Les audiences des 30 et 31 mars 2026 dans l’affaire Martinez Zogo au Tribunal militaire de Yaoundé ont été marquées par une intense bataille procédurale. Au cœur des tensions : la production de pièces, le statut d’un témoin clé et la conduite du contre-interrogatoire. Malgré plusieurs heures de débats, la progression du procès reste ralentie, dans un climat où chaque partie affirme pourtant rechercher la manifestation de la vérité.

Une audience sous tension autour des preuves
La confrontation s’est cristallisée autour de la tentative de production de documents par la défense de la DGRE, jugés non conformes par le tribunal et le ministère public. Pour Seri Zokou, avocat de l’accusé Léopold Maxime Eko Eko, la position est sans ambiguïté : « La production de documents a été refusée… c’est légitime puisqu’il y a des règles. » Il dénonce une stratégie de ralentissement : « Nous voyons là encore une manœuvre pour retarder cette procédure… nous devons avancer vers la vérité. »

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Un témoin au cœur des débats
Le témoignage de l’informaticien de la DGRE, chargé de manipuler des fichiers de vidéosurveillance, a occupé une place centrale. Pour la défense, les accusations portées contre ce témoin ne tiennent pas :
« Ce château de cartes s’est écroulé comme une chimère. » Me Seri Zokou insiste :
« Il a été requis dans un cadre formel… il n’y a eu aucune suppression de preuves. »
Selon lui, les opérations réalisées relevaient uniquement d’une conversion technique : « Il s’agissait simplement de convertir des fichiers… sans possibilité d’altérer leur contenu. »
Des accusations de blocage et de manque de sincérité
La tension est montée d’un cran avec les critiques adressées à certaines parties civiles. « On a perdu deux heures de temps… avec des demandes qui n’ont aucun objet. » Plus grave encore, l’avocat met en doute l’intention réelle de certains acteurs : « Nous nous posons des questions sur la sincérité de certains confrères dans la manifestation de la vérité. »
La riposte de la DGRE : prendre le temps pour aller au fond
Face à ces accusations, Claude Assira, avocat de la DGRE, défend une approche radicalement différente. Pour lui, l’affaire est d’une gravité telle qu’elle exige un examen approfondi : « Ce qui s’est passé est suffisamment grave pour qu’on s’y arrête. » Il assume le risque d’un allongement de la procédure : « Perdre deux ou trois mois supplémentaires… ce serait un gain beaucoup plus important. »
Contestant certaines décisions du tribunal, il affirme : « Cette décision nous a paru contestable. » Et insiste sur la liberté nécessaire en phase de contre-interrogatoire : « En cross-examination, la limite, c’est le ciel. »

La partie civile réclame un complément d’enquête
Du côté des ayants droit, la position est également ferme. Calvin Job plaide pour un approfondissement des investigations. « Nous avons découvert pas mal d’éléments… il faut un complément d’information. » Selon lui, le statut du témoin pourrait évoluer : « Il y a une difficulté dans la manifestation de la vérité… son statut peut changer. » Malgré le rejet de cette demande par le tribunal, la partie civile maintient sa position : « C’est important pour la manifestation de la vérité. »

Le tribunal tranche, mais les tensions persistent
Face à la multiplication des requêtes, la juridiction a rejeté : La demande de complément d’information judiciaire;
Les exceptions soulevées par certains avocats; Le sursis à statuer. Elle a néanmoins ordonné la poursuite des débats, notamment la cross-examination du témoin clé.
Une progression ralentie, une vérité en débat
Après plus de quatre heures d’audience sans avancée significative, le constat est clair : la procédure avance difficilement.
Entre ceux qui dénoncent des manœuvres dilatoires et ceux qui réclament plus de temps pour approfondir les faits, deux visions s’opposent : Accélérer pour rendre justice rapidement ou ralentir pour garantir une vérité complète

Un procès sous haute attente
Très suivie par l’opinion publique, l’affaire Martinez Zogo reste un test majeur pour la justice camerounaise. Si tous les acteurs affirment poursuivre le même objectif, leurs stratégies divergentes continuent de ralentir le processus. Une question demeure : ces blocages freinent-ils la vérité… ou sont-ils le prix à payer pour l’atteindre pleinement ?
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Diane Laure MISSEKOU




