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« Frontales » à Dschang : Quand l’art devient une traversée face aux crises contemporaines

Depuis le 15 mars 2026, le Musée des Civilisations du Cameroun à Dschang accueille l’exposition « Frontales : comment franchir les seuils ? », initiée par l’historienne et muséographe Lucie Nankeng Mbogni. Ouverte au public jusqu’au 30 juin dans la salle des expositions temporaires, cette initiative propose un espace de création et de réflexion autour des crises contemporaines au Cameroun et dans le monde. L’événement attire quotidiennement de nombreux visiteurs venus découvrir cette expérience artistique immersive et engagée.

“Nous recevons tout de façon frontale” : un concept ancré dans la réalité sociale

Au cœur du projet, une idée forte : la brutalité des réalités contemporaines. «Aujourd’hui, tout est reçu de façon frontale… les crises sociales, les conflits, les violences. Rien n’est plus voilé. » Pour la promotrice, le Cameroun à l’instar d’autres sociétés, fait face à une accumulation de chocs : conflits armés, crise sociale, perte de repères culturels, montée des violences. L’exposition propose ainsi de transformer cette “frontalité” en matière artistique et en levier de transformation. «Comment est-ce qu’il est possible d’envisager un lendemain meilleur grâce à l’art contemporain ? ».

Derrière l’exposition Frontales se dessine bien plus qu’une simple initiative artistique individuelle : c’est le fruit d’un véritable travail collectif porté par une équipe plurielle et engagée. En réunissant des figures confirmées aux côtés de jeunes talents prometteurs comme Gaston Kenfack, Sidoine Yonta, Stevie Douanla, Serges Demefack, Songmene Winie, Christian Fugain, Masso Ornella, Djokam Agathe, Émile Youmbi et Jazet Franchain, l’exposition met en lumière une synergie créative remarquable.

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Une exposition vivante : du “talent zéro” à la création consciente

Contrairement aux formats classiques, « Frontales » ne présente pas uniquement des œuvres achevées. Elle met en scène un processus créatif en évolution. « On n’expose pas des travaux finis… on expose le talent brut, le talent zéro des enfants. » Des élèves de collèges et lycées, aux côtés d’artistes confirmés, participent à cette expérience immersive. Leurs premières créations, spontanées et sans filtre, sont progressivement transformées grâce à un accompagnement artistique. « Les enfants expriment leurs douleurs sans filtre… puis, avec les seniors, ils transforment ces émotions en œuvres construites. »

Chaque mois, des mini-vernissages permettent au public de suivre l’évolution de ces œuvres, illustrant une véritable “création en mouvement”.

Trois temps pour comprendre et ressentir : choc, soin, traversée

Le parcours de l’exposition est structuré autour de trois grandes étapes, pensées comme une expérience émotionnelle pour le visiteur : Le choc : confrontation aux réalités brutales; Le soin : exploration des mécanismes de résilience et la traversée : projection vers un avenir possible « Le visiteur doit faire sa propre traversée… trouver ses propres mécanismes pour franchir le seuil. » Dans cet itinéraire, l’art devient un outil thérapeutique et un espace de reconstruction.

Donner la parole à une jeunesse souvent ignorée

L’une des particularités majeures de « Frontales » réside dans l’implication des jeunes. « On accorde très peu le micro aux enfants… pourtant, ils vivent cette douleur dans le silence. » En intégrant pleinement les juniors au processus créatif, l’exposition casse les hiérarchies traditionnelles et valorise leur regard sur le monde. « Ces problèmes sont vécus par toutes les générations… il faut trouver des solutions collectives. »

Entre art, thérapie et professionnalisation

Au-delà de la dimension artistique, le projet ambitionne également d’accompagner les jeunes vers une structuration de leurs talents. « Ils peuvent transformer leur douleur en vocation, en profession. » Peinture, poésie, musique, photographie, numérique… toutes les formes d’expression sont mobilisées, avec même des innovations comme la création de QR codes et d’outils digitaux par les participants.

Une exposition appelée à voyager

Pensée comme un projet évolutif, « Frontales » ne s’arrêtera pas à Dschang. « L’exposition est appelée à devenir itinérante… ce que nous vivons ici se vit partout. » Des discussions sont déjà en cours pour étendre l’expérience à d’autres villes du Cameroun et à l’international, avec la participation d’artistes de la diaspora.

Une expérience à vivre, plus qu’à regarder

Avec « Frontales« , Lucie Nankeng Mbogni propose une vision engagée de l’art : un espace où se croisent mémoire, douleur, espoir et transmission. « L’art n’est pas seulement un lieu de représentation… c’est un espace de transformation collective. »
À Dschang, cette exposition invite chaque visiteur à une introspection profonde : comprendre le monde, se comprendre soi-même… et surtout, apprendre à franchir ses propres seuils.

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Diane Laure MISSEKOU

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