Son parcours ne ressemble pas à une ligne droite. De l’électricité à l’entrepreneuriat, puis à l’écriture, Marcel Menkam s’est construit au gré des expériences et des défis. Le Camerounais, aujourd’hui engagé dans le marketing relationnel (MLM) et auteur de plusieurs ouvrages, revient sur une période particulièrement éprouvante de sa vie, marquée par la perte de son emploi, plusieurs mois de recherches infructueuses et, finalement, le vol de son véhicule de service. Le 10 août 2026, il raconte comment cette succession de déconvenues a profondément transformé son rapport au travail, à l’argent et à la réussite.
« J’ai cherché pendant six mois »
Avant de se tourner vers l’entrepreneuriat, Marcel Menkam évoluait dans le secteur de l’électricité. Parti du terrain, il avait progressivement gravi les échelons jusqu’à devenir directeur technique. Mais la crise sanitaire va brutalement interrompre cette ascension professionnelle. « Pendant la période du Covid, je suis en train de me préparer pour aller au boulot. Après être allé sur le terrain couper le courant, j’avais monté les échelons jusqu’à arriver directeur technique. Étant directeur technique, un matin je suis en train d’aller pour travailler, je reçois un message sur WhatsApp par quelqu’un que j’ai recruté, qui me dit que je ne dois plus venir au travail. Une autre [notification] signée par le patron. »
La suite est faite de démarches et de recherches d’emploi infructueuses. « Je commence les procédures pour demander réparation et tout ça. Finalement, on s’accorde que, pour éviter les problèmes, on va me léguer la voiture de service. Je commence à redéposer les dossiers un peu de partout et partout, on me dit : “Tu es surqualifié.” »

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Face aux refus, il finit par revoir ses prétentions professionnelles à la baisse. « À un moment donné, tellement j’ai cherché que j’ai réduit le CV. J’ai dit : “Bon, moi je veux juste un poste d’électricien comme j’étais à la base, trouvez-moi quelque chose.” Et je n’ai toujours pas trouvé pendant pratiquement six mois. »
« L’enfant ne cherche pas à savoir pourquoi Papa ne travaille pas »
Confronté à l’absence de revenus réguliers, il décide d’utiliser la voiture de service pour faire du transport dans les rues de Yaoundé. « Je me suis dit : moi, j’ai une bouche à nourrir à la maison. L’enfant, quand il va à l’école, il ne cherche pas à savoir pourquoi Papa ne travaille pas. Il faut bien que tu donnes. » Il commence alors à faire du transport pour obtenir quelques milliers de francs et maintenir sa famille à flot. « Je prends la voiture de service, je commence à faire le clando dans la ville de Yaoundé. Je me dis que vous entrez, je vous ramène, vous payez, tout ça. Je fais du ramassage et ça me permet d’avoir des 5 000, 10 000. Je rationne tranquillement et la vie peut recommencer. » Mais une nouvelle épreuve vient bouleverser cette solution temporaire. « Un matin, je vais voir là où j’ai garé la voiture : on a volé. C’est l’affaire de vol de voiture. Tu peux devenir fou. C’est un truc… Il n’y a que quelqu’un qui a vécu ça qui peut comprendre. »

« Le MLM, c’est aider les gens »
C’est dans cette période que Marcel Menkam découvre le marketing relationnel, une activité qu’il dit avoir d’abord abordée avec de nombreuses illusions. « Le monsieur qui me présente l’activité de marketing de réseau me montre ses gains. Il me dit : “Tu gagnes combien là où tu travailles ?” Je dis : “Je suis dans les 350.” Il dit : “Bon, voici ce que je gagne chaque semaine.” Ils ont parlé de combien ? 1 600 000. » Mais ses premiers résultats vont rapidement remettre en question cette promesse de richesse rapide. « Trois mois plus tard, mes premiers bonus arrivent : 8 000 francs. J’ai dit : “Bon, 8 000 × 81, ça donne 600 000.” Je fais la capture d’écran des 8 000, je l’envoie et je lui dis : “Voici ça.” Il me dit : “Tu as fait comment pour avoir 600 000 ?” La vérité, c’est que j’avais 8 000 francs CFA, mais on m’a fait croire que c’était 600 000. » Cette expérience va modifier sa perception du secteur et de certains discours entrepreneuriaux.
« Un bon leader fait avant de demander »
Avec le recul, Marcel dit regarder le leadership sous un autre angle. « Un bon leader, c’est une personne qui fait avant de demander qu’on fasse. C’est l’exemple de ce qu’il demande qu’on fasse. » Il critique également certaines pratiques du marketing relationnel, notamment lorsqu’elles reposent sur l’affichage de gains. « Je ne vois pas la façon de faire le MLM aujourd’hui comme étant ce qui devrait se faire parce que beaucoup de personnes qui le font sont généralement dans le prouving : “J’ai gagné, j’ai obtenu, ça donne des millions”, etc. Mais dans le fond, est-ce qu’ils incarnent ce qu’ils disent ? » Pour lui, celui qui accompagne les autres doit d’abord maîtriser ce qu’il enseigne. « Une personne qui fait du MLM et qui dit aux gens de faire quelque chose doit l’avoir fait au moins dix fois plus. Tu dis : “Va vendre ça”, ça veut dire que j’ai déjà vendu jusqu’à ce que je sois un exemple de bon vendeur, et puis je t’envoie le faire. »
Au-delà des épreuves, Marcel Menkam présente son parcours comme une succession d’expériences qui ont redéfini sa vision de la réussite. Des difficultés qui, selon lui, obligent surtout à se réinventer et à rester fidèle à ses ambitions.

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Muriel Yanga








