Longtemps identifié comme le fils de Fally Ipupa, Sins trace aujourd’hui sa propre route dans l’univers musical africain. Auteur-compositeur, interprète et beatmaker originaire de la République démocratique du Congo, Marco Sins Ipupa s’impose progressivement comme l’un des nouveaux visages du rap afro congolais. Ce 09 mai 2026, il a donné de sa voix pour conter une vision propre à lui.
Entre football, rap et résilience : le parcours d’un artiste en construction
Récompensé en 2025 lors des Congo Awards à Kinshasa avec le trophée du Meilleur rappeur urbain, l’artiste séduit une génération portée par des titres comme « Fake« , « Célébré » ou encore « Si elle pleure« . Pourtant, avant la musique, Sins nourrissait un autre rêve : le football. Passé par le RFC Seraing en Belgique, il voyait sa carrière sportive prendre forme avant qu’une blessure au genou ne vienne bouleverser ses plans. « J’avais vraiment deux rêves quand j’étais petit : la musique et le football. Je regrette rien. J’ai dû subir les choses, les accepter et continuer. Faut être résilient dans la vie. »

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Sortir de l’ombre d’un héritage prestigieux
Être le fils de l’une des plus grandes stars africaines pourrait représenter un poids. Pourtant, Sins assure ne pas vivre sa carrière sous la pression de cet héritage.
« En vrai non. C’est avant tout une passion. Je fais ce que je kiffe. On ne se met pas la pression par rapport à ça. Tout est fluide. »
Une philosophie qui lui permet de construire son identité artistique sans chercher à copier celle de son père. Son univers musical puise autant dans le hip-hop que dans les sonorités africaines qui ont bercé son enfance. « J’ai beaucoup écouté du rap, du hip-hop, de l’afrobeats, mais aussi Papa Wemba et mon vieux. Aujourd’hui, ce qu’on sort est un mélange de tout ça. »
L’« Afro Kuluna », sa signature musicale
Sins définit son style comme de « l’Afro Kuluna », une fusion entre les codes du rap urbain et les rythmes afro. Selon lui, cette identité sonore s’est véritablement affirmée avec le succès de Baden Bougie.
« On s’est dit qu’on tenait quelque chose. Il fallait rester dans ce mélange entre le hip-hop et l’afro pour proposer quelque chose de plus percutant. » Une formule qu’il continue d’explorer à travers ses différentes productions et qui lui permet de se démarquer sur une scène musicale de plus en plus concurrentielle.

“Sins” : un EP qui célèbre la diversité congolaise
Avec son EP éponyme « Sins« , l’artiste franchit une nouvelle étape de sa carrière. Pour ce projet, il a choisi de s’entourer de trois artistes aux univers différents : Gaz Mawete, Guy2Bezbar et Zara Williams.
Un choix loin d’être anodin. « Je me considère comme un artiste congolais à 100 %. C’était important de ramener trois Congolais totalement différents pour montrer qu’on est tous Congolais malgré nos différences. » À travers ces collaborations, Sins met en lumière la richesse culturelle et musicale du Congo, bien au-delà des frontières et des genres artistiques.
Une génération qui veut changer le regard sur l’Afrique
Invité à réagir sur les critiques visant le clip « Dai Dai » de Shakira et Burna Boy, accusé de véhiculer une image stéréotypée de l’Afrique, Sins n’a pas caché son ressenti. « C’est un peu cliché. On essaie toujours de représenter l’Afrique comme un village. Ils sont encore bloqués sur cette vision-là. Pourtant l’Afrique a évolué depuis longtemps. » Pour le jeune rappeur, sa génération a aussi pour mission de raconter une autre Afrique : moderne, créative et tournée vers l’avenir.

Des rêves, mais sans brûler les étapes
Après avoir goûté à l’ambiance du Stade de France aux côtés de son père, Sins nourrit naturellement de grandes ambitions. Mais il refuse de précipiter les choses. « Un rêve avec des actions et un plan devient un objectif. Mais il ne faut pas griller les étapes. D’abord, on veut marquer les gens chez nous, imposer le respect et ensuite rêver plus grand. »
Une vision lucide qui résume bien l’état d’esprit d’un artiste déterminé à bâtir sa carrière sur ses propres fondations. Avec son EP Sins, sa signature « Afro Kuluna » et une identité artistique de plus en plus affirmée, le jeune Congolais démontre qu’il est bien plus qu’un héritier : une voix montante du rap afro prête à écrire sa propre histoire.

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Diane Laure MISSEKOU








