À l’occasion de la Fête de la Musique 2026, la chanteuse gospel camerounaise Mel Lobé poursuit son rayonnement au-delà des frontières. Actuellement au Canada, l’artiste originaire de Bodiman, dans la région du Littoral, vit une expérience riche en rencontres et en découvertes. Plus qu’un simple voyage, ce séjour représente pour elle une opportunité d’échange culturel et spirituel avec des chorales, des artistes et un nouveau public. À cette occasion, elle a bien voulu accorder sa voix à la rédaction de Laura Dave Média ce 21 juin 2026, revenant sur son parcours, sa foi et l’origine spirituelle de ses chansons.
Au Canada, Mel Lobé célèbre la foi et le partage par la musique
« Je suis au Canada d’abord pour un voyage d’échange et de partage avec certains groupes et chorales, voir comment ça se passe ici et faire connaître ma musique ». L’artiste affirme avoir été chaleureusement accueillie par le public canadien et se réjouit des nouvelles collaborations nées de cette aventure. « J’ai échangé avec des artistes, j’ai rencontré de belles personnes avec qui je vais continuer de collaborer. »

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Une vocation née dans les chorales catholiques
Bien avant les studios d’enregistrement, Mel Lobé a forgé sa voix et sa foi dans les chorales catholiques de Yaoundé. De la Cathédrale Notre-Dame des Victoires à la paroisse de Nsimalen, elle a consacré plusieurs années à l’animation liturgique, développant une profonde connaissance du chant sacré. Pour elle, le gospel ne relève pas d’une simple ambition artistique.
« La musique chrétienne demande une inspiration. Ce n’est pas une musique qu’on invente. C’est une persévérance, une disposition et surtout une grâce que le Seigneur accorde. » Cette longue immersion dans la vie chorale a façonné sa manière de composer et d’interpréter ses œuvres. « À force d’avoir prié dans les groupes et chanté pour les gens, on comprend leurs besoins spirituels et ce qu’ils attendent de la musique chrétienne. »
« Je ne compose pas pour plaire, je chante ce que l’Esprit me donne »
Dans un univers musical où certains artistes chrétiens empruntent de plus en plus les codes de la musique profane, Mel Lobé revendique une approche profondément spirituelle. « La musique chrétienne vient de l’âme et de l’esprit. Si elle se rapproche des profanations, c’est qu’elle ne vient plus de l’Esprit. » L’artiste confie que plusieurs de ses chansons lui sont révélées dans des rêves ou inspirées directement des Écritures. « Je ne compose pas pour faire plaisir. Je reste dans le style que le Seigneur a bien voulu me donner, sans chercher à copier qui que ce soit. » Une ligne artistique assumée qui confère à son répertoire une identité singulière, souvent qualifiée de méditative et introspective.
Une artiste sans frontières, portée par la richesse des cultures
Si sa musique est profondément enracinée dans la foi chrétienne, Mel Lobé refuse de s’enfermer dans une seule expression culturelle. Passionnée de langues et de traditions, elle chante aussi bien en français qu’en anglais, en douala, en ewondo, en espagnol ou encore en latin.
« Je suis d’abord une passionnée de la culture. Bienvenue à tout ce qui peut permettre de relayer le message de la foi à travers les langues. » Son premier opus illustre cette ouverture artistique en mêlant diverses influences musicales, du RnB au bikutsi en passant par des sonorités plus douces et contemplatives.

D’Ada Ehi à Grace Decca : les artistes qui façonnent l’univers de Mel Lobé.
Si Mel Lobé revendique un style profondément personnel, elle reconnaît également l’influence de plusieurs figures majeures de la musique chrétienne et camerounaise. Parmi les artistes qui ont marqué son parcours figurent la chantre camerounaise Constancel, le regretté Hyacinthe Fouda, ainsi que la star nigériane du gospel Ada Ehi. Son ouverture musicale s’étend également au makossa et au bikutsi, avec une admiration particulière pour Hoigen Ekwala, Sam Mbende et Grace Decca. Un mélange d’influences qui nourrit son univers tout en renforçant son attachement aux sonorités et aux racines culturelles camerounaises.
Des chansons reçues dans la prière et les songes
L’univers créatif de Mel Lobé repose sur une démarche peu commune. Plusieurs de ses titres naissent lors de ses temps de méditation ou au cœur de ses rêves.
« Il y a des chansons qui me sont révélées la nuit. Je peux me retrouver dans une église, entendre une chorale chanter ou assister à un concert dans mes rêves. »
Lorsqu’elle reçoit ces mélodies, l’artiste entreprend ensuite un travail de discernement spirituel. « Je vérifie le sens biblique des paroles, j’échange avec des prêtres, des amis et je cherche à comprendre le message que Dieu veut transmettre à travers ce chant. »

« Un Miracle », le chant de l’espérance né de l’épreuve
Parmi les titres marquants de son album figure « Un Miracle », une chanson inspirée d’une période particulièrement difficile de sa vie. « Je traversais des moments compliqués et j’avais l’impression que le Seigneur était absent. J’avais besoin de le sentir davantage malgré mon engagement dans l’Église. »À travers cette œuvre, Mel Lobé a voulu porter la voix de toutes celles et ceux qui souffrent en silence. « J’ai pensé aux femmes dans la détresse, aux enfants orphelins, à ceux qui souffrent. Les gens ont besoin de miracles dans leur vie. »
Un message d’espérance qui résonne aujourd’hui auprès de nombreux fidèles.
Un appel à la nouvelle génération du gospel camerounais
À l’endroit des jeunes artistes chrétiens qui rêvent d’une carrière musicale, Mel Lobé invite à l’authenticité, à la formation spirituelle et à la fidélité au message biblique. « Le Seigneur a besoin d’ouvriers, de serviteurs et d’adorateurs. N’hésitez pas, allez évangéliser par le chant, c’est notre mission. » Elle encourage également les jeunes talents à s’entourer des bonnes personnes et à toujours s’assurer de la portée spirituelle de leurs messages.

De Bodiman au Canada, une étoile du gospel en pleine ascension
Partie des berges du Nkam et des chorales paroissiales, Mel Lobé poursuit aujourd’hui un parcours inspirant qui dépasse les frontières camerounaises. Portée par sa foi, son humilité et son attachement aux valeurs chrétiennes, l’artiste s’impose progressivement comme l’une des voix montantes du gospel camerounais. En cette Fête de la Musique 2026, son témoignage rappelle que la musique peut être bien plus qu’un divertissement : un instrument de foi, de consolation et d’espérance.

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Diane Laure MISSEKOU








