Béatrice Doudou, créatrice de contenu, entrepreneure et écrivaine camerounaise, a pris la parole sur ses réseaux sociaux le 23 août 2026 pour réagir à des contenus publiés par certains ressortissants ivoiriens au sujet du Cameroun. Dans sa sortie, elle affirme avoir décidé de briser le silence après avoir constaté, selon elle, une répétition de contenus présentant une image négative du pays. Si elle précise ne pas viser l’ensemble des Ivoiriens, elle dénonce une « animosité » qu’elle juge excessive et appelle à davantage de culture, de recul et de respect entre peuples africains.
Une troisième occurrence qui fait sortir Béatrice Doudou de son silence
Béatrice Doudou explique qu’elle n’avait initialement pas l’intention de répondre à cette affaire, considérant que les premières provocations pouvaient être ignorées. Mais la répétition des faits l’aurait poussée à réagir.
« En réalité, je ne voulais pas faire de vidéo là-dessus. Pourquoi ? Parce que, réellement, je trouvais que ça n’en valait pas la peine. Voilà, vous savez, les animosités, ça ne fait pas partie de notre quotidien, ça ne fait pas partie de notre comportement. »
Elle poursuit :
« Mais quand c’est une seule fois, on peut laisser, deux fois, on peut laisser, mais la troisième fois, on se dit, ah là, c’est un acharnement. Et ne prenez pas ça pour de la faiblesse, voilà. J’ai tenu à faire cette vidéo. »
La créatrice de contenu explique ensuite avoir voulu montrer les éléments à l’origine de sa réaction, tout en affirmant vouloir éviter de déformer la situation.
« Je vais vous montrer d’abord cette vidéo, parce que ce sont des Ivoiriens, donc je n’ai pas envie d’en biaiser cela, parce qu’on a décidé de ne plus rigoler. »
Selon elle, cette décision intervient également dans un contexte où les échanges entre internautes camerounais et ivoiriens sont devenus plus sensibles.
« Parce qu’on s’est rendu compte que les gens sont trop émotifs, nous, nous sommes des gens très fair-play, et généralement, c’est nous qu’on provoque. Et lorsque nous, on répond, comme vous savez, notre langue, elle est très tranchante. Lorsqu’on répond, ça devient des problèmes. »

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« Ma réalité, c’est du dénigrement »
Béatrice Doudou affirme avoir observé plusieurs contenus qu’elle juge hostiles au Cameroun. Elle évoque notamment trois personnes dont les publications auraient, selon elle, la même tendance.
« Ce n’est pas la première fois, j’en avais vu d’ailleurs, il y avait un jeune, depuis qu’on a fait Visa Free, certains Ivoiriens, viennent au Cameroun, pas dans le but de visiter le Cameroun, mais non. »
Elle poursuit en évoquant ce qu’elle perçoit comme une volonté de dévaloriser le pays.
« Je ne sais pas, ils ont eu frustration, ils ont un réel complexe. Qui va s’en dire ? Je crois que c’est une maladie d’ailleurs, mais je ne sais pas, réellement, c’est dû à quoi ? »
Puis elle revient sur les différentes personnes dont elle dit avoir suivi les contenus :
« Je vais vous mettre cette vidéo, pour que vous voyez cet individu, je vous dis là, que pour moi, c’est la troisième personne que je vois, depuis qu’on a fait les Visa Free. »
Selon elle, le premier créateur qu’elle cite aurait principalement montré les aspects négatifs du pays.
« Il y a une personne qui est d’abord venue, où j’ai vu, où son optique était réellement de dénigrer le Cameroun. Donc quand il arrive, il passe le temps à montrer tout ce qui est pire du Cameroun, en disant aux autres que ce n’est pas un pays à visiter. »
Elle affirme qu’un deuxième cas aurait suivi la même logique :
« Le deuxième est venu, il a fait la même chose, où il disait d’ailleurs, il incitait les gens à ne pas venir visiter le Cameroun. »
Face à ces contenus, Béatrice Doudou estime qu’il ne s’agit plus simplement d’une critique.
« D’aucuns disent que… Ah non, c’est parce qu’il veut dénoncer ! Laissez-moi rire ! C’est du sarcasme ? Ou bien c’est délironné ? Il veut dénoncer quoi ? »

« Cette animosité, nous ne la partageons pas »
La créatrice de contenu explique avoir elle-même envisagé de répondre en montrant des images négatives de la Côte d’Ivoire. Elle dit finalement avoir renoncé à cette démarche pour ne pas alimenter une confrontation entre les deux peuples.
« Je voulais aller chercher des vidéos, pas d’une autre ville. Bien qu’il n’y ait qu’Abidjan qui est développé, ce n’est même pas pour aller chercher pour Yopougan, ou je ne sais pas trop, non. C’était dans le même Abidjan que je voulais prendre des vidéos pour vous montrer. »
Elle explique ensuite pourquoi elle n’est pas passée à l’action :
« Mais après je me suis dit, ça ne bénéficie pas à l’Afrique. Vous comprenez ? Cette animosité, nous ne la partageons pas. Nous n’avons pas ce comportement, nous sommes des gens civilisés. »
Béatrice Doudou insiste néanmoins sur le fait qu’elle ne généralise pas son propos :
« Je ne parle pas là de tous les Ivoiriens, je parle de certains Ivoiriens. Et qui laissent croire qu’en réalité c’est le comportement de la majorité des Ivoiriens. »
Elle décrit ensuite le Cameroun comme un pays particulièrement tolérant.
« En réalité, nous sommes pacifiques. Franchement, nous sommes hospitaliers. »
Puis elle poursuit :
« Ce n’est pas parce que je suis Camerounaise que je vais dire que le Cameroun, c’est réellement un pays hospitalier. Non, c’est réellement, demandez. C’est le seul pays où vous pouvez venir, vous parler de ce pays et vous vivez. »
Pour elle, cette tolérance peut toutefois devenir excessive.
« Parce que le Cameroun, c’est un pays qu’ils savent, nous sommes tellement tolérants, nous sommes pacifiques, c’est d’ailleurs ce que nous reprochons et nous décrions d’ailleurs, c’est trop de tolérance. »
« Le Camerounais, c’est un continent »
Béatrice Doudou défend ensuite la diversité du Cameroun et ses ressources. Elle estime que le pays ne peut être résumé aux seules images négatives diffusées sur les réseaux sociaux.
« Je dis, ce n’est pas parce que je suis Camerounaise. Ce n’est pas parce que je suis continentale. Le mot, le Camerounais, c’est un continent. »
Elle développe :
« Ce n’est pas anodin. On ne se lève pas un bon matin. On est un pays béni de par ses richesses, ses ressources naturelles. »
Elle met également en avant les ressources alimentaires et culturelles du pays :
« On est un pays béni. Rien qu’en aliments, il n’y a pas un pays qui nous atteints. Nous avons tout type. Si c’est pour ça. Richesse, matière première, nous en avons. »
La créatrice de contenu insiste également sur la diversité culturelle camerounaise :
« Une culture diversifiée. Nous avons plus de 300 ethnies, 300 langues que nous parlons. 300 ethnies. Ce n’est pas donné à qui que ce soit. Et malgré ça, je dis, on est béni. »
Elle poursuit en évoquant l’intelligence et les qualités humaines qu’elle associe au peuple camerounais :
« Dieu nous a bénis naturellement. De par même son peuple, un peuple intellectuel, un peuple intelligent, un peuple smart. »
« Nous aimons nous comparer à nous »
Dans la dernière partie de sa sortie, Béatrice Doudou explique que les Camerounais ne devraient pas chercher à entrer dans une compétition permanente avec les autres pays africains.
« Nous n’aimons pas nous comparer aux gens. Nous aimons nous comparer à nous. On veut être meilleur que ce qu’on était hier. »
Elle estime que cette attitude peut expliquer certaines incompréhensions.
« C’est ça notre problème. Et vous, ça vous gêne. Le fait que nous ne soyons pas là pour nous comparer à qui que ce soit, ça vous gêne. »
Elle poursuit en appelant ses interlocuteurs à davantage de recul :
« Commencez à vous éduquer. Arrêtez de l’animosité. Commencez à vous civiliser. Et puis, on en reparlera. »
Béatrice Doudou revient également sur la question des infrastructures et affirme que les comparaisons entre pays doivent être faites à partir de données et d’une connaissance réelle du terrain.
« Il faut que vous regardez un peu. On dit que le Cameroun compte environ 10.575 kilomètres de routes bitumées. Tandis que la côte d’Ivoire dispose d’environ 8.100 kilomètres. »
Elle conclut sa prise de parole par une dernière mise en garde à ceux qu’elle accuse de parler du Cameroun sans suffisamment le connaître :
« Donc avant de l’ouvrir, avant de vous arrêter et parler du Cameroun, rassurez-vous que vous êtes cultivés au minimum. Parce que nous ne causons pas avec des gens comme vous. Apprenez à vous cultiver avant de l’ouvrir. »

Une sortie particulièrement ferme, qui relance ainsi le débat sur les rivalités entre communautés africaines sur les réseaux sociaux, mais aussi sur la frontière entre critique, dénonciation et dénigrement d’un pays.
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Muriel Yanga










