La question de la place accordée aux pères dans la famille camerounaise continue de susciter des réactions. À l’origine de cette réflexion, une prise de parole de l’entrepreneure camerounaise Precott Mougang alias « La mère des émincés », qui déplore une tendance à davantage célébrer et valoriser les mères, tandis que les pères seraient souvent relégués au second plan. Une sortie qui a poussé la rédaction de Laura Dave Media, ce 11 août 2026, à recueillir les avis de plusieurs figures publiques camerounaises sur cette question. Celles-là même qui vivent les réalités de notre société.

« L’implication et l’importance des pères sont tout aussi essentielles »
Pour Tchapda Daniel, ingénieur Risk Management, la reconnaissance du rôle paternel ne devrait pas être opposée à celle accordée aux mères. Il estime que la contribution des pères à l’éducation mérite davantage de considération. « Je suis tout à fait d’accord avec ce point de vue, qui souligne la nécessité de revaloriser le rôle des pères dans l’éducation des enfants. Nous avons souvent tendance à mettre davantage en avant l’importance des mères, notamment en raison de leur rôle traditionnel auprès des enfants. Pourtant, l’implication et l’importance des pères dans l’éducation sont tout aussi essentielles et méritent d’être davantage reconnues et valorisées. »

Une position qui ouvre la réflexion sur les responsabilités complémentaires des deux figures parentales.
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« L’un est aussi important que l’autre »
Aurélien Badjel, artiste musicien et jeune entrepreneur, va dans le même sens, tout en rappelant pourquoi la maternité occupe souvent une place particulièrement visible dans les discours. « La maternité renferme une dimension de sacrifice assez visible, par exemple la grossesse, l’accouchement, les soins quotidiens, la présence auprès des enfants et j’en passe. Par contre, le rôle du père est beaucoup plus dans l’ombre, bien qu’aussi important que celui de la mère : protection, responsabilité, instruction, direction et prise en charge. » Pour lui, l’absence d’une figure paternelle peut également avoir des répercussions sur l’éducation, l’équilibre affectif et la prise en charge matérielle des enfants. Il rappelle par ailleurs que la Bible elle-même associe les deux figures parentales dans l’éducation et l’honneur dus aux parents. « Il ne s’agit pas de faire une opposition entre le père et la mère, mais plutôt de reconnaître les responsabilités complémentaires des deux parents qui travaillent ensemble pour le bien des enfants. »

« Ce n’est pas si simple »
Une lecture différente est proposée par Emmanuel Nguette, alias Emmanuel Le Grand 237, animateur radio et correspondant de Bnews1 dans la Sanaga-Maritime. Pour lui, réduire les difficultés familiales à un manque de reconnaissance envers les pères ferait passer à côté de problématiques plus profondes. « On entend souvent que c’est la mère la forteresse et que le père disparaît, que la fête des pères passe inaperçue et que, quand papa n’est plus là, tout s’écroule. Je vous le dis tout net : non, ce n’est pas si simple. » L’animateur estime notamment que les difficultés économiques, le chômage, le travail informel et l’absence de protection sociale fragilisent de nombreux foyers. « Si vous voulez plus de reconnaissance pour les pères, ne blâmez pas les mères. Changeons les cadres, favorisons la coparentalité dans les écoles, organisons des campagnes qui montrent des pères engagés et soutenons les familles avec des actions concrètes. »

Pour lui, le débat ne devrait donc pas se transformer en compétition entre les deux figures parentales, mais conduire à une meilleure répartition des responsabilités et à des mesures concrètes en faveur des familles.
Entre reconnaissance et responsabilités, le débat reste ouvert
Avec ces différentes prises de position, une même question demeure : comment mieux valoriser le rôle des pères sans minimiser les sacrifices des mères ? Si certains plaident pour une reconnaissance plus visible de l’engagement paternel, d’autres invitent à dépasser la simple question des éloges pour s’intéresser aux réalités économiques et sociales qui fragilisent les familles.
Après la sortie de La mère des émincés, les People camerounais prennent donc la parole et relancent le débat sur la place du père, de la mère et, plus largement, sur les responsabilités de chacun au sein de la famille
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Muriel Yanga








