Artiste gospel franco-congolais, auteur-compositeur, pianiste, conducteur de louange et Pasteur, Jonathan C. Gambela a levé le voile sur les différentes étapes qui ont marqué son parcours artistique et spirituel lors d’un entretien intimiste. De ses débuts au sein du groupe Mekadish Kem à l’impact du titre Onction, en passant par une longue période de retrait qui a profondément transformé son caractère, le chantre revient sur sa vision de la musique, son désir de servir l’Église et son exigence d’excellence, loin des logiques de consommation rapide qui dominent aujourd’hui l’industrie musicale.
Une mise à part qui a changé le cours de son ministère
Pour Jonathan C. Gambela, certaines étapes invisibles sont parfois les plus déterminantes. L’artiste considère la période durant laquelle il s’est éloigné de la scène comme une nécessité spirituelle avant d’être un simple temps de pause. « Nous ne sommes que des instruments, des vases par lesquels le Seigneur passe pour pouvoir faire du bien à son peuple. Pour donner, il faut recevoir. » Selon lui, ces moments de retrait permettent de se recentrer sur l’essentiel et d’éviter le piège d’un ministère nourri par l’activisme. « Beaucoup de personnes passent beaucoup de temps à essayer de faire connaître quelqu’un qu’ils n’ont pas pris le temps de connaître. »

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Le chantre reconnaît que cette période a été particulièrement éprouvante, mais qu’elle demeure l’une des plus importantes de sa vie. « Au-delà même d’obligatoire, ça m’a sauvé la vie en vrai. » Il explique que Dieu s’est servi de cette saison pour transformer son caractère : « Cette phase de cache-toi a été une grande phase de brisement… Dieu a taillé plein de choses parce qu’il était en train de tailler mon caractère. »
De Mekadish Kem à une identité artistique assumée
Avant d’être connu en solo, Jonathan C. Gambela évoluait au sein du groupe Mekadish Kem, une aventure qu’il considère aujourd’hui comme un véritable tournant. « Dieu est sage… Mekadish Kem a été la stratégie de Dieu pour me pousser dans le chant. » Musicien de formation, il ne s’imaginait pas forcément devenir chanteur. Pourtant, cette expérience lui a permis de découvrir sa véritable vocation. Après cette première étape, le succès du titre « Onction » propulse son nom auprès d’un public plus large. Pour autant, l’artiste refuse d’être enfermé dans une seule identité musicale : « À partir de « Un jour nouveau », j’ai voulu vraiment être moi. J’ai préféré laisser le champ à plus de diversité. Je ne me suis jamais senti seulement comme un artiste mis dans une case. »
Le succès n’a de sens que lorsqu’il raconte une histoire
Jonathan C. Gambela porte un regard particulier sur la réussite. Pour lui, chaque accomplissement est le fruit d’un cheminement souvent marqué par les épreuves : « Il n’y a pas de succès sans story. » Il estime que les difficultés traversées constituent aujourd’hui le fondement même de son témoignage. « Mon histoire fait vraiment partie de ce que les hommes appellent succès parce que si Dieu n’avait pas fait avec moi ce qu’il a fait, il ne ferait pas avec moi ce qu’il fait aujourd’hui. » Une conviction qui nourrit chacune de ses compositions.

Construire des ponts entre les générations
Très attaché à ses racines congolaises, Jonathan C. Gambela revendique pourtant une identité musicale ouverte. Le groupe Gael, Dena Mwana, Fiston Mbuyi, Tye Tribbett, les sonorités américaines, le R&B ou encore le rap chrétien font partie de ses nombreuses influences. « J’écoute de tout : beaucoup de gospel américain, de gospel africain, de musique congolaise et beaucoup de R&B. » Cette diversité nourrit une volonté d’universalité : « Je suis très proche des jeunes, mais aussi de la génération d’avant. Musicalement, j’ai toujours pensé ce que je faisais pour le Seigneur comme grand public. » Pour lui, le message de l’Évangile doit rester accessible au plus grand nombre : « À l’église, on ne chante pas en lingala parce que j’ai besoin que le message de Christ soit accessible à tous et à toutes les générations. »
L’Église avant la notoriété
Malgré la popularité acquise grâce à Onction, Jonathan C. Gambela affirme que sa priorité n’a jamais été de bâtir une carrière centrée sur son image. « Je ne suis que l’interprète de ce que le Saint-Esprit écrit et compose. » Il se réjouit même que certaines de ses œuvres aient dépassé sa propre notoriété. « Onction est partie plus vite que moi. On ne me connaissait pas, mais moi j’aime quand ça se passe comme ça. » Son objectif demeure inchangé : « Tant que le nom du Seigneur est connu par ce que je fais, c’est le principal. »
Prendre le temps de vivre la musique
Face au rythme effréné des sorties musicales, Jonathan C. Gambela invite le public à redonner du temps à l’écoute. « On est vraiment dans une surconsommation. On mange quelque chose, on passe à autre chose. » Selon lui, une œuvre musicale révèle toute sa richesse avec le temps. « La musique, c’est quelque chose qu’on prend le temps d’écouter. Plus tu écoutes un chant, plus il parle. » Il cite notamment son morceau « Je t’adore« , dont le succès s’est construit progressivement : « Je t’adore n’est pas parti vite. Il est parti six ou sept mois après sa sortie. »
L’excellence comme moteur permanent
Pour Jonathan C. Gambela, chaque projet représente une nouvelle occasion de progresser. « Je ne suis pas encore arrivé là où je vais arriver, mais je ne suis plus là où j’étais quand j’ai commencé. » S’il attribue tout ce qu’il vit à la grâce de Dieu, il refuse pour autant de s’installer dans une quelconque zone de confort. « Une fois quelque chose de grand fini, je réfléchis à quelque chose de plus grand encore à faire pour lui, pour aller de gloire en gloire. » Cette quête permanente d’amélioration s’accompagne d’une recherche constante d’excellence. « Au-delà de l’humilité, il y a cet esprit d’excellence auquel j’essaie de m’attacher, qui m’emmène à me dépasser. »
Une tournée africaine et de nouveaux horizons
Quelques mois après la sortie de son album « Point de non retour », paru le 6 février 2026, Jonathan C. Gambela poursuit actuellement une tournée africaine avec un détour au Cameroun le 06 décembre prochain à Yaoundé, tout en laissant entrevoir de nouveaux projets. Sans en dévoiler les contours, le chantre assure que de belles surprises sont en préparation. Une nouvelle étape pour cet artiste franco-congolais qui, fidèle à sa philosophie, continue de faire de la musique un ministère avant d’en faire une carrière.

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Benjamin NOAH










