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Le réalisateur camerounais Héritier No kakos se confie sur la création de contenus au smartphone et ses désaccords avec certains artistes

Le réalisateur et créateur de concepts web camerounais Héritier No kakos s’est livré, le 22 août 2026, sur son parcours professionnel, son approche de la création de contenus et les réalités économiques de son métier. De ses débuts dans le multimédia à la vulgarisation du tournage au smartphone, celui qui a accompagné plusieurs artistes et créateurs revient sur les vidéos qui ont marqué sa carrière, les contrats qui ont jalonné son parcours, mais aussi sur certains désaccords avec d’anciens collaborateurs.

Du multimédia à la réalisation, le choix d’un métier guidé par la passion

Héritier No kakos commence sa formation dans le multimédia. Mais très vite, le montage vidéo et la réalisation deviennent ses principales motivations.
« Au départ, j’ai fait la formation en multimédia, là où j’ai appris la réalisation, la conception des sites web et l’infographie. Mais mon sang collait avec la réalisation. En général, quand je partais à l’école, je n’assistais pas à tous les cours. Il y avait uniquement le montage vidéo qui m’intéressait. »
Son ambition initiale était pourtant de construire sa propre équipe.
« Au début, je n’avais pas prévu travailler pour des personnes. J’avais prévu faire grandir mon équipe comme mon modèle Shin Bryon du Gabon. Au début, ça, c’était mon but : monter une équipe que je contrôle, que je gère même en termes de production et tout. Mais gérer les équipes, ce n’est pas facile. »
Après quelques expériences, il s’oriente finalement vers la réalisation et la conception de concepts pour différents créateurs.

Le réalisateur camerounais Héritier No kakos se confie sur la création de contenus au smartphone et ses désaccords avec certains artistes

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« C’est moi qui vulgarise la chose », le smartphone comme outil de création

L’un des défis majeurs de No kakos a été de convaincre les créateurs de contenu que le smartphone pouvait devenir un véritable outil de production.
« Je pense que la plus grosse difficulté, c’était de convaincre les créateurs de contenu à accepter le téléphone. Au départ, quand tu écris à une personne : “Je vais travailler avec toi, je suis prêt à te développer un concept, des scénarios et tout”, elle dit : “Ah, tu vas réaliser avec quoi ?” Tu dis : “Avec le téléphone.” Les gars n’acceptaient pas encore le téléphone à l’époque. Pour eux, pour être grand créateur de contenu, il fallait absolument la caméra. »
Le réalisateur revendique surtout avoir contribué à populariser cette méthode au Cameroun.
« C’est moi qui vulgarise la chose. Ça veut dire genre c’est moi qui crée des concepts qui ont marché dans le domaine web, qui ont vraiment marché, ça veut dire aligner des concepts avec les différents artistes, avec le téléphone. »
Il tient toutefois à préciser :
« Amener le téléphone, c’est pas moi. Je peux pas dire que c’est moi qui ai amené parce qu’avant les gens filmaient avec les téléphones. »
Pour lui, une vidéo réussie repose ensuite sur plusieurs éléments techniques.
« Pour moi, une bonne vidéo, c’est le cadrage déjà, la belle image. Si tu veux réaliser avec le téléphone, je te conseille d’avoir un bon téléphone . Il te faut avoir les bons cadrages, les bons plans. Après maintenant, il y a aussi le montage, il y a l’animation avec les effets en fond. Faut savoir jouer avec ça. Parce que parfois l’acteur n’est pas trop comique que ça, mais juste le fait que tu ajoutes l’effet, ça rend la chose comique. »

De 4 à 60 millions de vues, les vidéos qui ont marqué sa carrière

La collaboration avec le regretté mémoire Cabrel Nanjip constitue un tournant important dans son parcours.
« Je vais dire ça avec Cabrel parce que c’est après cette vidéo que les gens ont commencé à croire au téléphone, à croire qu’on pouvait faire des millions de vues avec le téléphone. C’est lui qui m’a donné la chance d’entrer dans le domaine. »
Il se souvient des performances de leurs premiers contenus.
« Au départ, il n’avait réalisé aucune vidéo qui avait marché. Il faisait des vidéos 20 000 vues, 30 000 vues à l’époque. »
Puis arrive la première réalisation qui change la donne.
« La toute première vidéo, c’était avec un défaut et Cabrel Nanjip sur le concombre. Ça a fait 4 millions de vues. »
Une autre collaboration va ensuite dépasser largement ce score.
« Après j’ai rencontré Le Vieux Passager, son manager, et on a fait une première vidéo qui a fait 60 millions de vues. »
No kakos précise :
« La vidéo-là avait fait 2 millions de vues en deux heures de temps. »

Le réalisateur et créateur de concepts web camerounais Héritier No kakos s’est livré, le 22 août 2026, sur son parcours

« Le travail d’un réalisateur, c’est d’inventer une idée »

Derrière chaque vidéo, le réalisateur considère que son travail commence avant même le tournage.
« Le travail d’un réalisateur, d’un créateur de concept web, c’est d’inventer une idée. Il doit savoir les limites de son artiste, ce que son artiste peut faire, qui peut distraire les gens. Tu vois, il cherche à inventer l’idée et après il transforme l’idée en vidéo. »
Il distingue ainsi les deux fonctions :
« Ça c’est pour le créateur de concept. Après transformer en vidéo, c’est au travail d’un réalisateur. »
Cette activité possède également une dimension économique. Les tarifs peuvent varier selon les statistiques du créateur, le territoire ciblé et le travail demandé.
« Si c’est une entreprise en Côte d’Ivoire, je regarde si mon artiste touche plus la Côte d’Ivoire. Je vois qu’on doit augmenter le prix. Maintenant ça dépend aussi du travail que tu nous demandes de faire. Un post n’est pas le même prix avec une vidéo. »
Parmi les contrats évoqués, celui avec MK Michèle figure parmi les plus importants.
« Avec MK Michèle, je crois que c’était mon plus gros contrat. »
Puis il précise :
« C’était un contrat de trois mois. Trois millions. »

Tik Dengue et la question de la reconnaissance

Héritier No kakos revient également sur sa rupture professionnelle avec Tik Dengue, qu’il associe notamment à une question de respect et de reconnaissance.
« Je pense qu’en tant qu’une grande personne, parce qu’il se dit grand. Pour moi il n’est pas grand en âge ou bien en tout. Je suis son grand frère d’abord en âge et maintenant en tout. »
Le réalisateur revendique également son implication dans la conception d’un concept devenu particulièrement viral.
« Moi je dis toujours : c’est pas moi qui l’ai rendu star, mais c’est moi qui ai créé son concept le plus viral. C’est bien de dire la vérité. »
Pour Héritier, la rupture serait surtout liée au respect.
« C’était le respect. Il me respectait plus. »
Il ajoute :
« Tik Dengue jouait avec moi selon ses humeurs et je peux pas être là, consciemment, je sais que je rapporte au moins 70 % à ta carrière, tu joues avec moi selon tes humeurs et tout. »

Discipline et prudence, son avertissement aux jeunes créateurs

Malgré les contrats et les millions de vues, No kakos refuse de présenter son secteur comme une voie facile.
« Moi j’ai eu 3 millions peut-être parce qu’il y a eu beaucoup d’étapes. Mais c’est pas seulement 3 millions que j’ai gagné pendant toute la période de réalisation. Si il faut voir, j’ai gagné peut-être même 20 millions et plus. »
Mais selon lui, la réussite repose surtout sur la discipline.
« C’est aussi un monde là où pour réellement grandir, il faut beaucoup de discipline. Parce que c’est un monde où on se gare beaucoup. »
Il reste donc prudent lorsqu’il s’agit de conseiller aux jeunes de suivre exactement son parcours.
« C’est pour ça que moi je peux pas conseiller un jeune. »
Et de conclure :
« Si je devais conseiller un jeune, je devais être celui qui continue dans ça. Mais si je conseille un jeune et que moi j’ai laissé, c’est comme si je l’orientais dans le mauvais chemin. Moi je préfère dire la vérité. »

Derrière les millions de vues et les collaborations avec des figures populaires, Héritier No kakos rappelle ainsi que la création de contenu reste un métier exigeant, où la discipline, la maîtrise technique et la capacité à durer demeurent essentielles.

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Muriel Yanga

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