Entre culture, mémoire et engagement communautaire, Champleins Ludovic Nga Henou fait partie de ces jeunes Camerounais qui veulent utiliser l’art comme un outil de rassemblement. Interrogé par un média le 10 juin 2026, l’entrepreneur et promoteur culturel est revenu sur la vision derrière le festival “Bâtir le Commun”, un projet international qui réunit aujourd’hui le Cameroun, la France et l’Allemagne autour du dialogue culturel et de la paix.
« Ma vie, c’est mon engagement communautaire »
Pour Champleins Nga Henou, il n’existe aucune séparation entre sa vie personnelle et son engagement social. « Il n’y a pas de gestion d’équilibre. Ma vie, c’est mon engagement communautaire ». Très impliqué dans les initiatives culturelles et panafricaines, le promoteur culturel considère aujourd’hui son travail comme une véritable mission tournée vers le vivre-ensemble et la coopération entre les peuples.

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
“Bâtir le Commun”, un festival pour rapprocher les cultures
Au cœur de son engagement se trouve le festival “Bâtir le Commun”, un événement multidisciplinaire organisé chaque année entre Douala, Strasbourg et Dortmund. « C’est aujourd’hui le carrefour des cultures entre l’Afrique et l’Europe ». Selon Champleins Nga Henou, le projet ne consiste pas simplement à présenter des œuvres artistiques, mais surtout à créer des espaces de partage entre les populations. « Chaque être vient non pas pour présenter ce qu’il a de plus cher, mais pour partager avec les autres ce qu’il a de plus cher », déclare le promoteur culturel.
Une initiative née après la crise du Covid-19
Le promoteur culturel révèle que l’idée du festival est née dans un contexte marqué par les tensions et les discours hostiles apparus après la pandémie de Covid-19. « On entendait : “C’est les Blancs qui ont ramené la Covid” ». Face à cette montée des discours de haine, Champleins Nga Henou explique avoir voulu créer une plateforme basée sur la paix, la mémoire historique et la coopération culturelle. « Malgré que c’était dur, malgré qu’il y avait l’esclavage, des personnes ensemble ont créé de belles choses ».

« Nos propres frères nous combattaient »
Mais derrière le succès du projet, le parcours n’a pas été simple. Le promoteur culturel révèle avoir traversé plusieurs années de difficultés avant de voir le festival réellement décoller. « Ce sont nos propres frères camerounais qui nous combattaient ». Accusé à certains moments d’être un “agent de la France et de l’Europe”, Champleins Nga Henou explique avoir subi de nombreuses critiques à cause du message de paix porté par le festival. Malgré cela, il affirme avoir toujours gardé confiance dans son projet. « Mon nom signifie “ne se trompe pas”. Donc quand j’ai un projet, il est déjà réussi », déclare-t-il avec assurance.
Strasbourg, une ville symbole pour le projet
Le choix de Strasbourg ne doit rien au hasard. Le promoteur culturel explique avoir voulu s’appuyer sur les liens historiques entre Strasbourg et Douala afin de renforcer davantage les échanges culturels entre les deux villes. « Strasbourg et Douala entretiennent d’étroites relations ». Il salue également le soutien des autorités strasbourgeoises qui ont rapidement accompagné le projet dès ses débuts.
Un message à la jeunesse africaine
Aujourd’hui, Champleins Nga Henou souhaite surtout inspirer les jeunes porteurs de projets africains à croire en leurs ambitions malgré les obstacles. « Rien n’est impossible à celui qui croit, qui travaille, mais surtout qui est vrai dans tout ce qu’il fait ». Le promoteur culturel espère désormais étendre le festival à d’autres pays africains et européens dans les prochaines années.
À travers “Bâtir le Commun”, Champleins Nga Henou veut faire de la culture un véritable outil de dialogue entre les peuples. Un engagement porté par la conviction que l’art peut encore rapprocher les sociétés au-delà des frontières et des blessures du passé.

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Benjamin NOAH








