L’illustre chanteur malien Salif Keïta a annulé ses concerts en Afrique du Sud pour dénoncer les violences xénophobes. Une décision forte, symbolique, qui s’inscrit dans un mouvement de protestation contre l’intolérance et les discriminations croissantes dans ce pays autrefois symbole d’unité africaine.
Salif Keïta dit NON à la xénophobie et annule ses concerts en Afrique du sud
Salif Keïta, légende vivante de la musique africaine, a pris une décision radicale : annuler ses concerts en Afrique du Sud. Dans un message poignant, il explique que la situation actuelle l’a forcé à prendre une décision douloureuse.
« La situation en Afrique du Sud me force à prendre une décision douloureuse : j’annule mes spectacles commerciaux prévus en Afrique du Sud. »
Les violences xénophobes, qui ciblent les migrants africains, rappellent selon lui les heures sombres de l’apartheid.
« Je ne peux pas ignorer les rapports sur les violences xénophobes contre nos frères et sœurs africains. Ces actes sont une trahison des valeurs panafricaines et une atteinte intolérable à la dignité humaine. »
Pour Salif Keïta, cette décision n’est pas un rejet du peuple sud-africain, mais une condamnation ferme d’un système qui perpétue la division.
« Je ferme la porte sur la haine, pas sur les gens » précise-t-il, réaffirmant son attachement à un pays qu’il a toujours considéré comme un frère.

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Une situation critique en Afrique du Sud
Le lundi 24 août 2026, la Miss Univers Nigeria 2024, Chidimma Adetshina, a été agressée en sortant d’un tribunal à Johannesburg, victime des tensions xénophobes. Cet incident s’ajoute à une série d’attaques contre des artistes africains. En représailles à ces attaques contre les ressortissants africains en Afrique du sud, plusieurs pays dont le Nigeria et le Zimbabwe, ont boycotté les artistes sud-africains. C’était notamment le cas de la chanteuse sud-africaine Tyla, qui a été obligée de retirer le Nigeria de sa tournée de fin juillet 2026 après des appels au boycott.
Ces violences ont déjà poussé plus de 160 000 personnes à quitter l’Afrique du Sud depuis mai 2026. Face à l’ampleur de cette crise, le ministre de la Justice, Mmamoloko Kubayi, a reconnu que ces annulations affectent gravement l’image du pays.
« Ce sont nos artistes qui sont concernés. La majorité des artistes sud-africains se produisent sur le continent, et beaucoup voient leurs concerts annulés. Cela représente un manque à gagner pour l’Afrique du Sud. L’image de marque s’en trouve donc affectée. »
Salif Keïta, un combat pour une Afrique unifiée
Né en 1949 à Djoliba au Mali, Salif Keïta, surnommé le “Rossignol du Mandingue”, est bien plus qu’un artiste, c’est un symbole de résistance et d’unité. Albinos dans une société où cette condition était souvent stigmatisée, il a su transcender les préjugés pour devenir une figure majeure de la musique mondiale. Son engagement pour une Afrique unifiée est au cœur de sa vie et de son œuvre. Il rappelle avec émotion : « L’Afrique du Sud, depuis plus de 50 ans, n’a pas seulement été un endroit que je visite. C’est qui je suis. ».
Son combat ne se limite pas à la scène, il milite également pour la paix, la justice sociale et la fraternité entre les peuples. À travers cette annulation, il envoie un message clair.
« Moi, j’ai toujours accueilli l’Afrique du Sud comme un frère, pas seulement comme un artiste. »
Pour Salif, l’Afrique doit rester unie contre toute forme de division.
La décision de Salif Keïta d’annuler ses concerts en Afrique du Sud est un acte fort. Elle rappelle que les artistes ont un rôle à jouer dans la défense des droits humains et de la justice sociale. Car la musique, tout comme l’Afrique, doit rester un vecteur de paix, de respect et de fraternité.

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Eddy Senga








