À l’occasion de la Fête de la musique célébrée ce 21 juin, l’artiste camerounaise Ovah Lyfe a publié un texte poignant intitulé « Le péché d’être artiste ». Dans cette tribune à cœur ouvert, la chanteuse dresse un constat amer de la condition des artistes au Cameroun, des sacrifices au manque de reconnaissance, et ce jusqu’aux insuffisances du système culturel.
Une fête de la musique aux réalités contrastées
Pendant que les sonos résonnent et que les scènes accueillent les festivités de la Fête de la musique, Ovah Lyfe rappelle que de nombreux artistes vivent cette journée loin des projecteurs. « Dehors les DJ mixent, les sonos crachent, les feux d’artifice claquent. Dans les studios de Yaoundé, Douala, Bafoussam… silence », décrivant le contraste entre l’ambiance festive et le quotidien souvent difficile des créateurs.

📺𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
« Chanter devient un acte de foi »
Pour l’artiste, poursuivre une carrière musicale dans le contexte actuel exige une détermination hors du commun. « Dans un environnement où la condition de l’artiste est misérable, chanter devient un acte de foi ». Une phrase qui résume le sentiment de nombreux artistes confrontés à l’instabilité et au manque de perspectives.
Les sacrifices derrière chaque chanson
Ovah Lyfe rend hommage à ces artistes qui investissent temps, énergie et émotions dans leur travail. « L’artiste, le vrai, est un divin. Il ne vend pas du bruit. Il se soucie de l’âme et des oreilles d’un peuple ». Derrière chaque œuvre se cachent, selon elle, des nuits blanches, des efforts constants et parfois des renoncements personnels.
Le manque de reconnaissance en question
L’un des points les plus sensibles de son message concerne le regard porté sur les artistes et leur travail. « Le gars là a tout donné. Sa jeunesse. Sa voix. Ses nuits blanches. Mais personne n’a tendu l’oreille ». Une réflexion qui traduit la frustration de nombreux créateurs dont les efforts peinent à trouver un véritable écho auprès du public.

Un plaidoyer pour une meilleure valorisation de la culture locale
La chanteuse interpelle également les acteurs du secteur culturel sur plusieurs problématiques récurrentes. « Pas de droits d’auteurs qui tombent à temps. Pas de propagande de nos chansons sur nos chaînes Radio et TV nationales ». Avant d’ajouter : « Les playlists sont pleines d’ailleurs, mais vides de nous. » À travers ces mots, Ovah Lyfe appelle à une meilleure promotion des œuvres locales et à un environnement plus favorable à l’épanouissement des artistes camerounais.
En cette Fête de la musique, Ovah Lyfe a choisi de transformer la célébration en moment de réflexion. Son texte sonne comme un plaidoyer pour une reconnaissance plus juste du rôle des artistes dans la société et pour une valorisation accrue de la création culturelle camerounaise.

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Benjamin NOAH








