. »

« Je suis le meilleur de ma génération »

Vanister assume pleinement sa confiance en lui. « Je ne suis pas humble quand il s’agit de mon travail. Je pense que je suis le meilleur de ma génération. » Son ambition dépasse les frontières africaines. « Dans dix ans maximum, je serai parmi les dix plus grands artistes du monde. » Pour lui, ce résultat repose avant tout sur l’effort. « Le résultat que vous voyez aujourd’hui, ce n’est pas le talent, c’est le travail. Les génies ne dorment pas. »

Lecture, philosophie et vérité

Arrêté à l’école après le CM2, Vanister raconte avoir bâti seul sa culture grâce aux livres. « Je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Je voulais même apprendre le dictionnaire par cœur. » Il cite Le Dernier Jour d’un Condamné de Victor Hugo parmi ses œuvres marquantes et recommande Machiavel. « J’y ai appris qu’il faut se concentrer sur soi et ne pas vivre pour le regard des autres. » L’artiste revendique également une totale sincérité sur sa vie privée. « Je préfère que ma femme me quitte plutôt qu’elle pense que je suis un ange que je ne suis pas. Aimez-moi pour ma musique, pas forcément pour la personne. »

Le chanteur et auteur-compositeur camerounais Vanister a accordé, le 19 juillet 2026, un entretien où il ose tout dire.

Son frère, Lydol et la société camerounaise

Vanister révèle aussi avoir laissé son propre frère répondre de ses actes devant la justice. « Il était devenu un danger pour la société. C’est mon frère, oui. Mais les personnes à qui il faisait du mal sont aussi les frères des autres. » Interrogé sur les attaques subies par Lydol après le drame impliquant son père, il dénonce une injustice. « Les Camerounais savent très bien qu’elle n’y est pour rien. On accuse une fille pour le péché de son père. C’est grave. » D’après lui, le climat social nourrit une hostilité envers ceux qui réussissent.
« Dès que tu t’en sors, on cherche une occasion de te faire tomber. »

« On peut dénoncer les injustices avec respect »

Souvent qualifié d’« artiste du système », Vanister s’en défend. « Quel artiste avez-vous déjà vu chanter ce genre de choses tout en restant au Cameroun ? » Il revendique une liberté de ton respectueuse. « On peut dénoncer les injustices avec courtoisie. Les revendications ne doivent pas être irrespectueuses. » Il rappelle avoir publiquement évoqué le chômage, les difficultés de la jeunesse, les coupures d’eau, les CNI ou encore les obstacles rencontrés par la diaspora, sans jamais renoncer au respect dû aux institutions.

Vanister livre des confidences sur ses blessures, assume ses ambitions et porte un regard critique sur la société camerounaise dans l’une des prises de parole les plus fortes de sa carrière, fidèle à sa ligne de conduite : dire ce qu’il pense, sans filtre, mais avec les mots qu’il estime justes.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire

Diane Laure MISSEKOU

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