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Fermeture de 1400 églises au Cameroun par le Minat : des voix du monde gospel et chrétien brisent le silence

Le 8 juillet 2026, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, annonçait la fermeture de 1400 lieux de culte jugés irréguliers au Cameroun. Cette décision a été prise suite au meurtre d’une fillette de 11 ans à Yaoundé, impliquant une fidèle de l’église de réveil. Depuis, la décision continue de faire réagir. Sur leurs réseaux sociaux, Thenela, Christian Mpondo, Reine David, Yanga Fotso Paradis et Daniel Lucas Gwela ont partagé des analyses parfois convergentes, parfois opposées, révélant toute la complexité du débat autour de la régulation des Églises.

Thenela dénonce une mesure qu’elle juge ciblée

Avant d’exposer son point de vue, la chanteuse gospel Thenela rappelle que les nuisances sonores ne sont pas propres aux Églises de réveil. « Pour moi, s’il faut réguler les nuisances sonores, il faut que tout le monde s’y conforme. Faire porter le chapeau à l’Église de réveil seule, pour tout le bruit qui se fait en ville, est malsain et relève de la persécution. » L’artiste estime également que cette polémique détourne l’attention d’autres préoccupations majeures auxquelles le Cameroun fait face.

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Christian Mpondo appelle au respect de la liberté de culte

Dans une longue lettre ouverte adressée au ministre de l’Administration territoriale, le publicitaire, communicateur et pasteur Christian Mpondo estime que les fautes de certains individus ne devraient pas entraîner une sanction collective contre toutes les Églises de réveil. « Punir les coupables est un devoir ; protéger les innocents en est un plus grand encore. »
Il rappelle que la liberté de religion est garantie par la Constitution camerounaise et plusieurs conventions internationales, tout en plaidant pour une application impartiale de la loi envers toutes les confessions.

Reine David reconnaît des dérives mais appelle au discernement

Contrairement aux deux premières réactions, la chanteuse gospel Reine David considère que l’État a raison de vouloir mettre de l’ordre dans le paysage religieux.
« Nous-mêmes on se plaint. Il y a le chaos… on ne sait plus qui sont les vrais bergers. »
Toutefois, elle redoute que cette opération touche également des communautés chrétiennes qu’elle considère sérieuses.
« C’est un bien comme c’est aussi un mal parce que tout est mélangé. » L’artiste conclut en invitant les croyants à prier afin que les autorités soient guidées dans leurs décisions.

Yanga Fotso Paradis prône la prière et le respect des autorités

De son côté, Yanga Fotso Paradis, assistante personnelle et créatrice d’opinions, invite les chrétiens à s’inspirer de l’exemple laissé par Jésus-Christ et les apôtres plutôt que de céder aux réactions impulsives. S’appuyant sur plusieurs passages bibliques, elle encourage les fidèles à privilégier la prière face aux difficultés. « Nous devons le respect aux autorités, ne l’oublions pas ; que toute sortie soit pour l’édification de tous. Que Dieu bénisse le Cameroun. » Pour elle, les croyants doivent avant tout « crier devant Dieu » et annoncer l’Évangile avec assurance, tout en gardant une attitude de respect envers les institutions de la République.

Entre satisfaction et inquiétude, Daniel Lucas Gwela appelle à privilégier le dialogue

L’enseignant en communication, Daniel Lucas Gwela dit accueillir la décision avec des sentiments partagés. S’il estime qu’un assainissement du secteur religieux est devenu nécessaire face aux nombreuses dérives observées, il regrette une méthode qu’il juge trop brutale. « Servir Dieu, ce n’est pas être un objet de nuisance… Servir Dieu, ce n’est pas se faire de l’argent. » Tout en saluant l’objectif poursuivi, il plaide pour davantage de pédagogie et de communication avant toute fermeture. « La communication est un processus lent et long qui nécessite assez de temps. »

Entre dénonciation d’une stigmatisation des Églises de réveil, appel au respect des libertés religieuses, soutien à un assainissement du secteur et plaidoyer pour davantage de dialogue, ces cinq prises de parole témoignent d’une réalité : La fermeture annoncée des églises dépasse désormais le cadre religieux et s’impose comme un véritable débat de société.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à cliquer ici.

Muriel Yanga

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