Depuis plusieurs jours, les réseaux sociaux camerounais sont le théâtre d’un bras de fer inédit entre Maahlox, le créateur de contenus Céleste Victorien et son proche Bene4i. À l’origine de cette vive polémique : l’arrivée de plusieurs tiktokeurs dans la musique, des critiques jugées méprisantes envers les artistes établis et une réponse musclée de Maahlox. Menaces, mises en garde, appels au respect des anciens… La polémique s’est rapidement transformée en débat sur la place des créateurs de contenus dans le show-business camerounais.
Comment le conflit a éclaté
Tout commence avec la sortie prochaine des premiers titres musicaux de Céleste Victorien et Bene4i, deux créateurs de contenus installés en Europe. Depuis plusieurs semaines, les deux influenceurs multiplient les teasings autour de leurs projets musicaux. Dans l’une de ses vidéos, Céleste Victorien ironise sur les critiques de Maahlox et tourne en dérision les inquiétudes de certains artistes face à cette nouvelle vague de créateurs devenus chanteurs. « Il y a un artiste barman sur Facebook qui ne fait que parler… Les créateurs de contenus veulent chanter, ça dérange pourquoi ? (…) Moi je suis prêt pour le show. »
Il poursuit en affirmant que d’autres créateurs avaient déjà tenté l’aventure musicale sans provoquer une telle réaction. Pour Maahlox, ces sorties dépassent largement le simple humour.


𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Maahlox hausse le ton et dénonce le « mépris » envers les artistes
Dans plusieurs publications Facebook et vidéos en direct, l’interprète de « Ça sort comme ça sort » accuse certains créateurs de contenus de manquer de respect aux artistes qui ont construit l’industrie musicale camerounaise. « Chantez si vous voulez, mais ne tenez plus ce discours de mépris. Si vous continuez, votre compte TikTok n’est rien. Je peux faire sauter ça en une semaine. »
L’artiste estime que plusieurs influenceurs cherchent aujourd’hui à donner des leçons de musique alors qu’ils ont principalement bâti leur visibilité grâce aux tendances TikTok. « Vous êtes devenus subitement chanteurs. Vous passez votre temps à dénigrer les véritables artistes pour promouvoir ceux qui vous ressemblent. »
Dans une autre publication, Maahlox rappelle que la musique exige des années de travail et affirme que certains créateurs sous-estiment la réalité du métier. « La musique n’est pas un jeu. Vous entrez dans un film qui va vous dépasser. »
L’artiste reproche également aux créateurs de contenus de valoriser davantage les musiques ivoiriennes que les productions camerounaises avant de demander aujourd’hui au public local de soutenir leurs propres chansons.


Kocee appelle au respect sans fermer la porte à la musique
Face à l’ampleur du débat, plusieurs personnalités ont décidé d’intervenir. Le rappeur Kocee adopte une position équilibrée. Il estime que personne ne devrait empêcher les créateurs de contenus de devenir artistes. « Ils sont libres de se lancer dans la musique s’ils le souhaitent. Après tout, d’où venaient Nyangono et Grand Barrack avant de faire de la musique ? »
En revanche, il condamne fermement les attaques contre les artistes. « Ce que je n’accepterai jamais, c’est qu’on rabaisse ou manque de respect à d’autres artistes. Céleste Victorien et Bene4i, j’espère que ce sera la dernière fois que je vous verrai vous adresser à un artiste de manière irrespectueuse. »


Robinson Piffo rappelle le prix d’une carrière artistique
Le manager d’artistes et créateur de contenus Robinson Piffo n’a pas caché son indignation. « Vous ne pouvez pas mépriser Kenfack devant moi. Même si nous avons nos différends, je ne laisserai jamais des BB que le torrent de Corona a sauvés parler ainsi d’un homme qui a bâti une carrière avec beaucoup de sacrifices. »
Il met aussi en garde les jeunes créateurs contre les illusions du numérique. « Que le nombre de vos abonnés ne vous monte pas à la tête. Ce sont des chiffres virtuels. Dans la vraie vie, vous n’êtes professeurs de rien. » Selon lui, la musique exige bien plus que la popularité sur TikTok.


Kelly Empire appelle à préserver le respect des anciens
Le journaliste Kelly Empire reconnaît le travail de valorisation culturelle effectué par Céleste Victorien, mais estime qu’il existe une limite à ne pas franchir. « Que les titres que le virtuel t’attribue ne te donnent pas le droit de manquer de respect à ton grand frère. » Il rappelle également le parcours de Maahlox sur la scène africaine. « Maahlox a fait danser l’Afrique entière. Pour ce qu’il représente, il mérite un minimum de respect. »


Un débat qui dépasse désormais les trois protagonistes
Au-delà de ce duel entre Maahlox, Céleste Victorien et Bene4i, cette polémique relance une question qui divise régulièrement le show-business camerounais : les créateurs de contenus peuvent-ils devenir des artistes crédibles sans être perçus comme des opportunistes ?
Si plusieurs personnalités reconnaissent leur droit d’explorer la musique, beaucoup rappellent que la liberté de créer ne dispense pas du respect envers ceux qui ont contribué à bâtir l’industrie musicale camerounaise. Pendant ce temps, les échanges continuent d’alimenter les réseaux sociaux, où chaque nouvelle publication des protagonistes est scrutée et abondamment commentée.
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Benjamin NOAH










