Une publication du lanceur d’alerte Nzui Manto, relayée ce dimanche 26 avril 2026, a déclenché une vive polémique dans le milieu du cinéma camerounais après l’annonce de l’enlèvement présumé de l’acteur Colonel Reigns à son domicile de Makepe, à Douala. Soupçonné par certains d’être lié à la page Facebook Critik sans filtre, connue pour ses critiques acerbes des productions locales, le comédien se retrouve au centre d’une affaire qui ravive le débat sur la liberté d’expression et la place de la critique dans le 7e art camerounais.

Selon les informations relayées par Nzui Manto, l’acteur Colonel Reigns aurait été emmené de force dans la soirée du jeudi 23 avril 2026 par des hommes en tenue, alors qu’il se trouvait à son domicile situé à Makepe, dans la ville de Douala. Depuis, aucune information officielle n’a été communiquée sur les circonstances exactes de cette disparition présumée.


Un profil en pleine ascension
Colonel Reigns se présente comme un artiste en évolution, de sept années d’expérience dans le show-business.
« Ces années d’apprentissage, de découvertes et d’expériences ont façonné ma vision et affiné mon talent. Une nouvelle aventure commence pour moi en tant qu’acteur, scénariste et créateur de contenu. Il est temps de me dévoiler pleinement, de vous partager mon univers, mon esprit créatif et mon savoir-faire.
Au fil de ce parcours, j’ai eu la chance de faire de magnifiques rencontres qui m’ont enrichi tant sur le plan professionnel qu’humain. Et ce n’est que le début… » avait-il écrit en 2025.
À son actif, des apparitions dans des web-séries telles que « Queency Motel » de Queency Breezy et « Lady Ngo Manding 2 » de Frida Choco Bronzé , qui lui ont permis de se faire progressivement une place dans l’univers des contenus digitaux camerounais.


𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Une vague de réactions dans le milieu du cinéma
Face à cette affaire, plusieurs voix du cinéma camerounais se sont exprimées, oscillant entre indignation, prudence et appel à la clarification.
La communicatrice Colbie Medjom dénonce une éventuelle dérive :
« Si c’est vrai qu’on a arrêté celui qui serait derrière la page #Critiksansfiltre à la demande des cinéastes, alors là il y a un sérieux problème. Lorsque vous rendez vos œuvres publiques, attendez-vous aussi aux critiques. »


Même réaction du côté du réalisateur et producteur Frank Thierry Léa Malle, qui rappelle le rôle du cinéma :
« Le cinéma n’est pas un outil d’oppression, mais bien un outil de libération. On ne peut pas prétendre faire du cinéma et refuser qu’une œuvre qu’on a rendu publique ne soit #critiquée. Nous sommes en attente de clarifications à ce sujet. »


L’acteur, producteur et réalisateur Benjamin Eyaga exprime, lui, son scepticisme :
« Je suis dans le doute. Mais si c’est un cinéaste qui est derrière son interpellation parce qu’on a critiqué son œuvre, j’en serais fort déçu. »


Le cinéaste Boanerges Touroukou adopte également une posture plus tranchée, appelant à une remise en question de la qualité des productions :
« Faites du cinéma de qualité si vous ne voulez pas des critiques. Critik sans filtre, dès ta sortie, n’hésite pas à suivre ta vision. »

Liberté d’expression, critiques et crispations
Au-delà du cas de Colonel Reigns, cette affaire relance le débat sur la place de la critique dans l’écosystème cinématographique camerounais. D’un côté, des créateurs soucieux de leur image. De l’autre, des observateurs revendiquant un ton libre et sans concession. La frontière reste sensible.
Pour l’heure, aucune communication officielle ne confirme ni l’enlèvement présumé ni les accusations liant l’acteur à la page « Critik sans filtre ».
En attendant des éclaircissements, le silence des autorités alimente les interrogations et accentue la tension dans le milieu du 7e art camerounais.

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Ève-Pérec N.BEHALAL




