Il danse avec le corps, mais raconte surtout une histoire. Au Cameroun, Ayi Ventilateur s’impose progressivement comme l’un des visages d’une nouvelle génération d’artistes qui veulent faire rayonner les danses traditionnelles africaines. Spécialiste du abélé, un rythme profondément ancré dans la culture Sawa, le danseur vient de franchir une nouvelle étape avec plusieurs distinctions remportées aux Wedou Wedou Awards 2026 au Togo. Entre passion, maîtrise technique et attachement aux racines, Ayi Ventilateur revendique une ambition claire : porter la culture camerounaise au sommet de la scène africaine.
« Je savais que je devais ramener ce prix au Cameroun »
Nommé parmi les meilleurs danseurs traditionnels d’Afrique, Ayi Ventilateur croyait déjà en ses chances avant même la cérémonie. « Dès lors où j’ai été nominé parmi les meilleurs artistes danseurs traditionnels d’Afrique, j’étais sûr de remporter le prix. En étant du continent camerounais, je savais que je devais aller remporter le prix et rentrer au pays avec. »
Une confiance nourrie par des années de travail et une technique développée au fil du temps. « Si Ayi gagne des titres, c’est parce qu’il est danseur professionnel, doté d’une très bonne technique. »

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Du coupé-décalé au abélé : le retour aux racines
Avant de devenir l’un des ambassadeurs de la danse traditionnelle camerounaise, Ayi Ventilateur a fait ses armes dans l’univers du coupé-décalé, notamment inspiré par l’énergie de la scène ivoirienne. Mais avec le temps, un besoin s’impose : retrouver son identité culturelle. « J’étais d’abord danseur de coupé-décalé. J’ai été dans ce mouvement pendant des années, mais après j’ai décidé de me tourner vers ma culture camerounaise. » C’est alors qu’il découvre le abélé, un rythme qui va changer son parcours artistique. « Il y avait un mouvement qui attirait beaucoup mon attention, c’était le abélé. J’ai décidé de prendre ce mouvement comme le mien. » À travers cette danse, il souhaite aujourd’hui mettre en lumière l’héritage du peuple Sawa.
Le abélé, une tradition devenue une signature artistique
Pour Ayi Ventilateur, la danse traditionnelle n’est pas un simple divertissement. C’est un langage, une mémoire et un patrimoine à transmettre.
Chaque mouvement devient une façon de raconter l’histoire de son peuple et de faire découvrir une richesse culturelle souvent méconnue. Sa démarche séduit désormais au-delà des frontières camerounaises. Après avoir marqué son public national, le danseur a réussi à conquérir d’autres scènes africaines.
Wedou Wedou Awards 2026 : la consécration d’un travail acharné
Les récompenses obtenues au Togo, en mai 2026 viennent couronner plusieurs années d’efforts. Parmi ses distinctions figurent notamment le Prix du public et celui du Meilleur danseur traditionnel d’Afrique. Avec émotion, il présente ses trophées : « Nous avons ici le prix du public… et ici mon meilleur des bests, le prix du meilleur danseur traditionnel d’Afrique. » Une reconnaissance qui dépasse sa propre personne et symbolise la valorisation des cultures africaines.
Une fierté familiale et un héritage transmis
Derrière l’artiste reconnu se cache aussi une histoire familiale. Sa mère témoigne de son évolution avec émotion. « Au début, c’était vraiment compliqué, il faut le dire. Mais aujourd’hui, je suis fière de lui. »
Elle évoque également l’influence de son père dans cette passion pour la danse. Pour Ayi Ventilateur, cette réussite est aussi celle d’une famille et d’une culture qu’il porte sur scène.

Un artiste complet qui prépare la suite
Au-delà de la danse, Ayi Ventilateur explore également la musique. Il prépare la sortie d’un nouveau single, preuve d’une volonté d’élargir encore son univers artistique. Son objectif reste le même : continuer à représenter le Cameroun et l’Afrique. « Je veux continuer à faire rayonner la culture Sawa. » Avec son énergie et son style unique, Ayi Ventilateur entend prouver que la danse traditionnelle peut être un véritable métier, une carrière et un moyen de vivre de son art. Un souffle nouveau venu du Cameroun, porté par le rythme du abélé.
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Diane Laure MISSEKOU










