La capitale camerounaise s’apprête à vibrer au rythme des traditions ancestrales avec la première édition du Festival Mbidambani, prévue du 11 au 13 juin 2026 entre le Musée national et le Musée ethnographique et historique des Peuples de la Forêt. Placé sous le signe de la mémoire, de la transmission et du vivre-ensemble, l’événement célèbre la richesse culturelle des peuples de la forêt et leur patrimoine vivant.

Une première édition placée sous le signe de la transmission et du vivre-ensemble
En prélude à cet événement culturel d’envergure, les organisateurs ont tenu une conférence de presse le 5 juin 2026 pour présenter les grandes lignes d’un festival pensé comme un espace de valorisation, de mémoire et de cohésion sociale. Placée sous le thème : « La réhabilitation du patrimoine culturel Mbidambani dans le brassage intercommunautaire et le vivre-ensemble », l’initiative ambitionne de mettre en lumière la richesse des peuples Mbidambani, Essambira, Yemevevong, Yebo’o et Essangui, dans une dynamique de synergie culturelle.

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Le Dr Antoine Bienvenu Nyimi Ondoua, président du comité technique, insiste sur la dimension essentielle de la transmission : « La langue est le premier vecteur de la culture. Elle doit être revalorisée, enseignée et promue. À côté de cette langue, nous avons les danses, les rites et l’art culinaire traditionnel. »
Une synergie culturelle transfrontalière dans la galaxie Fang-Beti
Bien que reconnu par les autorités camerounaises depuis 2013, le festival franchit une nouvelle étape avec le mouvement « La Synergie Mbidambani ». Cette édition ambitionne de renforcer les liens entre les peuples de la forêt et d’ouvrir davantage l’espace culturel vers l’international, notamment avec les communautés Essambira de Guinée équatoriale, Essangui du Gabon, ainsi que les Yemevong et Yebo’o. Au-delà du Cameroun, le festival se veut un espace de circulation culturelle dans la galaxie Fang-Beti, où langues, rites et imaginaires partagés deviennent un socle commun.

Mémoire, identité et cohésion sociale
Dans un contexte où les enjeux identitaires sont parfois sensibles, le festival entend jouer un rôle pédagogique. Pour Marie-Thérèse Abou Nkomo, matriarche et présidente du comité des sages, il s’agit aussi de clarifier les logiques sociales internes : « Les Mbidambani, c’est une ethnie, au même titre que les Sawa. Est-ce que les Sawa se marient entre eux ? Oui. Les Mbidambani se marient donc entre eux. Chez nous, il y a des familles (clans), et ces familles ne s’unissent pas entre elles, mais les ethnies, oui. »
Dans la même dynamique, le Dr Nyimi Ondoua rappelle la vocation non exclusive du mouvement : « Nous sommes à un moment complexe où notre pays fait face à des risques de tribalisme ou de ségrégations ethniques. Les Mbidambani essaient de se réveiller et de positionner leur ethnie à côté des autres, mais ce n’est pas par tribalisme. L’idée est de promouvoir notre patrimoine tout en intégrant les autres, et non en les excluant. Loin de nous l’idée de ségrégation. »
Pourquoi Yaoundé et non le village ?
Pour cette première édition, le choix de la capitale politique s’est imposé pour des raisons pratiques et stratégiques. Georgette Akono Mbida, responsable de la communication, explique : « C’est une première édition, et réunir la communauté n’est pas chose facile. Nous aurions pu organiser ce festival dans l’un de nos villages, mais puisque nous recevons des frères venus du Gabon et de la Guinée Équatoriale, il était plus judicieux d’éviter les zones reculées pour des raisons de coûts et d’accessibilité. Il fallait un endroit accessible à tous. Cependant, la Guinée Équatoriale se positionne déjà pour accueillir la deuxième édition ! »

Deux sites, deux univers culturels
Le festival se déploiera sur deux espaces majeurs de Yaoundé : Le Musée ethnographique et historique des Peuples de la Forêt : dédié aux activités rituelles et mystiques (rites de purification, défilés de mode traditionnels sacrés, sélection de Miss Mbidambani), dans un cadre réservé et intimiste. Le Musée national de Yaoundé : espace ouvert au grand public avec foires culturelles, conférences, grandes parades et spectacles.
Un programme riche entre tradition et créativité
Le programme s’annonce dense et immersif : Le premier jour sera marqué par l’ouverture officielle, un défilé des communautés, la parade du Ngang Medza, une conférence inaugurale, ainsi qu’une soirée « au village autour du feu » mêlant contes, épopées et cérémonies traditionnelles. Le deuxième jour mettra en avant la créativité culturelle : défilés de mode traditionnelle, élection de Miss Mbidambani, concours de généalogie, danses et jeux patrimoniaux. Le troisième jour sera consacré à la clôture festive, centrée sur les musiques et danses traditionnelles.
Un festival pour reconstruire les ponts culturels
Au-delà de la célébration, le festival s’affirme comme un projet culturel structurant. Pour les organisateurs, il s’agit de renforcer les liens communautaires et de promouvoir le vivre-ensemble à travers la culture. « La culture Mbidambani est un pont entre les communautés et un levier pour le vivre-ensemble », rappelle le président du comité technique. Avec cette première édition, le Festival Mbidambani ambitionne de s’inscrire durablement dans le paysage culturel camerounais comme un rendez-vous majeur de mémoire, de transmission et de dialogue entre les peuples.


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Diane Laure MISSEKOU








