Le créateur de contenu Steven Nath a livré un témoignage particulièrement personnel en réaction aux propos d’un homme qualifiant certaines mères célibataires de « périmées » et leurs enfants de « bâtards ». Loin de se limiter à une réponse sur les réseaux sociaux, il a choisi de raconter une partie de son histoire familiale, notamment les blessures vécues par sa mère et l’influence qu’elles ont eue sur son propre parcours.
Une réaction née d’une histoire familiale
Les propos entendus ont directement fait écho à l’enfance de Steven Nath, qui explique avoir été confronté aux conséquences des blessures vécues par sa mère.
« C’est à cause des hommes comme vous que ma mère me battait. C’est à cause des hommes comme vous que ma mère a failli me tuer. Non pas parce que j’étais impoli, non pas parce que j’étais bandit, mais parce qu’il y a un homme de votre espèce qui a créé des blessures intérieures dans le cœur de ma mère, dans l’âme de ma mère. Non pas que ma mère était une mauvaise femme. Non pas qu’elle a reçu une mauvaise éducation. Elle a été très bien éduquée par son père. Mais c’est à cause des énergumènes comme vous, c’est à cause des hommes comme vous, que ma mère a failli me tuer. »
Pour Steven Nath, les blessures liées aux relations entre adultes peuvent ainsi avoir des répercussions directes sur les enfants.

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« Il n’y a pas d’enfant bâtard » : Steven Nath refuse cette etiquette
Le créateur de contenu s’oppose également à l’utilisation du terme « bâtard » pour désigner les enfants nés hors mariage. Il s’appuie sur son histoire pour expliquer pourquoi il refuse cette conception de la filiation.
« Moi, j’ai un père. Bien que ce ne soit pas lui qui m’a mis au monde, mais celui qui a pris soin de moi. On dit chez nous : l’enfant n’appartient pas au géniteur. L’enfant appartient à la personne qui s’en occupe. Les enfants que vous mettez au monde ne sont pas les vôtres. Les enfants que vous mettez au monde deviennent les vôtres uniquement lorsque vous vous en occupez. Quelqu’un d’autre peut prendre en charge ton enfant. Il devient le père de cet enfant. Il n’y a pas d’enfant bâtard. »
Steven Nath revendique ainsi pleinement le rôle joué par l’homme qui l’a élevé.
« Je suis fier d’avoir été éduqué par un autre homme. Ma mère s’est mariée il y a plus de vingt ans maintenant. Elle sert Dieu avec un homme qu’elle a rencontré à l’université. J’ai des frères, j’ai des sœurs et je suis fier d’être l’enfant de monsieur Mbandon Bolé. C’est lui mon véritable père. »
Des absences qui, selon lui, laissent des traces
Steven Nath dénonce ensuite le comportement de certains pères qui réapparaissent dans la vie de leurs enfants après plusieurs années d’absence, notamment lorsque ces derniers commencent à réussir.
« Et demain, après-demain, lorsque les enfants commencent à réussir leur vie, vous refaites surface comme si de rien n’était pour venir mieux détruire la femme que vous avez abandonnée, la petite fille que vous avez abandonnée avec des enfants que vous dites des bâtards. Vous refaites surface pour commencer à demander : comment est-ce que cet enfant a pu réussir ? Comment est-ce que cette fille en question que j’ai abandonnée, cette femme que j’ai abandonnée, a pu réussir sa vie ? Par où est-ce qu’elle est passée ? Vous êtes des misérables. C’est le cœur d’un bâtard qui s’exprime. »
Il estime que le statut marital d’une femme ne devrait pas servir à la disqualifier socialement.
« Présenter une femme comme étant périmée parce qu’elle est célibataire, sans enfants ou parce qu’elle est célibataire avec des enfants ou parce qu’elle est indépendante, parce qu’elle a plus de trente ans, parce qu’elle a plus de quarante ans. Vous présentez cette femme ou des femmes comme étant périmées. Ce sont des violences verbales. »

« Développe-toi » : le conseil de Steven Nath aux femmes
Au-delà de sa réaction, Steven Nath adresse enfin un conseil aux femmes célibataires et aux mères qui élèvent leurs enfants.
« Écoute-moi bien, je vais terminer par là. Si toi, tu es une mère célibataire et que tu es déjà avec un homme qui prend soin de tes enfants, qui prend soin de toi et du jour au lendemain, le père de tes enfants refait surface et tu vas coucher avec le père de tes enfants, tu es une sorcière. On t’a abandonnée avec des enfants. Écoute-moi bien. Développe-toi. Développe tes compétences. Apprends quelque chose. Cherche à avoir beaucoup d’argent. Sois indépendante financièrement. »
Steven Nath ajoute toutefois sa propre vision du rapport entre indépendance et mariage.
« Si tu veux te marier dans ton indépendance financière, il faut que tu sois caractérisée par ce qu’on appelle la loyauté. Il faut être humble. Les femmes qui sont indépendantes financièrement se marient parce qu’elles sont humbles. Si tu es orgueilleuse parce que tu as de l’argent, tu ne vas jamais te marier. Si et seulement si tu songes à te marier. »
À travers son témoignage, Steven Nath rappelle finalement qu’un enfant ne devrait pas être défini par les circonstances de sa naissance, mais aussi par l’amour, la présence et l’éducation qu’il reçoit. Une prise de parole personnelle qui l’amène à poser une question plus large sur la responsabilité des parents et les traces que leurs choix peuvent laisser dans la vie de leurs enfants.

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Muriel Yanga








