AccueilPeopleLes Garagistes, trente ans de Zouglou et de fidélité à Wassakara
CLIQUEZ ICI POUR PROFITER DE L'OFFREspot_img

Les Garagistes, trente ans de Zouglou et de fidélité à Wassakara

Plus de trente ans après leurs premiers pas dans les quartiers populaires de Yopougon, Les Garagistes continuent d’écrire leur histoire sans renier ce qui a fait leur identité. Dans un entretien riche en confidences, le 21 juillet 2026, le mythique groupe ivoirien retrace son ascension, des débuts difficiles aux grandes scènes internationales, tout en livrant sa vision du Zouglou, de la société ivoirienne et de l’évolution de l’industrie musicale.

Wassakara, le berceau d’une aventure devenue légendaire

Avant d’être une référence du Zouglou, Les Garagistes étaient de simples jeunes passionnés de musique dans le quartier de Wassakara. « Nous sommes des amis, on se rencontre au quartier… à Wassakara », racontent-ils, en revenant sur cette époque où ils animaient les funérailles et les cérémonies sous le nom de Mini-Choc, bien avant la naissance officielle de Les Garagistes.

Les Garagistes, trente ans de Zouglou et de fidélité à Wassakara

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫

Le groupe se souvient également de l’importance de son environnement : « Wasakara, c’est un peu comme un village… c’est là-bas la source d’inspiration. Faut savoir d’où tu viens et où tu pars. » Même après les tournées internationales et les années de succès, ce quartier reste leur point d’ancrage. « À Wasakara je laisse ma porte ouverte, je sors deux mois, je reviens, rien ne bouge. »

Un père policier qui rêvait d’une autre destinée

Le chemin vers la musique n’a pourtant pas été encouragé dès le départ. Leur père, policier et ancien chauffeur à la Présidence ivoirienne, imaginait un avenir bien différent pour ses enfants : « Notre père était exigeant… il ne voulait même pas qu’on s’adonne à la musique. Il voulait déjà avoir ses enfants dans une administration. »

Mais la passion finit par convaincre le chef de famille : « Après, il a accepté… au point où même il venait répéter avec nous, il venait chanter avec nous souvent, il dansait. » Les artistes reconnaissent aujourd’hui que leur père leur a transmis bien plus qu’une éducation rigoureuse. « Étant même policier, mon père chantait… c’est de là-bas qu’on a tiré notre inspiration. »

Les moqueries qui ont donné naissance à leur plus grand succès

Comme beaucoup de groupes mythiques, Les Garagistes ont connu des débuts compliqués. Leur premier album à quatre, Bébé abandonné, passe quasiment inaperçu. « Tout le monde se moquait de nous au quartier… On s’est dit : « Il faut qu’on leur montre que nous aussi on a quelque chose dans le ventre. » »

Plutôt que de baisser les bras, ils décident d’innover : « La frustration nous donne beaucoup d’énergie pour aller de l’avant. Il fallait apporter un petit plus. » Le groupe ose alors marier le Zouglou au Highlife ghanéen. « On a dit : « Est-ce qu’on peut pas ajouter ça ? » On va essayer cette expérience cette année, si ça ne marche pas, on va prendre la machette pour aller au champ ! » Le pari est gagnant. « Livre Blanc » propulse définitivement Les Garagistes parmi les grands noms du Zouglou.

Plus de trente ans après leurs premiers pas dans les quartiers populaires de Yopougon, Les Garagistes continuent d'écrire

Une carrière bâtie sur le travail et la discipline

Les artistes attribuent leur longévité à une seule recette. « Le travail bien fait est récompensé. » Ils rappellent qu’à leurs débuts, la rémunération importait peu. « Le cachet n’était pas beaucoup, on avait la passion de la chose… Imagine, on te dit que tu as une veillée à 23 heures, à 19 heures nous sommes déjà positionnés. Ponctuels jusqu’à ce jour. » Pour eux, le succès n’a jamais été une question de chance : « À force de bosser, avoir des idées un peu élevées et voir l’horizon, ça a payé. »

Le Zouglou doit évoluer sans perdre son âme

Trente ans plus tard, Les Garagistes refusent de rester figés dans le passé. « On était restés dans la vieille école… Mais le monde est évolutif. Aujourd’hui on parle des QR codes… faut rentrer dans le monde de la chose. » Le groupe assume avoir enrichi son univers musical : « Le Zouglou c’est notre base, mais aujourd’hui faut essayer d’élargir ton champ d’écoute. On a ajouté du Reggae, du Coupé-Décalé, du Mandingue. » Pour autant, il n’est pas question d’abandonner leur identité. « Faut pas copier ce que les autres ont fait… On est fidèles à notre culture. »

Des chansons inspirées de la vraie vie

Les Garagistes rappellent que leurs textes sont avant tout des récits du quotidien : « Tout ce qu’on chante, c’est des faits réels. » Ils évoquent notamment la naissance du titre « Bengé , inspiré d’un jeune Ivoirien abandonné à l’aéroport Charles-de-Gaulle après avoir été trompé par une connaissance venue récupérer les colis qu’il transportait. Touchés par son histoire, les artistes décident de l’aider avant de transformer cette expérience en chanson. Pour eux, le Zouglou reste avant tout la voix du peuple.

Des sacrifices pour la paix et peu de reconnaissance

Les Garagistes reviennent également sur leur engagement durant les crises ivoiriennes. Ils rappellent avoir sillonné le pays lors de meetings politiques, parfois au péril de leur vie. « Nous, on s’est battus pour des politiciens qui se connaissent aujourd’hui… mais au moment opportun, on n’a pas été payés. »

Ils se souviennent surtout de leur déplacement à Bouaké en pleine crise : « En 2002, on est le premier groupe à annoncer : « Nous, on va à Bouaké parce que ceux qui sont là-bas, ce sont des frères. » » Un voyage marqué par un grave accident de circulation. Aujourd’hui, ils préfèrent retenir une conviction. « On ne peut pas se sacrifier pour de la politique. On le fait pour le peuple. Nous sommes la voix réelle du peuple. »

La reconnaissance d’un public resté fidèle

Si certaines distinctions officielles se font toujours attendre, les Garagistes considèrent que leur plus belle récompense reste l’attachement du public. Ils rendent également un hommage appuyé à leurs compagnons de route disparus et à tous ceux qui ont contribué à leur aventure artistique.

Après plus de trois décennies de carrière, le groupe continue d’avancer avec la même philosophie qui l’anime depuis Wasakara : travailler sans relâche, évoluer sans renier ses valeurs et laisser la musique raconter l’histoire d’un peuple.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire

Benjamin NOAH

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Nous recrutons
Notre Newsletter
Téléchargez Notre Application

Les plus Populaires

Téléchargez Notre Application

Commentaires recents

CLIQUER ICI POUR PROFITER DE L'OFFREspot_img