Acteur et scénariste camerounais, Mbouombouo Njoya Seidou s’est livré à cœur ouvert à la rédaction de Laura Dave Média le 16 septembre 2026. De Foumban à la Russie, son parcours l’a progressivement conduit vers l’écriture, la réalisation et une ambition : participer au développement du cinéma camerounais.
Une passion née à Foumban
Né le 27 octobre 1996 à Foumban, Seidou Njoya développe très tôt un intérêt pour les histoires et les personnages. En 2014, il fait ses premiers pas dans le cinéma comme acteur. « Le véritable déclic, c’est probablement cette sensation que j’avais de vouloir raconter des histoires et de donner vie à des personnages », explique-t-il.
Après ses débuts, il intègre l’Université des Beaux-Arts de Foumban pour étudier les Arts du spectacle. Son parcours le conduit ensuite en Fédération de Russie, à l’Université agraire de Saratov. Une expérience qui, bien qu’éloignée du cinéma, enrichit sa construction personnelle avant son retour au Cameroun.
De l’interprétation à l’écriture
Avec le temps, l’acteur commence à s’intéresser à ce qui se cache derrière les scènes qu’il interprète. « Je suis donc passé du simple plaisir de jouer à une volonté de comprendre la mécanique d’une histoire », raconte-t-il.
Cette curiosité l’amène vers l’écriture scénaristique puis la réalisation. Deux univers qui, selon lui, se complètent avec son expérience d’acteur. « Mon expérience d’acteur me permet d’écrire en pensant à la réalité de l’interprétation », souligne-t-il. L’écriture lui permet également, lorsqu’il joue, de mieux comprendre la fonction d’une scène et la trajectoire du personnage.

Créer avec peu de moyens
Le manque de ressources constitue l’une des difficultés majeures rencontrées à ses débuts. Seidou Njoya explique avoir parfois dû cumuler plusieurs fonctions pour donner vie à ses projets. Son court métrage « Tracas », réalisé en 2023, en est une illustration. Il en assure notamment la réalisation et le montage dans un contexte de moyens limités.
Mais cette réalité lui a surtout appris à ne pas attendre les conditions parfaites. « Il ne faut pas attendre d’avoir tout pour commencer », affirme-t-il. Pour lui, lorsque les moyens manquent, le créateur doit apprendre à raconter avec ce qu’il possède, tout en continuant à se former et à progresser.
Des histoires camerounaises qui peuvent voyager
Dans ses œuvres, Seidou Njoya veut mettre en avant les relations humaines, la famille, l’ambition, l’identité ou encore les rapports de pouvoir. « Je veux que derrière une œuvre, le spectateur puisse reconnaître une réalité, une émotion, un conflit ou une question qui pourrait également exister dans sa propre vie », confie-t-il.
Son ambition est de raconter des histoires ancrées dans les réalités camerounaises et africaines sans pour autant les enfermer dans un seul registre. Il cite notamment « Le rêve d’Annie », une série qu’il développe dans un registre plus léger et humoristique.
« Notre identité peut devenir notre force »
Sur l’avenir du cinéma camerounais, l’acteur estime que le pays dispose d’un potentiel important grâce à ses talents et à sa diversité culturelle. Mais plusieurs défis restent à relever, notamment le financement, la formation, la distribution et la structuration de l’industrie. « Nous avons des acteurs talentueux, des auteurs, des réalisateurs, des techniciens et surtout une matière première extraordinaire : nos histoires et notre diversité culturelle », affirme-t-il.
Pour lui, l’internationalisation du cinéma camerounais ne passe pas nécessairement par l’imitation des modèles étrangers. « Je ne pense pas que nous ayons besoin de devenir quelqu’un d’autre pour être visibles à l’international. Au contraire, je pense que notre identité peut devenir notre force. »

Des ambitions pour laisser une empreinte
Seidou Njoya nourrit plusieurs projets, notamment « Le rêve d’Annie« , des courts métrages et un projet de reboot de Chelsea. À plus long terme, il ambitionne de développer des œuvres plus importantes et de mettre sur pied une structure de production consacrée à des histoires ancrées dans l’identité camerounaise, particulièrement son héritage Bamoun.
Son objectif ne se limite toutefois pas à la reconnaissance personnelle. « Je ne cherche pas simplement à ce que l’on se souvienne de mon nom », confie-t-il. « J’aimerais surtout que l’on puisse dire un jour que Njoya Seidou a contribué, à son niveau, à faire évoluer la manière dont nous racontons nos histoires. »
Aux jeunes qui souhaitent se lancer dans le septième art, son conseil tient en quelques mots : « Cherchez d’abord à devenir bons dans ce que vous faites. »
Acteur, scénariste et réalisateur en construction, Seidou Njoya poursuit son chemin avec une conviction : le cinéma camerounais a des histoires à raconter. Et lui entend participer à leur écriture.









