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Georgette Anaba du Minproff appelle les femmes à dénoncer les violences conjugales et donne le numéro Vert

Invitée de l’émission PEOPS Spécial 08 mars sur Laura Dave Média TV, Madame Georgette Anaba, personnel à la délégation régionale du ministère de la Promotion de la Femme et de la famille pour le Littoral, Minproff a dressé un état des lieux préoccupant des violences conjugales dans la région du Littoral, tout en appelant les femmes à briser le silence.

Face au thème « Violences conjugales : pourquoi le silence persiste-t-il ? », elle a laissé parler les chiffres, mais surtout le terrain.

« On constate la recrudescence des violences ici dans la région du Littoral et cette recrudescence va de façon exponentielle. On se demande ce qui ne va pas. Est-ce que les parents ont échoué ? Chez nous, on parle de la parentalité positive et de la masculinité positive. »

Georgette Anaba du Minproff appelle les femmes à dénoncer les violences conjugales et donne le numéro Vert

Pour elle, la question de la masculinité positive reste centrale :

« Lorsque je parle de la masculinité positive, c’est vraiment un problème, un épineux problème dans notre société. »

Le silence, une culture à déconstruire

Georgette Anaba insiste sur un constat majeur. Selon elle, plusieurs victimes ne dénoncent pas.

« On constate que beaucoup de personnes, celles qui sont violentées, n’ont pas la culture de la dénonciation. »

Un silence nourri par la peur et la pression sociale.

« Il faut que les femmes apprennent à dénoncer. Que les femmes essayent de briser les stéréotypes, de mettre la peur de côté, de mettre la honte de côté. Qu’elle se soucie d’abord d’elles-mêmes. Que ces femmes-là se lèvent, parce qu’il faut le dire, les femmes ont peur des représailles. Elles ont peur d’être blâmées. Elles se disent lorsque j’irai dénoncer, comment ma famille, comment ma belle-famille me verra ? Donc ces femmes-là ont peur beaucoup plus aussi de leur bourreau. Elles ont peur des représailles des auteurs de ces violences-là, des époux. »

Un accompagnement structuré

Au sein du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), un circuit de référencement est mis en place.

« Lorsqu’une femme vient chez nous, on l’écoute, on la met d’abord en confiance. On essaie de lui donner des conseils. Lorsqu’on envoie la victime dans un hôpital, je sais dans quel hôpital est-ce que j’envoie la victime et après les soins médicaux, la victime revient. C’est comme ça que fonctionne notre circuit de référencement. »

Invitée de l’émission PEOPS Spécial 08 mars sur Laura Dave Média TV, Madame Georgette Anaba, personnel à la délégation régionale du

Le suivi ne s’arrête pas aux soins médicaux :

« Quand la victime revient chez nous, c’est pour le suivi psychologique, psychosocial. Maintenant, c’est à la victime de décider si elle veut attraper son bourreau en justice, nous on va se charger de l’accompagner. »

Des violences multiformes, parfois invisibles

Georgette Anaba rappelle que la violence ne se limite pas aux coups.

« les violences prennent plusieurs formes, psychologiques, physiques, verbales, économiques, parfois malheureusement mortelles. Malgré les dispositifs existants, de nombreux cas restent encore sous-déclarés. »

Elle attire particulièrement l’attention sur une forme souvent minimisée :

«La violence psychologique est pour moi la pire des violences. Elle est silencieuse, mais c’est la plus dangereuse. Parce qu’elle est meurtrière à la fin. Les gens pensent que lorsqu’on parle de la violence, ce n’est que la violence physique. »

Elle évoque aussi la montée de la violence numérique :

« Celle qu’on retrouve maintenant sur les réseaux sociaux c’est la violence numérique. On pense que ce n’est pas une violence, pourtant, ça en est vraiment une. »

L’autonomisation comme réponse

Pour prévenir les violences, le MINPROFF mise sur la formation et l’autonomisation.

« La femme qui ne fait rien, qui reste à la maison, elle subit beaucoup plus la violence que celle qui sort. Le Minproff promeut l’autonomisation de la femme. Que chaque femme soit épanouie, qu’elle quitte la maison, qu’elle sorte, qu’elle s’auto-emploie. Si elle n’a pas encore les financements, qu’elle se forme. »

Elle rappelle l’existence de centres de formation :

« Ici, au niveau du département du Wouri, on a deux centres de promotion de la femme et de la famille. Un centre à Douala V, à Bonangang. Et un autre à Douala I à Akwa. On forme les jeunes filles, on forme les jeunes garçons. »

« Dénoncez »

Son message final est sans ambiguïté :

« Les filles apprennent à dénoncer et l’information se prend à la source. Le Minproff dispose des structures dans chaque arrondissement, dans la ville de Douala. Il y a un numéro vert pour les dénonciations. Et ce numéro, c’est le 116. Dénoncez. Apprenez à dénoncer. Dénoncez et vous serez libérées. »

L’intégralité de cette émission spéciale est à retrouver sur notre chaîne
YouTube.

https://youtube.com/@lauradavemedia?si=bwRrGOhKcS2H3zO3

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire celui-ci

Ève-Pérec N.BEHALAL

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