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Paulhan Wetb’es, plus de dix ans entre Rock, Heavy Metal et photographie

Musicien, guitariste de Rock et de Heavy Metal, fondateur du groupe Isabella et technicien audiovisuel, le Camerounais Paulhan Wetb’es a construit son parcours autour de deux univers qui se complètent : le son et l’image. Contacté par notre rédaction le 1er Septembre 2026, il revient sur ses débuts, les difficultés rencontrées pour imposer le Rock au Cameroun, mais aussi sur son évolution dans la photographie de concert.

Le Rock comme langage personnel

Paulhan Wetb’es explique que son choix musical n’a jamais été motivé par une volonté de suivre une tendance. Le Rock s’est plutôt imposé à lui comme une manière d’exprimer ce qu’il ressent.
« Je n’ai pas choisi spécifiquement le Rock je dirais plutôt que j’ai trouvé en moi le meilleur langage pour extérioriser mes émotions, c’était comme un appel et j’y ai répondu. J’ai été influencé par l’une de mes grandes sœurs qui écoutait du Evanescence, Kyo, Avril Lavigne, Linkin Park. Elle en avait des posters dans sa chambre. »

Cette influence familiale va progressivement laisser place à une véritable identité artistique. S’il reste aujourd’hui profondément attaché au Rock et au Heavy Metal, c’est aussi parce qu’il estime avoir encore beaucoup à explorer dans cet univers.
« Si jusqu’ aujourd’hui je demeure un gros fan de Rock et que ça reste mon genre principal c’est tout simplement parce que je m’exprime de mieux en mieux dans ce jargon et que les défis à relever sont immenses afin de populariser ce genre au Cameroun ou en Afrique. »

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De Dreamfast à Isabella, un parcours construit dans la persévérance

L’histoire musicale de Paulhan Wetb’es ne commence toutefois pas avec Isabella. En 2012, il fonde Dreamfast, son premier projet, avant de poursuivre l’aventure avec Isabella, actif depuis 2016 et avec lequel il compte notamment un EP intitulé Incript.
« Isabella est en réalité mon second projet. Le tout premier c’était Dreamfast fondé en 2012. J’ai de ce fait environ 14 ans d’expérience de la scène. »

Faire du Rock au Cameroun n’a cependant pas toujours été évident. Le musicien se souvient notamment des difficultés à trouver des espaces capables d’accueillir ce genre musical.
« Il était particulièrement difficile de me présenter dans un cabaret avec mon groupe et dire qu’on va faire du Rock. Les festivals locaux n’ont pas de place pour nous, sauf depuis quelques années où avec la persévérance, l’abnégation et les réseaux sociaux, nous nous démarquons et nous faisons remarquer. »

Depuis le début, Isabella avance par ailleurs en autoproduction, avec les contraintes financières que cela implique.
« Aussi nous sommes en autoproduction depuis le début, personne ne veut mettre son argent dans une musique que presque personne n’écoute. »

Isabella veut donner une couleur camerounaise au Metal

Avec les années, le fonctionnement du groupe a également évolué. Les membres ont aujourd’hui davantage de responsabilités et disposent de moins de temps pour se retrouver en répétition. Le travail se poursuit néanmoins à distance.
« Aujourd’hui nous avons pris de l’âge et les responsabilités avec. Nous avons moins le temps de travailler comme avant mais avec nos téléphones, nous avons un groupe WhatsApp où chacun balance des idées, des partitions, on écoute, on planifie quelques séances de travail et voilà. »

Cette nouvelle étape s’accompagne également d’une volonté d’intégrer davantage de sonorités camerounaises dans leur musique.
« Nous essayons également davantage de mêler des couleurs de musique locale dans notre style. Du Bikutsi au Mangambeu en passant par l’Assiko. »

Le groupe a d’ailleurs donné un nom à cette orientation musicale : « Ethnic Progressive Metal ». Une manière pour Paulhan Wetb’es et ses partenaires de chercher une identité qui associe leur passion pour le Metal aux sonorités de leur environnement culturel.

De musicien à photographe de concert

Depuis trois ans et neuf mois, Paulhan Wetb’es développe également une activité dans l’audiovisuel. Photographe, vidéaste, cadreur, réalisateur et monteur, il s’est particulièrement orienté vers la photographie de concert.
« Dans ce domaine je me vends surtout en tant que Photographe de Concert. En tant que musicien il était assez logique que je m’oriente vers cette spécialisation. »

Son expérience de musicien influence également sa manière d’aborder la photographie de concert.
« L’image et le son, sont deux entités très complémentaires. Lorsque je shoote un évènement je suis très sensible aux sons, aux instruments, au tempo, je m’imagine comme un membre du groupe. Lorsque je suis sur scène avec Isabella, je donne le meilleur au public, mais aussi aux photographes. Je veux avoir de très belles photos et je sais comme me positionner, interagir avec les photographes qui sont là, j’ai beaucoup d’énergie sur scène c’est l’un de mes points forts. »

Mais là encore, les réalités économiques restent présentes. Après avoir commencé avec un smartphone et bénéficié progressivement de la confiance de professionnels et du soutien de sa famille, le photographe estime que la valeur de son travail reste parfois sous-estimée.
« Je rencontre des difficultés dans le sens où les gens ne perçoivent pas la valeur d’une photo. Donc souvent les rémunérations proposées sont dégradantes si je puis le dire ainsi, et le matériel coûte aussi très cher. Vraiment très très cher. »

« Je n’abandonne jamais mes objectifs »

Dans la musique comme dans la photographie, Paulhan Wetb’es dit finalement s’appuyer sur une même force : la persévérance. Les obstacles ne semblent pas avoir diminué sa détermination.
« Je suis un Capricorne alors la persévérance est ma principale qualité. Je n’abandonne jamais mes objectifs, je suis amplement conscient de ce que je vaux et de ce que je peux réaliser même si parfois je me surprends. Je tombe souvent, je pleure à chaudes larmes lorsqu’il faut mais je sais également me relever et à chaque fois, je découvre une nouvelle aptitude qui me motive davantage à persévérer. »

Son parcours reste guidé par une curiosité permanente et une volonté de mesurer jusqu’où son potentiel peut le conduire.
« J’ai toujours hâte de savoir jusqu’où je peux aller, je creuse encore dans les méandres de moi-même pour découvrir l’entièreté de mon potentiel. Aujourd’hui je pense que la mort seule saura m’arrêter. La mort même est un nouveau commencement. »

Pour Paulhan Wetb’es, la musique et l’image ne sont donc pas deux chemins distincts, mais deux façons de donner une forme à sa créativité. Après plus d’une décennie de scène, il continue ainsi d’explorer ses possibilités, avec la même volonté de ne pas renoncer à ce qui l’anime.

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Muriel Yanga

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