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Akissi Delta : “Ma Famille”, une aventure née du risque, de l’instinct et d’une vision pionnière du cinéma africain

Akissi Delta, en direct du SINAC le 28 avril 2026, s’est livrée avec une sincérité sur les débuts difficiles de la série mythique Ma Famille. Derrière le succès incontestable de ce feuilleton emblématique se cache une aventure humaine et financière marquée par le risque, la persévérance et une vision artistique assumée.

Un casting instinctif, façonné sur le terrain

Pour donner vie à « Ma Famille« , Akissi Delta n’a pas suivi les circuits classiques. Elle raconte avoir mêlé comédiens connus et visages totalement nouveaux, repérés directement dans les salles de théâtre.
« Il y a certains que je connaissais déjà… mais d’autres pas du tout. J’allais voir des pièces de théâtre et je choisissais au fur et à mesure. » Une démarche intuitive qui a permis de réunir une distribution authentique, à l’image de la vie quotidienne ivoirienne. Des acteurs qui, au départ, ne se connaissaient pas forcément, mais qui ont su créer une alchimie forte à l’écran.

Akissi Delta : “Ma Famille”, une aventure née du risque, de l’instinct et d’une vision pionnière du cinéma africain

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Une liberté de jeu au cœur du succès

L’un des choix artistiques majeurs de la réalisatrice repose sur une direction d’acteurs volontairement libérée des contraintes rigides. « J’ai demandé aux acteurs de jouer le plus simplement possible… On a laissé les gens s’exprimer librement. » Dans les décors vivants de la “cour commune”, impossible selon elle d’imposer une rigidité artificielle. Les comédiens avaient la liberté d’adapter leurs textes, d’improviser, d’ajouter leur propre touche, tout en respectant l’essence du scénario. Ce parti pris d’authenticité a contribué à rendre la série profondément humaine et accessible, expliquant en grande partie son immense popularité.

Un pari financier risqué… mais décisif

Derrière cette réussite, le parcours est loin d’avoir été facile. À une époque où les séries télévisées étaient encore peu développées en Côte d’Ivoire, Akissi Delta a dû faire face à un manque de soutien et de financement. « Je n’ai pas eu quelqu’un pour m’écouter… Je me suis tournée vers des usuriers. » Pour concrétiser son projet, elle contracte des prêts à des conditions extrêmement difficiles, s’endettant à hauteur de 30 à 35 millions de francs CFA.
« On te donne 1 million, tu dois rembourser 2 millions… J’ai risqué, et j’ai dû m’endetter. » Un sacrifice immense, porté par une conviction forte : celle de faire émerger une nouvelle forme de fiction locale.

Akissi Delta, en direct du SINAC le 28 avril 2026, s’est livrée avec une sincérité sur les débuts difficiles de la série mythique Ma Famille.

Une pionnière dans un paysage audiovisuel en mutation

À l’époque, le cinéma ivoirien était dominé par les productions destinées au grand écran, portées par des figures comme Timité Bassori ou encore d’autres pionniers du secteur. Les séries télévisées, elles, restaient marginales. Face à ce constat, Akissi Delta décide de briser les codes. « Il fallait que je me lève pour pousser les choses… Quand je disais que je voulais faire une série, on me regardait bizarrement. » Son audace ouvrira la voie à toute une génération de créateurs africains.

“J’ai souffert… mais je suis fière”

Aujourd’hui encore, l’actrice et réalisatrice assume pleinement les sacrifices consentis. « Pour commencer Ma Famille, j’ai souffert… mais j’ai été satisfaite. » Une déclaration forte, qui résume le parcours d’une femme déterminée à imposer sa vision, malgré les obstacles.

Une pionnière qui a brisé les codes

À une époque où les séries étaient encore marginales en Côte d’Ivoire, Akissi Delta a dû imposer sa vision :
« Quand je disais que je voulais faire une série, on me regardait bizarrement. »
Son audace a ouvert la voie à une nouvelle génération de créateurs africains.

“Dans l’art, il n’y a pas d’hier ni d’aujourd’hui”

Dans un autre échange accordé à Ladies Media, la réalisatrice élargit sa réflexion sur l’évolution du cinéma africain : « Dans l’art, il n’y a pas d’hier, il n’y a pas d’aujourd’hui… plus tu vieillis, plus tu te bonifies. » Pour elle, le cinéma est un espace sans âge, où chaque étape de la vie peut être utile : « Tant que tu es vivant, on peut toujours t’utiliser… tu peux toujours avoir ton rôle. »

Former, structurer et transmettre : son combat pour le cinéma africain

Akissi Delta insiste aussi sur la nécessité de former les talents : « Il n’y avait pas d’école de cinéma chez nous… il a fallu batailler pour en créer. » Elle rappelle que le cinéma ne se limite pas aux acteurs :
« Il y a le son, le maquillage, les techniciens, le montage… beaucoup de métiers. » Un plaidoyer fort pour la structuration du secteur audiovisuel africain.

Une fierté face à l’évolution du cinéma africain

Aujourd’hui, elle observe avec satisfaction les progrès réalisés : « Je suis vraiment contente pour l’évolution du cinéma… il y a de grandes réalisatrices aujourd’hui. »

Une œuvre devenue culte

Diffusée dans plusieurs pays africains et au-delà, « Ma Famille » reste l’une des séries les plus marquantes du paysage audiovisuel francophone. Son succès repose sur une recette simple mais puissante : authenticité, proximité et vérité sociale. Et vous, quel souvenir gardez-vous de Ma Famille ? Une scène, un personnage, une réplique culte ?

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Diane Laure MISSEKOU

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